FÉDÉRATION Après 17 ans, j'ai eu l'occasion de revoir ISTANBUL et de reprendre contact avec la Fédération des Écoles Catholiques Françaises de Turquie. Ce fut une grande joie pour moi. Tout d'abord, dès l'arrivée à l'aéroport, on constate une immense transformation de la ville. Le long du parcours ce sont pelouses vertes, parterres de fleurs, parcs de jeux pour les enfants. On ne voit plus ces usines lépreuses et nauséabondes qu'étaient les anciennes mégisseries. On longe la côté et les différents ports et du côté ville les remparts de Byrance.
La ville elle-même est propre. Les transports en commun se sont considérablement développés avec des tramways et le métro qui se prépare à traverser la Corne-d'or. Plus de porte-faix comme naguère. Il y a bien encore ça et là quelques venelles aux chaussées défoncées, peuplées de chats... Mais Istanbul est devenue une très belle ville. Elle compte actuellement plus de 18 millions d'habitants et se développe encore vers le Nord.
Le seul moment de tourisme fut la visite de l'ancienne église byzantine de Saint-Sauveur de Chora, aujourd'hui le musée Kariye, qui a conservé de magnifiques mosaïques et fresques. Le dimanche18 octobre fut célébré l'anniversaire des 170 ans de présence de Filles de la Charité en Turquie. La Fédération En 1982, devant le désintérêt des Congrégations et les besoins de l'Église en Turquie, l'URT (Union des Religieux de Turquie) avait rédigé un appel intitulé “En Turquie pourquoi ?”. Il y était dit en particulier : "Une école qui se ferme ne pourra plus jamais se rouvrir". L'année suivante, le Père DANJOU transmis cet appel au Visiteur de l'époque et engagea celui-ci à rencontrer le Visiteur des Frères des Écoles Chrétiennes, le Frère Georges METAYER, enthousiasmé par cet appel. Avec lui une réflexion s'amorça pour envisager des solutions. Les provinciaux des autres écoles congréganistes y furent associés : Filles de la Charité et Sœurs N-D. de Sion. Les rencontres des Provinciaux se succédèrent et aboutirent le 7 février 1985 à la création de la Fédération des Écoles Catholiques Françaises de Turquie. Extrait des Statuts de l'époque :
On rédigea ces Statuts et l'on précisa le fonctionnement de cette instance nouvelle. La Fédération fut reconnue par la Congrégation pour les Églises Orientales (lettre du Cardinal RUBIN, du 23 mars 1985). En même temps, la Fédération s'est constituée en Association 1901 de droit français, déclarée au Journal Officiel du 1er avril 1987.
La matinée fut consacrée à une rencontre à STE-PULCHÉRIE avec le Directeur, M. Pierre GENTRIC, Sr Pia HUMBEL FdlC, représentant la tutelle de la Compagnie, Mme Richard TAMPIGNY, Kuruju et les Pères DELPLACE et DANJOU. Pour moi, j'en étais resté à cette image de Ste-Pulchérie, école primaire, tenue par nos Sœurs Filles de la Charité et je découvre un magnifique Lycée, ouvert en 2000, comptant aujourd'hui 402 élèves. C'est un établissement très beau et fonctionnel. Cette évolution avait été rendue nécessaire par des modifications dans les lois turques sur les établissements étrangers. (pour en savoir plus sur Ste Pulchérie)
L'après-midi, nouvelle découverte : l'école "SEMBOL". Cette école est la dernière création de la Congrégation, avec le support juridique d'une association franco-turque ; on l'ignorait. Elle est construite dans un quartier totalement neuf et entourée d'immenses immeubles et de zones pavillonaires.
C'est une école primaire dans l'acception turque du mot, c'est-à-dire un établissement allant de la maternelle au collège, comme nous dirions en France. Elle est dirigée par une directrice turque. Elle compte actuellement 252 élèves, et se développera encore avec l'occupations des logements environnants. Une aile reste encore à construire. Elle possède les derniers aménagements techniques de l'école moderne, y compris une picine. Voici la présentation qui nous a été faite de la pédagogie de SEMBOL, au moyen d'une video PowerPoint :
Cette école est une magnifique réalisation, pleine de promesses et d'avenir. Créer, construire, gérer une nouvelle tutelle témoigne de l'évolution et du dynamisme de l'action de la Congrégation pour les écoles francophones de Turquie. (Pour en savoir plus sur l'École SEMBOL)
On en connaît l'histoire (St-Benoît garçons — Providence filles). C'est l'un des fleurons de la Compagnie aux "Échelles du Levant".
En 1983, il fallait voir la tristesse des bâtiments, noirs (noircis par les fumées de la lignite), pas de chauffage central dans les classes, séparation avec le lycée de filles, contigu, tenu par les Filles de la Charité. Depuis de longues années, trois confrères, MM. Yves DANJOU, Louis MAYNADIER et André GRINNEISER, s'y dévouaient sans compter et à l'époque, peut-être, sans espoir ! L'Église – la Congrégation pour les Églises Orientales, le Vicaire Apostolique, le Nonce –, nous interdisaient tout abandon de cette œuvre. En effet, nous ne possédions pas de confrères susceptibles de renflouer le corps professoral, pour une raison toute simple : aucun confrère de la Province ne possèdait les diplômes valables pour l'enseignement en Turquie. Nous songions tout de même à abandonner ce mémorable collège, en le transmettant à une autre congrégation ou à l'Ambassade de France pour y créer un centre culturel... Plusieurs ouvertures furent faites dans ce sens, sans résultat. En 1988, le Lycée "La Providence–St-Benoît" (filles), dont le Père DANJOU était déjà le Kuruçu, a fusionné complétement avec le Lycée St-Benoît garçons pour atteindre alors un effectif de 1650 élèves. Actuellement, le Lycée St-Benoît, emputé de ses sections "Primaires", compte 895 élèves, en 43 classes, avec 22 professeurs français, 69 professeurs turcs, 7 professeurs étrangers. C'est un lycée florissant. Le Directeur M. Luc VOGIN et la Directrice adjointe turque, Mme Liliana Maria Ünal, avec la centaine de professeurs, animent avec beaucoup de foi et de dynamisme ce gros établissement. Nous en avons eu la démonstration lors du dîné réunissants les responsables de niveaux.
Pour en savoir plus sur le Lycée St-Benoît. Assemblée de la Fédération Le jeudi 22 octobre, se tennaient, au Lycée St-Michel, les assises de la Fédération. Cette assemblée réunissait les Provinciaux de la Fédération, les Directeurs des six établissements, le Frère CAPORAL fec, l'un des pilliers de la Fédération, Fédérateur, M. Richard TAMPIGNY, vice-président. Elle était présidée par le Père Élie DELPLACE, qui la mena de main de maître. On commença par une prière inspirée des Noms de Dieu dans le Coran, du Père Christian de CHERGÉ, de Ttbhirine. Nous avons eu une pensée particulière pour le Frère Georges MÉTAYER, qui a actuellement de gros soucis de santé. L'ordre du jour aborda différentes questions d'ordre pratique et administratif sur le fonctionnement des établissements, sur une certaine uniformité qu'il fallait maintenir au sein de la Fédération, sur le salaire des Directeurs, sur la gestion financière de chaque école vérifiée par Mr de ANDRÉA (expert financier), sur la révision des Statuts, sur les projets de développement et d'ouverture vers l'extérieur – exemple, pour St-Benoît, une visite d'élèves et une aide à l'école St-Vincent-de-Paul de Yaoundé. La situation des Établissements de la Fédération est très bonne ; qu'on se réfère aux résultats universitaires ; par exemple ceux de St-Benoît. Voici l'état des effectifs de la Fédération : Cette réunion nous occupa une longue journée, avec des instants de tension, de partage d'informations et de joie. Tous se retrouvèrent à la fin de la journée, avec d'autres venus les rejoindre, autour d'une table très bien servie par le Directeur du Lycée St-Michel. Ce furent de bons moments de retrouvailles et de détente.
Pour en savoir plus sur les Écoles Françaises de Turquie : Les précieuses archives de St-Benoît qui conservent presque cinq siècles de dossiers ont été visitées. Ce sont celles des Jésuites jusqu'en 1782, celles de l'ancienne Province du Levant et spécialement celles du Collège. Elles sont en bon ordre, classées naguère par MM. GORLIN, LOBRY et d'autres. Une partie a été versée au fonds de la Maison-Mère à Paris. Claude LAUTISSIER cm |