Vœux de la Mission au Berceau 26 septembre 2004 – Le BERCEAU
tandis qu’il est parti en urgence auprès de son père au plus mal. Implorons celle de Dieu, plus grande que notre cœur ! » Après l’homélie (ci-dessous) les trois séminaristes ont émis leurs veux et ont reçu le crucifix traditionnel après cette brève présentation du célébrant :
Homélie Lazare et le riche Frères et sœurs, La proximité de la fête de saint Vincent nous rapproche et nous formons ce matin, dans cette chapelle qui lui est consacrée, près de la Maison du Souvenir, une assemblée du peuple de Dieu mêlée, venant d’horizons différents, unie par la communion au baptême ; c’est la vocation de l’Eglise d’être un rassemblement, une communauté de croyants convoquée par le Seigneur. Tous nous avons en commun l’amour de Jésus-Christ avec st Vincent de Paul. Nous faisons Eglise et voici que résonne à nos oreilles une parole dure et tranchante ? Comment ne pas penser à la réflexion de l’Epître aux Hébreux : «Vivante est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulation et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur» (Heb. 4,12) I. Qui ne sent pas juger et un brin sur le gril avec cette parabole de Lazare et du riche ? «Serait-ce moi, Seigneur ?». Qui est riche, qui est pauvre, qui s’engage au service des plus démunis, qui se fait porte-parle auprès de ses frères ? Nous sommes devant le mystère de chacun et nous sommes devant le dilemme qui traverse toute vie : il y a «un aujourd’hui» qui prépare «un au-delà». Nous pouvons espérer pour tous mais tous peuvent craindre pour leur avenir. Nous sommes les artisans de notre destin spirituel et tout se joue au service de nos frères, surtout des plus abandonnés.
Quand nous nous donnons aux petits de ce monde sans retenue, généreusement, en étant attentif à leur proximité, en vivant le vrai partage, sortant de notre égoïsme et de notre suffisance matérielle ou morale, nous faisons le meilleur des choix. Le contraire est suicidaire et creuse «un grand abîme» entre eux et nous, au point que personne ne peut le combler. Face à l’argent, face à la misère, Jésus n’apporte rien de nouveau, il livre un message traditionnel contenu dans toute l’Ecriture. Sa Parole est de toujours. II. Ce qui est nouveau c’est de Le suivre, Lui le Seigneur Ressuscité, celui qui dévoilera par sa Lumière, les ombres et les lumières de notre vie. Il est le premier de cordée, Lui que nous atteignons dans le Foi, par le baptême ou par une consécration spéciale. Qui ne voit que cette parole prend tout un sens aujourd’hui dans cette chapelle à travers la donation totale de trois d’entre nous ? Une donation radicale à quatre faces :
1° Être tout à Dieu et au service des petits pour toujours ; vivre pour les autres «toute sa vie durant» ; ne pas déserter ; vivre la fidélité au quotidien dans le temps donné par une vie, longue ou courte. Servir inlassablement, sentinelle de tous les combats pour la justice et la charité ; être un jour, fatigué et peut-être découragé, mais toujours recommencer. Tenir contre vents et marées. Etre heureux d’appartenir à la famille de st Vincent, si petite, si modeste, ayant fait le choix de la chétivité et de l’humilité. Quel programme de vie tonique et stimulant pour qui suit «le Christ, Evangélisateur des pauvres» ! 2° Lancer à trente ans ou moins, un défi au monde : celui de la chasteté, une chasteté à haut risque et soumise aux blessures, suspectée, moquée, livrée au soupçon et souvent improuvable aux yeux du monde. «Toi l’homme de Dieu — et qui es réputé tel — cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l’amour, la persévérance et la douceur... Garde le commandement du Seigneur, en demeurant irréprochable et droit...». Sois cohérent et manifeste ton équilibre de vie à tous, en leur montrant que ton idéal peut quelquefois te faire souffrir mais ne te déçoit pas : il te conduit à la seule beauté séduisante de Dieu. 3° Faire aussi le choix du dépouillement des choses matérielles pour être plus disponible, léger, ouvert aux besoins des autres sans être prisonnier des siens. Être heureux de ne rien posséder, de tout donner pour ressembler à celui qui n’avait pas un coin à Lui pour se reposer. N’être l’esclave de rien pour être tout à tous et surtout plus proche de ceux qui vivent douloureusement l’absence de toute sécurité et de tout avenir. Seul un cœur délesté peut comprendre et secourir les malchanceux d’aujourd’hui. Telle est la véritable Pauvreté. 4° Enfin, faire le pari de s’abandonner à autrui. Dépendre des responsables, accepter la conduite souvent déroutante des événements, n’avoir pas de projet à soi, vivre lié comme le crucifié mais dans une confiance déconcertante pour le monde. Etre tout entier disponible pour la Mission et l’Evangélisation. Ne pas poser ses conditions mais en recevoir, parce que tel est le jeu de l’Obéissance ! ***** L’Église a besoin d’aventuriers de Dieu. Il faut être déraisonnable pour accepter un tel programme, mais ceux qui l’adoptent savent qu’il rend libre et heureux. A Célestin, Jack et Jordi, passionnés de Dieu, vont notre prière et la grâce du Christ. Il sont de modestes témoins vincentiens que notre amitié entoure et accompagne. Bon vent de l’Esprit à vous et qu’il gonfle vos voiles ! AMEN. 26 septembre 2004 |