Province de Toulouse

RÉUNION de RÉGION
LIMOGES, 29 mai 2006

              UNE fois par trimestre, nous avons la joie de nous retrouver entre confrères de région. La nôtre comporte les communautés de Prayssac, du Périgord et de Limoges. Nous avons aussi la chance d’avoir avec nous Jeanne-Marie et Jean-Claude Peteytas, diacre associé à la Province. Ce lundi 29 mai est l’une de ces journées. Ce qui prédomine avant tout c’est la joie de se retrouver en famille, de passer un bon moment ensemble, de se renouveler dans l’appartenance à notre  chère C.M.  par la continuité de liens tissés.

         Nous célébrons, puis nous prenons généralement le temps de partager sur un sujet préparé par l’un de nous au préalable. Cette fois-ci nous nous appuyons sur la Fiche Vincentienne 93, «l’Amour infini» de l’Eucharistie. Elle nous fut «brillamment» mise en valeur par notre très honoré Jean-Pierre (1).

         S’il y a quelques années, l’atmosphère était à l’argumentation de celui qui avait la meilleure solution pour la question posée, la tendance aujourd’hui est bien davantage à l’humble partage de notre pratique ! L’humilité n’étant pas synonyme de parole molasse, c’est avec simplicité et conviction que nous exprimons notre pratique eucharistique ainsi que les questions sur son vécu en Église.

         L’un de nos anciens nous révèle ainsi qu’il dit sa messe quotidiennement seul, et pour cela, qu’il prend non pas un gros quart d’heure, comme pourrait le faire un prêtre quelque peu désabusé ou usé par le ministère mais qu’il tient à une heure ou 1 h. 30 chaque jour en ayant soin de bien apprêter la Table, d’y mettre des fleurs et la lumière. En préalable, il s’avise de s’y préparer intérieurement. ‘‘Tout’’ ce temps pour bien se laisser habiter par la présence du Seigneur, comme il le dit lui-même : «prendre le temps d’assimiler cette énergie de Dieu en moi, depuis mon esprit jusqu’au bout de mes ongles de pieds».

         Un autre, de souligner qu’il est malheureux lorsqu’il ne peut pas la célébrer, étant vraiment désireux de l’avoir quotidiennement. Nous sommes loin des obligations faites aux prêtres de célébrer chaque jour mais bien dans le registre de la relation d’amour, mystère d’union entre Dieu et l’humain.

         Nous sommes aussi plusieurs, à dire l’importance de ce moment crucial de la journée et de  son union avec l’ensemble des eucharisties célébrées dans le monde et par elle, de son lien avec l’ensemble de l’humanité. Zundel disait que la messe était un poste de radio qu’il suffisait d’allumer pour être sur les ondes de Dieu et ainsi être à l’écoute du monde !

         Nous échangeons aussi sur l’importance plus ou moins grande selon les sensibilités de notre pratique, de l’Adoration Eucharistique ou de la Visite au saint Sacrement selon la pratique vincentienne.

         Ce partage très fraternel nous a amené à nous poser la question de savoir comment nous étions témoin d’un tel amour vécu pour être davantage missionnaire. Question existentielle pour un missionnaire qui se respecte : comment propager le message, cette bonne nouvelle qui nous met en avant chaque jour ? Si la réalité du terrain francophone n’est pas des plus aisés, nous avons à constater que des groupes d’église n’hésitent pas à faire le plein de leurs structures en proposant des temps forts à ceux et celles qu’ils rejoignent. Nous nous sommes redit ce qu’est pour nous être missionnaire de la chétive, être proche des gens ; savoir leur être présent en partant de la réalité de leur vie et non pas à leur plaquer une théologie qui tombe d’on ne sait où ! Mais force était aussi de constater que derrière tout cela, il pouvait y avoir chez nous un manque de zèle et d’audace à annoncer explicitement l’amour de Dieu pour nous. C’est bien souvent au nom du respect de l’autre que nous nous interdisons de l’exprimer. Il nous faut prendre bien en compte le lourd passé que nous avons en Eglise sur le fait d’imposer notre foi. En être conscient pour ensuite mieux le dépasser, la réalité d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier.

         L’un des moyens qui a été évoqué à nouveau, malgré une mémoire parfois bien embrumée, est celui de la mission itinérante. Nous avons sans cesse à nous renouveler sans pour cela renier notre héritage spirituel. Je remarque que ce moyen a été aussi nommé lors d’une rencontre de nos étudiants se projetant dans un apostolat qui leur conviendrait.

         Certes, il est plus facile de dénoncer que de donner des réponses bien adéquates. Mais rien n’est impossible à ceux qui savent se porter mutuellement dans la prière et la mission. 

Vincent Goguey c.m.

1) Soit dit en passant, Jean-Pierre RENOUARD travaille à ces fiches depuis les débuts, quelle fidélité ! L’apothéose sera le 100° numéros !