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Funérailles
du Père Michel GOYAUX
Dax le lundi 8 septembre 2003
Nous voici réunis cet après midi, pour accompagner dans son passage vers le Père, notre ami, Michel Goyaux Tout dabord je tiens à saluer sa famille : sa nièce Marie-France, ses neveux Philippe, François, Alain ainsi que leurs épouses Agnès, Evelyne et Anne, ses petits neveux et petites nièces, en particulier Marianne, Céline , Lucile ici présentes. Bernard, son frère prêtre, na pas pu se joindre à nous, pour raison de santé, mais sa pensée et sa prière nous accompagnent. En mon nom, je tiens fraternellement à vous dire combien je partage votre peine et votre douleur. Je sais combien Michel, le frère et le tonton avait de place dans votre cur et votre vie ; il la dailleurs toujours. Je vous exprime aussi toute lamitié et la sympathie des membres de la communauté des pères lazaristes : vous connaissiez un certain nombre de ses confrères, de ses amis . Je tiens aussi à saluer tous les amis de Michel qui se sont organisés pour être présents en ce jour. Certains viennent de Toulouse ou de la région toulousaine, de Marseille, Limoges . Des messages damitié sont parvenus de la part de confrères, de prêtres, damis qui nont pas pu être là aujourdhui : Jean Marie Lesbats, Paul Vincent, Michel Briau, Joseph Ruspil, Mme Halary Notre présence à tous : sa famille, ses amis et ses confrères, se veut un ultime témoignage damitié, daffection, de reconnaissance pour Michel. Notre présence est aussi un acte de foi et despérance en ce Dieu de Vie et dAmour auquel Michel avait voué toute sa vie au sein de la Congrégation de la Mission. Cest donc à la fois, le cur déchiré devant la réalité de la séparation, et en même temps le cur ouvert à lespérance de la Résurrection, que nous présentons au Seigneur toute la vie et la personne de Michel Goyaux. Michel est né le 28 août 1919, à Chalons sur Marne. Il aimait à répéter que ses origines étaient lorraines, et que sa naissance dans la Marne, relevait du fait que son père était militaire. Après des études secondaires chez les lazaristes, il est entré au séminaire pour se préparer au ministère presbytéral, au sein de la Congrégation de la Mission. Ordonné prêtre le 29 juin 1945, il reçu son premier cachet bleu, comme nous disons dans notre langage, pour lIran. Il y resta 23 ans, comme professeur, travaillant au niveau des jeunes, et entre autre, en aumônerie de scoutisme. Ceci lui valut, et il en était fier, davoir pour lune des ses cheftaines, celle qui devint lépouse du Shah. Avec qui de sa famille, ou de ses amis Michel na t-il pas pris plaisir à feuilleter lalbum photos de cette époque ? Une chose est sûre, il avait toujours gardé avec elle des liens épistolaires. En évoquant lIran, permettez-moi, au passage, une petite anecdote. Michel ma répété à plusieurs reprises, que cest sur le bateau, au cours de son voyage pour lIran, quil sest initié pour la première fois à laccordéon. Avouons que par la suite beaucoup de monde a pu en bénéficier. Tout au long de son ministère, combien de fois Michel na t-il pas pris "le piano à bretelle" pour prolonger les agapes, sur des airs de nos bonnes et vieilles chansons françaises ? Et il sy régalait ! En 1963, il quitte lIran pour rejoindre Toulouse-Empalot, à la paroisse Sainte Marie des Anges. Cest là, je crois, un tournant important dans sa vie. Cest dans cette équipe lazariste en effet quil fait lexpérience de la rencontre du monde ouvrier, avec tout ce que cela représentait de réalité sociale, de vie militante le tout dans un contexte de recherche, de bouillonnement didées, et en même temps de conflits, de luttes Cest à cette période, quil découvre dans lEglise, le dynamisme de lAction Catholique, limportance de lengagement social, du souci de proximité avec le monde dit "populaire". Ceci lui valut, je crois, de participer à un équipe de Comité de Quartier. En tout cas, jen suis sûr, par la suite, à Marseille. A partir de cette période dans son ministère de prêtre à Toulouse, Michel ma souvent évoqué la place importante qu a tenu le Père Raymond Maury. Pour Michel, Raymond était devenu un maître, une référence. En 1975, Michel est appelé à quitter Toulouse pour rejoindre Marseille, dabord à la paroisse Sainte Marthe, (cest là que je lai rencontré pour la première fois, alors que jétais séminariste) puis ensuite à la paroisse Saint-Gabriel, toujours dans le secteur Nord de Marseille. Il y a vécu son ministère de prêtre, en fidélité au choix quil avait fait, avec ses convictions et son originalité. Michel était un homme de convictions, il savait les affirmer et les faire entendre ! Je ne puis pas faire limpasse de rappeler la manière dont sest effectué sa venue à Limoges, où jai vécu avec lui pendant 10 années. Le Visiteur de lépoque, Monsieur André Sylvestre, ( amis de longue date : tous deux lorrains, et depuis lâge de 13/14 ans ayant essuyé les mêmes bancs décole ) voulant lenvoyer dans notre maison missionnaire de Vichy, sentendit objecter, dune voix dont vous pouvez imaginer le timbre : " Mais ça va pas, non ? Si encore tu mavais envoyé à Limoges ! " - " Ah, tu veux aller à Limoges : et bien je ty envoie ! " Et cest ainsi quen octobre 1991, Michel me rejoignait, avec Jean-Yves Leboeuf, jeune confrère tout fraîchement ordonné, pour constituer la première communauté lazariste au service du diocèse de Limoges. A vrai dire, il lui fallut pas mal de temps pour arriver à se faire limousin parmi les limousins : une partie de son cur était restée accroché aux calanques, à laccent méridional, à la mer et au soleil marseillais ! Mais le temps faisant, il sapprivoisa aux gens et aux rites du pays, allant jusquà apprécier la tranquillité du presbytère de Landouge, et son espace jardin. Car Michel était aussi un amoureux de la nature et des promenades Les ballades du dimanche, cétait sacré ! Dans son ministère à Limoges, je veux souligner, entre autre, combien les enfants lont apprécié et combien il était heureux avec eux. Quelque part, il avait gardé une âme denfant. Cest à Limoges que nous avons fêté et célébré ses 50 ans de sacerdoce. Ce fut un temps fort de foi, qui permit de rassembler des membres de sa famille, les paroissiens de sainte Blandine et un certain nombre damis. Il resta à Limoges pendant dix ans, jusquen 2001, avant de rejoindre notre maison médicalisée de Dax. Au cours de sa neuvième année de présence à Limoges, Michel a été très fort et courageux alors quil était affecté du cancer de la gorge. Cet état de santé précaire lui a valu de nombreux soins, et il lui a fallu affronté de grandes souffrances, tant physiques que morales. Mais Michel est toujours resté un homme digne, confiant, courageux, fort dans la foi. Les nombreuses amitiés quil avait liées au fil du temps, laffection profonde des siens, le dévouement et lamour de ses neveux et nièces et petites nièces la tendresse de ses paroissiens, même si parfois il les bousculait, tout cela la profondément aidé et soutenu. A travers un aspect parfois dur et direct, surtout dans son langage (qui ne se souvient pas de " ses coups de gueule ", tu me pardonneras Michel ! ), cétait un homme sensible, fraternel, fidèle en amitié, animé dun esprit de justice et de vérité et qui aimait accueillir à sa table. Michel, nous quitte, après avoir fait une petite attaque, il venait davoir ses 84 ans le 28 août. Peut-être a t-il été sensible aussi à ces fortes chaleurs de lété ? Je lavais trouvé fatigué aux alentours du 15 août, alors que je venais ici célébrer les funérailles dun de nos confrères. Daprès ce que je crois, et ce que je connais de lui, Michel sétait préparé pour ce grand voyage vers les rives de lEternel Amour, de la Vie sans fin. Il létait dautant plus que vous, sa famille, ses neveux, nièces, vous étiez là pour le rassurer par votre présence, votre affection. Je sais combien vous comptiez pour lui et réciproquement. Je voudrais souligner aussi tout le travail daccompagnement fraternel et quotidien assuré ici, dans cette maison de Dax, par nos surs, le personnel et les confrères. Cest une dimension souvent cachée, ingrate mais combien vitale et évangélique. Je ne voudrais pas
être plus long : mais il y aurait tellement de choses à dire,
sur Michel, sa personnalité, son ministère. Bien des confrères
pourraient évoquer des situations
des souvenirs. Bien des
personnes qui lont connu à différents moments, en
différents lieux, en différentes circonstances, pourraient
témoigner à la fois, je pense, de son caractère parfois
quelque peu autoritaire ( cétait un fils de militaire et
qui de plus lorrain ! ) et en même temps de son ouverture desprit.
Personnellement, jai un tas de souvenirs qui me reviennent en mémoire
; il en est certainement de même pour vous tous. Dans cette Eucharistie qui nous rassemble autour de lui, alors quil rejoint le Père de toute Tendresse, ce Dieu damour, comme il aimait à le dire et le répéter, renouvelons notre confiance et notre foi. Dieu nous a crées pour la Vie, la Vie en abondance. Dieu veut nous rassembler dans son Amour, dans son Royaume. Prions pour que Michel, au terme de son ministère parmi nous, sexclame de joie et démerveillement devant la Lumière qui vient à lui. Et demandons lui, cest bien là le sens de la communion des saints, de continuer à prier pour nous et de penser à nous, comme nous mêmes prions et pensons à lui. Alors, dans une prière confiante, présentons au Seigneur notre frère Michel Demandons à Dieu Père des miséricordes, de lui pardonner ce dont il a à être pardonné et de laccueillir dans sa lumière. Et quensemble, en entrant dans le grand mystère de lEucharistie, nous goûtions à linvincible tendresse de Dieu qui fait de nos vies, une vie de ressuscités. Yves
Bouchet cm Homélie
prononcée pour les funérailles de Michel Goyaux
Jai retenu pour cette célébration de lAdieu, à notre frère Michel, ce beau texte que Paul écrivait aux chrétiens de Thessalonique. Cest un texte que Michel lui-même, a souvent proclamé lors de funérailles quil présidait. Son souci a toujours été de renvoyer les gens quil rencontrait, au message central de lEvangile, au Christ vivant. Armé dune foi profonde, Michel a toujours cru à la force de lAmour de Dieu, à limpossible de Dieu. Avec les questions quil se posait sur lau-delà de la mort, (les dernières années où nous étions ensemble, lâge avançant et sa santé se fragilisant, nous parlions librement de cela ) il en revenait toujours à la certitude que Dieu ne peut pas décevoir lhomme, et que la plus belle des choses, cest la totale confiance que nous puissions avoir en la Parole et en la Personne du Christ. Homme de foi, Michel tu as toujours su la témoigner. Pour toi lEvangile a toujours été parole de vie, de libération. Tu avais le souci dapprofondir lEcriture, de la partager avec dautres, que ce soit dans des rencontres de prêtres, de Mouvements, de groupes de chrétiens. Ta foi, tu laffirmais. Je ne crois pas que tu tembarrassais de formules bien nuancées, tu connaissais plutôt le langage direct. Dans ta mission auprès des gens, tu as toujours eu à cur de révéler un Dieu bon, et non limage souvent véhiculée, dun Dieu juge ou mesquin. Dieu est le Père qui nous aime, qui aime chacun, tel quil est, avec ses richesses et ses limites. Dieu désire le bonheur de ses enfants. Homme de foi en ce Dieu Père et miséricordieux, Michel tu as su rejoindre bien des hommes et des femmes affrontés à des situations parfois difficiles. Au nom de lEvangile, tu as été attentif à te faire compagnon découte et de partage sur la route de bon nombre de gens, et parfois de personnes ou de groupes en marge ou en recherche. Ta foi solide au Christ, ta toujours permis despérer et de croire en lhomme et en sa dignité. Je crois déceler ici une dimension de ta vocation de prêtre de la mission, à la suite de Saint-Vincent. Homme de foi, Michel tu étais aussi un homme de convictions. Façonné à ton retour dIran, par la mission ouvrière alors en plein essor, tu as fait le choix dorienter ton ministère en priorité au service du monde ouvrier. Dans ta générosité, tu as participé à la vie sociale et mis ton énergie dans une pastorale en lien avec les mouvements dAction Catholique. Tes convictions, tu les as puisées au cur de lEvangile, cet Evangile qui en appelle à la justice, à lamour, au partage, à la dignité. Par ce biais, tu as été sensible à une dimension importante de notre vocation vincentienne : celle de travailler, avec dautres, à la promotion de lhomme et en particulier des plus petits. Par fidélité au Christ, à son choix prioritaire dannoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres ( Luc 4,18) tu as eu à cur doser des options, de prendre la parole . Cela amène à ne pas toujours être compris et parfois aussi à paraître trop catégorique .mais rien nest parfait en ce monde ! Tes convictions Michel, tu en trouvais la source au cur de lEvangile, cet Evangile qui était dabord Bonne Nouvelle pour toi-même. Homme de foi, de convictions, tu as été un homme de fidélité. Parce que tu as toujours cru en la fidélité de Dieu, tu en as été toi-même quelque part le reflet. Parce que tu as compris que lEvangile était dabord à mettre en pratique dans sa propre vie, tu as donné de ton amitié, de ton affection, de ta joie de vivre, avec beaucoup délan et de générosité. Je crois pouvoir dire que cela a été vrai aussi bien dans la relation avec ta famille, avec tes amis, avec les communautés lazaristes auxquelles tu as appartenu. Tu as su être pour beaucoup lami fidèle, le compagnon de route, le confrère attentif, le tonton bien aimé «Jésus nous le croyons est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur». Ce nest pas à cause de nos mérites que nous sommes aimés de Dieu et que nous serons pour toujours avec Lui. Si jai évoqué ce qui à mes yeux, ayant vécu dix années avec toi, mest apparu comme signe et reflet de ta foi, Michel, ce nest pas pour te mettre en valeur, (dailleurs tu me laurais fait comprendre), mais bien pour reconnaître, quà travers nos vies, avec le positif et aussi avec les ombres, Dieu se laisse à deviner. Nous ne sommes que des serviteurs qui ne font que notre devoir. Et si nous avons part à sa Vie, cest totalement par le don de sa grâce. Cest lui qui nous a choisis et aimés le premier. Cest Lui, qui dès ici bas nous attire vers lui et met en nous le désir de le chercher. Cest Lui, le chemin, la Vérité et la Vie. ( Evangile de St Jean 14,1-6 ) Michel, tu as mis ta foi dans le Seigneur tout au long de ta route. Tu las cherché et tu as travaillé à le faire connaître et aimé. Tu las annoncé et manifesté en célébrant lEucharistie. Avec lui, tu as porté ta croix et les souffrances de ta maladie au long de ces dernières années. Tu las prié. En lui tu as espéré. Michel, que ce Dieu dAmour à qui tu tes donné et que tu as cherché et servi au long de ta route en servant les hommes, comme prêtre et fils de Saint-Vincent de Paul, fleurisse aujourdhui et pour toujours ta vie : cette vie qui nest autre que celle que Dieu nous offre en son Fils Jésus Christ, le premier des Ressuscités. Et quil nous donne, à nous qui continuons la route : la force de la foi, la sérénité de la paix, et laudace de lespérance. Amen !
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