HOMELIE du Père Christian LABOURSE cm «Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur» C'est sans doute la prière qui est actuellement celle de noter confrère et ami Joseph Darracq. Après une longue agonie... « Il n'en finit pas de mourir » me téléphonait une famille de ses amis, Joseph a rejoint l'autre rive, celle où il nous attend désormais et où il a rejoint tous ses proches et tous les anciens du Berceau qui constituent l'amicale d'Outre-Tombe. Nous savons tous combien il aimait le Berceau où il a passé la plus grande partie de sa vie. I. J'ai donc découvert en lui d'abord le professeur : il m'a initié à l'espagnol en classe de cinquième mais il m'a surtout fait aimer le grec, faisant travailler notre mémoire avec les verbes irréguliers qu'il fallait connaître sur le bout des doigts...Professeur de géographie aussi, je revois encore ces cartes qu'il confectionnait lui-même en papier kraft pour nous faciliter la tâche, utilisant le visuel. Ce fut efficace. Ces cartes, je les revois encore...Oui, ce fut un excellent professeur tout donné à sa tâche et mettant tout en oeuvre pour faire passer son savoir. Il fut aussi, avec autant d'ardeur, l'animateur de nos jeux, fabriquant des raquettes de tennis et venant disputer avec nous des matchs face au fronton... Fut-il parler aussi de la piscine où il mettait là aussi tout son coeur pour qu'elle soit propre et en service dès les premiers jours de chaleur ?...Il fut aussi maître nageur et sauva un jour l'un d'entre nous qui s'était égaré dans les bas-fond... Je me souviens également de cette barque qu'il avait fabriqué lui-même pour l'étang de Pouillon, à la maison St Martin ...Pouillon où il fut l'animateur de loisirs de nos jeunes amis grecs qui passaient en France toutes leurs vacances. Pour eux aussi, il organisa des tournées en bicyclette devenant alors un mécanicien expert pour réparer ces engins qui n'étaient pas tous de première jeunesse. Il bricola aussi des pédalos pour l'étang de Pouillon... En évoquant tous ces souvenirs, j'ai découvert combien ce prêtre fut donné à sa tâche de professeur et d'éducateur. Ses diplômes, ses compétences lui venaient de son coeur. II. J'ai ensuite connu le Père Darracq comme confrère ici au Berceau et nous avons partagé ensemble des joies et des épreuves. J'ai même failli précipiter son retour vers le Père Eternel alors que nous partions ensemble faire une retraite à Notre-Dame des Neiges ; nous nous sommes arrêtés avant Pau, notre véhicule s'étant retourné...il resta quelques jours à l'hôpital ! L'hôpital, il l'a beaucoup connu mais il a aussi toujours lutté !...Il a toujours fait face ! «Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! ». Nous avons partagé ensemble les difficultés survenues au moment où nos supérieurs envisageaient la fermeture de l'Ecole du Berceau. Le Père Darracq partit alors en paroisse, à Arengosse où il s'est donné comme pasteur avec la même ardeur qui le caractérisait en tant que professeur. Il faut beaucoup éprouvé par cet exil loin du Berceau mais il y revint avec joie pour servir, non plus les jeunes mais les anciens de la Maison de Retraite, se donnant toujours à fond pour les écouter, les comprendre et les aimer !. Cela se passait d'autant mieux qu'il parlait gascon...il était l'un des leurs...C'est durant ce dernier séjour qu'il eut une grande joie...Alors qu'il était en prière dans cette chapelle, quelqu'un lui a tapé sur l'épaule pour lui dire : « Darracq je te demande pardon ! » C'était un de ceux qui avaient tant oeuvré pour la fermeture de l'Ecole ! «Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! ». C'est son Sauveur qu'il vient de rencontrer et selon ce que vient de nous rappeler st Paul : « Ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son fils. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Jésus est l'objet de notre Espérance. Toute vie chrétienne est tendue vers le Christ. Plus encore que sur la résurrection de nos corps, Paul insiste sur notre vie avec le Seigneur. Il souligne que pour tout baptisé toute la béatitude, c'est le Christ. Le Père Darracq ne nous disait pas autre chose dans son message de l'an 2000, après avoir évoqué le vieux cantique : «Venez, divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver », il ajoutait ceci : «Quand à ceux, qui parmi vous, sont comme moi, penchant vers la terre comme des blés mûrs pour la moisson, que votre coeur ne se trouble pas. L'enfant de Bethléem qui est allé souffrir, mourir sur une croix, n'a pas changé l'amour de son coeur. Il reste notre Résurrection et nous réserve une place de bonheur chez lui. Ne cessez pas de lui parler, et de lui « téléphoner ». Si vous trouvez qu'il ne vous répond pas, même comme sur un répondeur, ouvrez l'Evangile à n'importe quelle page et vous verrez qu'il vous répond personnellement avec beaucoup de précision, de douceur et d'affection. Alors, mes chers Amis, courage, soucis, difficultés, souffrances passent ! Demeure ce qui ne se voit pas...Sursum corda ! » «Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! ». AMEN |