Père Max COCOYNACQ cm

«Partout je ne voyais que la mort j'étais devenu moi-même, pour moi une immense question»...
«Tu nous as fait pour toi, Seigneur et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il repose en toi »

                                                                                                                                      St Augustin

Mardi 5 avril 2005
Berceau de Saint Vincent de Paul
TÉMOIGNAGES

Message du P. Yves Bouchet CM
Visiteur Province de Toulouse

           Ne pouvant être présent à la célébration des funérailles de notre confrère Max COCOYNACQ,
je tiens en mon nom personnel, et au nom de tous mes confrères lazaristes de la Province de Toulouse, à lui témoigner toute notre fraternelle reconnaissance pour ce qu'il a été parmi nous, pour son ardeur missionnaire qu'il a développée avec beaucoup de compétence et d'humanité, en particulier dans le domaine de la formation auprès des jeunes séminaristes, des laïcs, des religieuses et des prêtres.
           Son grand respect de l'homme, et le souci qu'il portait de travailler à la libération et à l'épanouissement de ses frères, cela au nom même de l'Evangile, et dans la ligne de sa vocation de fils de Saint-Vincent de Paul, lui ont valu de se former à la psychanalyse et d'en faire son sacerdoce.
Ses dernières années, éprouvé lui même par la maladie, il n'en n'est pas moins demeuré fidèle dans l'écoute et le service de ses frères.
           C'est avec beaucoup de respect, de reconnaissance et d'amitié que nous l'accompagnons dans son passage vers Dieu notre Père. Il rencontre maintenant, dans la Lumière Celui qu'il a cherché et servi tout au long de sa vie, en accueillant et en servant ses frères les plus fragilisés.
           C'est dans cette Lumière, et dans 1'Espérance de Pâques que nos cours se rejoignent pour entendre le Seigneur lui dire : «Entre dans la joie de ton Maître ».

L'Archevêque de Bordeaux

ÉGLISE
CATHOLIQUE
EN GIRONDE

Bordeaux, le 4 avril 2005

                                                       Au Père Visiteur
                                                       et à ses confrères Lazaristes

           Chers Pères,

           Avec nos regrets de ne pouvoir être présents au milieu de vous, mardi après-midi, nous voudrions vous exprimer notre profonde communion dans la peine, la prière et l'espérance à l'heure où vous célébrerez la Pâque du cher Père Max COCOYNACQ.
           Comment pourrions-nous oublier toutes ces années consacrées à la formation des futurs prêtres, au Séminaire de Bordeaux, ses interventions dans bien d'autres instances et son activité professionnelle vécues jusqu'au bout, même si rie sérieux accidents de santé ont particulièrement marqué ses dernières années.
           Ces paroles de Saint Vincent de Paul éclairent, nous semble-t-il, son «passage» : «Combien serez-vous consolé à l'heure de la mort d'avoir consacré votre vie pour le même sujet pour lequel Jésus-Christ a donné la sienne».
           En confiant le cher Père COCOYNACQ à la douce Miséricorde du Seigneur, nous sommes sûrs qu'il sait, maintenant, combien il a eu raison d'avoir entendu et suivi l'appel.
          Bien fidèlement vôtre.

+ Jean-Claude HERTZOG
Évêque auxiliaire de Bordeaux

+ Jean-Pierre PICARD
Archevêque de Bordeaux
Évêque de Bazas

Un patient et ami

           Max Cocoynacq a dirigé mon analyse de contrôle de 1978 à 1992 ; après, il m'a donné son amitié et il a régalé mes enfants à chaque fois qu'il venait dîner chez nous avec des gâteaux somptueux dont le «Chambéry à la framboise» qui fait partie du Panthéon de notre famille.
           J'ai appris avec lui tout ce que je sais de l'éthique de la psychanalyse : il m'a permis de renoncer à l'érudition pour rester «au ras des pâquerettes», au plus prés de la parole qui nous est adressée sans nous être destinée.
           Il a été d'une très grande exigence, d'une rigueur sans défaillance, il m'a attaqué sur mon désir de séduire jusqu'à me laisser livide, honteux, rétracté, prêt à «laisser venir»...
           Il m'a enseigné la loyauté à des idées sans allégeance : «il faut être libre» : oxymore suprême!
Il me disait poète à pleine bouche, et prétendait qu'il n'y connaissait rien, mais je l'ai entendu à Madrid dans l'élégance des arènes espagnoles me chuchoter : «Mon cher ami, mon cher lgnace, le silence n'est pas l'absence de bruit».
           Il avait raison, il est entré dans le silence et mon cour bruisse de son absence et ma mémoire est pleine de sa faconde et de son pétillement contenu. Je l'ai donc aimé.

Une amie

          En souvenir des camps-mission à La Ciotat (1960), de la présence missionnaire à Port-Saint-Louis du Rhône dans les années suivantes, de son engagement dans la psychanalyse, de son parcours théologique au service de l'homme et des pauvres, du travail de formation fait à Bordeaux.
           En témoignage des relations amicales et familiales indéfectibles qu'il avait su tisser à Dijon, à La Ciotat, à Paris, dans le Doubs... J'adresse à votre Congrégation l'expression de mes pensées attristées et cordiales.
           Reconnaissante de l'avoir connu, heureuse de la Mision qu'il a servie fidélement, je garderai le souvenir de son témoignage. Qu'il reste présent par son courage, son travail et son amour de la vie et des hommes.

Un Confrère

           Par ce mot, je viens vous dire que je suis uni à votre peine ; mais je ne pourrai être présent avec vous sinon de cœur.
           Nous avons cheminé avec Max Cocoynacq depuis notre enfance au Berceau, puis à Paris et à Port-St-Louis : près de 20 ans. Cela reste un très bon souvenir.
Infatigable chercheur, il a su accueillir et aider ceux qui voulaient voir clair dans leur vie. Il y a trouvé son épanouissement de fils de saint Vincent.
           Aux Confrères et à sa famille, à Didier son frère, je dis mon amitié en partageant votre peine, unis de cœur et de prière.

Intention de la Prière universelle

1. Étudiant passionné en philosophie et théologie, à Paris, dans les années 60, formé dans la persévérance et l'exigence à l'Ecole lacanienne, enseignant appliqué et séduisant au Grand Séminaire de Bordeaux, moraliste engagé dans la rédaction du «Supplément », formateur des nôtres, le Père Max COCOYNACQ reste avant tout notre confrère en St Vincent. Il nous aimait et nous l'aimions!
Que cet amour d'aujourd'hui soit le signe de l'Espérance qui nous habite: l'attente d'un amour fraternel partagé pour toujours, en Christ ressuscité.

Homélie du Père Christian SENS