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Père Marcel Bernière
(1918-2005)

«Seigneur, que je vois »

Le Père Marcel BERNIÈRE, nous a quittés le 26 octobre, à l'âge de 87 ans.
Ses obsèques ont été célébrées, à DAX, en la chapelle de Notre-Dame du Pouy, le vendredi 28 octobre à 14 h. 30.

Elles ont été présidées par le Père Augustin MARTINEZ cm.

Professeur de Grand Séminaire, Directeur des Filles de la Charité de Suisse, le Père Bernière fut frappé de cécité les quinze dernières années de sa vie. Ce fut une très douloureuse épreuve pour le grand lecteur qu'il était.Il est parti vers la Lumière de Dieu.

Mot d'ouverture du P. Yves BOUCHET, Visiteur de la Province :

Nous voici réunis cet après-midi pour prier et accompagner notre frère Marcel Bernière, dans son passage vers Dieu notre Père. Notre présence, celle de membres de sa famille, des amis, des sœurs qui l’ont accompagné depuis tant d’années, ici dans cette Résidence de la Mission, témoigne de notre affection, de notre amitié, de notre reconnaissance pour le Père Bernière.

Notre frère Marcel nous quitte à l’âge de 87 ans. Il aurait fait ses 70 ans de vocation l’année prochaine en septembre.

Ordonné prêtre le 23 décembre 1944, il a d’abord été envoyé comme  professeur de philosophie au grand séminaire d’Angoulème, puis au grand séminaire de Périgueux, dès 1954. En septembre 1968, il a été supérieur de la maison de Limoux,  pendant quelques mois simplement, avant de rejoindre à nouveau le diocèse de Périgueux, en novembre, au service de la formation permanente.

À partir de 1970, et jusqu’en 1983, il a assumé la responsabilité de Directeur des Filles de la Charité de Suisse.  Ce service achevé, il a rejoint Montolieu à l’aumônerie qu’il a assurée pendant 5 ans. C’est en 1988 qu’il a rejoint notre Résidence de Dax.

Notre confrère Marcel, au long de ses différents ministères a servi le Seigneur et ses frères avec beaucoup de délicatesse, de compétence, de confiance. Homme très sensible, il le devait certainement à son histoire qui, dès son plus jeune âge,  a été marqué par l’épreuve de la mort de ses parents. Sa route a été jalonnée  de bien des épreuves, dont cette atteinte physique de la cécité, depuis environ une quinzaine d’année. Cet état l’isolait beaucoup et devait le faire souffrir moralement.  Certainement qu’il a vécu tout cela en profonde communion avec le Christ, et dans l’offrande de sa vie.

Aujourd’hui, nous sommes donc là, avec lui, pour dire ensemble notre foi au Christ vainqueur de tout mal et de toute souffrance.

Nous confions et offrons au Seigneur, avec amitié et respect, toute la personne et la vie du Père Bernière. Avec lui, nous renouvelons notre confiance en Celui qui est Notre Père. Qu’il accueille Marcel dans sa Paix et dans sa Lumière, lui donnant part à l’héritage de tous ceux qui l’ont servi et aimé en servant et en aimant leurs frères.

 

Homélie du Père Augustin Martinez

Parole de Dieu
     1 Jean 1, 5-10 : «Dieu est lumière»
     Psaume 88 : «Seigneur, au jour de détresse, je t’appelle» 
     Marc 10, 46-52 : «Que veux-tu que je fasse pour toi ?»

            Cher Marcel Bernière, tu es parti vers La Lumière de Dieu, le mercredi 26 octobre, à 7 heure du matin, alors qu’il faisait encore sombre :
«Dieu est Lumière et de ténèbres, il n’y a pas trace en lui.» (I Jean 1,5)

            Par ta cécité, tu as fait une longue expérience de 15 années d’obscurité. Aujourd’hui,  tes yeux voient à jamais la splendeur du visage de Dieu !

            En apprenant ton passage de ce monde à La Maison du Père, je me suis souvenu des années que nous avons passées ensemble à la formation des futurs prêtres ; et aux longs moments où tu me disais ta souffrance en te rappelant ton enfance.

            À 18 mois, tu as perdu tes parents. La sœur de ta mère, Marie, t’a élevé, comme un fils,  et tu évoquais souvent sa mémoire avec beaucoup d’émotion.
Les gestes d’affection, de gentillesse et de délicatesse  que tu n’avais pas eus, par l’absence de tes parents, morts très jeunes, tu les avais pour ta famille : Jacqueline, ta cousine et ses filles, Nicole et Françoise, que tu aimais tendrement. Elles sont là, aujourd’hui, près de ton cercueil, pour en témoigner.

            Tu as connu la pauvreté dans ta vie sous différentes formes. Ton extrême sensibilité et ton émotivité nous disaient ta grande détresse remontant à tes jeunes années.

            Ton vécu t’a rendu attentif aux malheurs des autres avec qui tu te sentais en proximité de vie et de cœur. Avec ceux qui manquaient d’amour, ou qui ne l’avaient jamais connu, tu te retrouvais  dans la prière du psalmiste :

  • «Seigneur, au jour de détresse, je t’appelle ; tends l’oreille, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux» (Psaume 88)

             En évoquant ton souvenir, permets-moi cher Marcel, de rappeler «tes talents» d’enseignant et d’éducateur du clergé. Pendant 25 ans, les séminaristes d’Angoulême et de Périgueux, ont bénéficié de tes cours de philosophie et de latin.

             Pour ceux qui t’ont connu de près, comme moi, ils ont pu apprécier, ton sens de l’humour, ta délicatesse, ton amitié. Tu aimais rire et plaisanter, quand tu te sentais reconnu et estimé. Dans mes premières années de sacerdoce, tu as été pour moi, le grand frère sur lequel je pouvais compter.

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            La rencontre de Jésus avec l’aveugle Bartimée, éclaire ces souvenirs faits des souffrances et des guérisons, des pauvretés et des richesses, des ombres et de lumières.

            Comme Bartimée, tu restais  des longues heures assis ;  lui au bord du chemin, toi, dans ta chambre à l’étage.

            Tous les deux, dans la solitude de la cécité ;  Lui et toi cherchant Dieu sur tous les chemins, et mendiant, au quotidien, le pain qui nourrit le corps et l’esprit ! Bartimée appelle Jésus qui passe à l’endroit où il se tenait. Son cri est à la fois l’expression d’une grande détresse et  d’une incroyable confiance.

            Dans le silence de ta chambre, en homme de prière que tu étais, tu as appelé le Seigneur à chaque heure de ton horloge parlante : «Aie pitié de moi, Jésus,  fils de Dieu ! »

Cette prière touche son but : Jésus s’arrête pour Bartimée et pour toi. Confiance, le Seigneur t’appelle !

            Dans l’intimité de la rencontre, Jésus demande :  «Que veux-tu que je fasse pour toi ? » — «Mon maître que je voie ! »

            L’aveugle de Jéricho,  guéri de sa Cécité emboîte le pas à Jésus. Il se met à le suivre, en devenant son disciple

            Cher Marcel, ta foi t'a sauvé !

            Aujourd’hui, tes yeux sont ouverts et désormais, c’est dans le face à face, que tu VOIS, dans toute sa beauté, LA GLOIRE DE DIEU.

Augustin Martinez c.m