ancel

Edmond Ancel cm

(1922-2005)

Les obsèques du Père Edmond ANCEL ont été célébrées dans la Chapelle de Notre-Dame du Pouy, à DAX. Elles étaient présidées par le Père Augustin MARTINEZ cm. qui représentait le Père Yves BOUCHET, retenu par la prédication d'une retraite. Une dizaine de confrères étaient présents ainsi que le Père Bernard Dubasque, Vicaire Général du diocèse de Dax et de prêtres diocésains. On comptait aussi des résidents de la maison de retraite du Berceau dont il fut l'Aumônier, et des paroissiens de Saint-Vincent-de-Paul.
À la demande de sa famille, le Père ANCEL a été inhumé dans son village natal, en Lorraine.

Cl. L.


Célébration

«Ta parole, Seigneur est une lampe pour mes pas»

Parole de Dieu
           2 Timothée 4, 1-8 : «Fais œuvre d’évangéliste»
           Psaume 119, 105-114 : «Ta parole, Seigneur est une lampe pour mes pas»
           Matthieu 25, 10-23 : «Viens te réjouir avec ton Maître»

Homélie

Notre frère, Edmond Ancel, se présente aujourd’hui devant le Seigneur, en serviteur bon et fidèle, avec les mains pleines des biens et dons que le Maître lui avait confié à sa naissance et qu’il a fait fructifier au cours de sa carrière terrestre.

Seigneur, tu m’avais confié des talents ; voici d’autres que j’ai gagnés

Les biens reçus de Dieu : une longue Vie de 83 années, une Foi solide, une Vocation bien enracinée, en sein de sa famille, en Lorraine, sa terre natale.
L’appel entendu par Edmond était celui de devenir prêtre, à la suite du Christ Évangélisateur des Pauvres, à la manière de saint Vincent de Paul. 

Né le 4 novembre 1922 à Sainte Marie aux Chênes, en Moselle ; Edmond rentre dans la Congrégation de la Mission en 1940 et il sera ordonné prêtre le 5 avril 1947.
Commence alors une très longue étape de sa vie de 53 années, toute donnée avec cœur, assiduité et conviction à l’enseignement de la théologie, et surtout de l’Écriture Sainte, comme formateur des prêtres et des laïcs, dans les diocèses de Périgueux et Montpellier.

De 1958 à 1961, notre cher Père Ancel est nommé à la formation des lazaristes ; d’abord ici, dans cette maison où nous nous trouvons,  Notre Dame du Pouy (Dax) et ensuite à Saint-Lazare (Paris)

 C’est  en ces lieux que j’ai eu la joie d’être initié par lui, à l’Écriture Sainte. Il m’a fait aimer la Parole de Dieu, par tout son être ; par son enseignement à la fois, simple et solide et par sa vie.

Saint Vincent demandait à ses missionnaires de prêcher  tout bonnement et simplement. Prêcher l’Évangile et rien d’autre, en le faisant comme Jésus-Christ : « Dieu est avec les simples et les humbles, il les assiste, il bénit leurs travaux, il bénit leurs entreprise. » (C. XII,23)

Prêcher la Parole de Dieu et rien que la Parole de Dieu !
Le Père Ancel avait le souci d’établir dans son enseignement biblique, un contact, un lien vital, entre la Parole Éternelle et  la vie qui nous touche et nous éclaire dans notre quotidien. C’est ce que saint Vincent appelle «descendre au particulier», c'est-à-dire aux situations concrètes de l’existence humaine.

 C’est là un trait  du missionnaire dont saint Vincent  disait  qu’il est assisté et bénit de Dieu.

Suivant les conseil de saint Paul  à son disciple Timothée, le Père Ancel proclamait la Parole de Dieu,  «à temps et à  contre temps», par sa vie, par sa compétence, et toujours  «avec patience et souci d’enseigner». Notre confrère, a  fait «œuvre d’évangéliste», et il a bien «rempli son ministère». (cf. 2 Timothée 4,2 et 5)

Durant quatre ans, (2000-2004) le P. Ancel a été  aumônier du Berceau. Les pensionnaires, le personnel, ses confrères, et les filles de la charité, gardent un souvenir ému ces années passées au milieu d’eux, dans la simplicité et la discrétion. Les soeurs et le Séminaire Interne ont pu aussi bénéficier de ses cours bibliques.

A la suite du psalmiste, et jusqu’à la fin de sa vie,  notre cher confrère devait prier, j’en suis sûr, avec ces mots : « Ta parole, Seigneur est une lampe pour mes pas ». Nous qui l’avons connu et aimé, nous pouvons ajouter, que grâce à Edmond Ancel,  cette même Parole est aujourd’hui une lampe pour les pas d’un grand nombre de ses  frères dans le Christ. (Ps 119, 105)

Notre frère Edmond, homme de paix, a vécu dans le silence  et il est mort dans le silence. 

«Je m’abandonne à la volonté de Dieu» — disait-il —sans ajouter d’autres paroles, quelques jours avant sa mort.

Aujourd’hui, le Seigneur lui dit au seuil de la Maison du Père : Edmond, «viens te réjouir avec ton Mâitre». En serviteur, notre frère s’avance en direction du Seigneur : Maître, tu m’avais confié quelques talents, voici encore d’autres que j’ai gagné…

C’est bien, bon et fidèle serviteur.
Tu as été fidèle à la vie, à la foi, fidèle à la charité que tu as fais grandir, fidèle à l’appel…

«Tu as été fidèle en peu de chose, sur beaucoup je t’établirai…»
Le «peu de chose» dont parle le Maître, nous dirait le Père, en bibliste, n’est pas dit pour minimiser le travail accompli par le serviteur, mais pour souligner la promotion à laquelle l’homme bon et fidèle va accéder :
Le serviteur va entrer dans la joie du Seigneur, dans la pleine participation de l’Amour au banquet du Royaume de Dieu : heureux élu qui passe du statut de serviteur à celui de commensal à la table de son Seigneur.

Paix et joie éternelle à toi, cher père et frère.

Augustin Martinez c.m