Homélie du Père Pierre Cornée, Visiteur Les textes que nous venons d’entendre, en cette fête de la Saint André, nous parlent d’appel en quittant tout pour suivre le Christ (cf l’évangile de Mat IV 18-22) mais aussi de foien la résurrectiondu Christ dans la lettre aux Romains (X 9-18). Le Père Rimpot était un homme de foi en la Résurrection du Christ. Le cardinal Crescenzio Sepe, à des séminaristes, rappelait : «la vocation au sacerdoce est l’aventure la plus grande et la plus merveilleuse que Dieu puisse offrir à chaquecréature». Il ajoute «parmi les différentes vocations communes à tous les chrétiens, vous avez reçu un appel spécial, non en vertu de vos mérites ou de vos qualités, mais comme don libre de Dieu qui a choisi chacun de vous de toute éternité.» Simon et André son frère laissent tout, profession et famille, pour se mettre à la suite du Christ. C’est la vocation de tout prêtre ou frère qui désirent répondre à l’invitation du Seigneur. Sans se forcer, nous savons que le Père Marcel RIMPOT a entendu cet appel depuis sa première jeunesse. Dans un courrier qu’il m’adressait avant de venir à la Maison Mère, en 2001, il me marquait «j’avais 5 ans lorsque mon père fut engagé comme jardinier par les pères lazaristes de Rennes, très tôt j’ai servi la messe de 6 h.30 ou 7 heures. Je répondis OUI, sans aucune hésitation, à la question : ne voudrais-tu pas être missionnaire comme lazariste? L’appel du Seigneur était venu par quelqu’un d’autre.» Sa réponse l’éloigna de sa Bretagne natale, étant né en 1915 à Rennes. Pour les études au petit séminaire, il se retrouva à Beaupréau (c’est là qu’il apprit le breton, son camarade de cours et de jeux ne parlaient que bretons) et à Loos-les-Lille (dans le Nord), pour ses études secondaires. Le 6 septembre 1933, il entre au Séminaire Interne à Dax. Il recevra l’ordination presbytérale le 19 juin 1943 des mains de Mgr MATHIEU. Son premier placement fut Loos-les-Lille où il n’alla jamais. Avant de s’y rendre, il doit rendre service en remplaçant un confrère pour quelque temps au grand séminaire d’Evreux où il devint professeur de philosophie. Pratiquement, il passa toute sa vie dans ce diocèse. Il y est demeuré 41 ans. Professeur, mais aussi Économe du Grand Séminaire, ce qui n’était pas une sinécure en ces lendemain de guerre. Avec son camion, il sillonnait le diocèse pour ramasser les “dons en nature” dans les riches fermes normandes. En juillet 1960, le Père RIMPOT accueillit quelques étudiants de Saint-Lazare pour une “mission” de trois semaines dans les cinq paroisses dont il avait la charge au environ d’Évreux. Ce fut une expérience très riche pour les participants conduits par le Père LAUWERIER. Lorsque le séminaire fut fermé, il se retrouva curé de 12 paroisses et résida au presbytère de MISEREY. Il a fait participer les laïcs à la vie pariossiale. Il était très présent à toutes les questions pastorales avec des idées que l’on qualifiait alors d’avant-garde. Il connaissait, et pour cause, la plupart des prêtres du diocèse qui recourraient à lui pour conseils et sacrement. Dans les années 80, il accompagnait quelques Communautés de Filles de la Charité de l’Eure. Il avait le don de faciliter les partages, les remises en cause et la réflexion pastorale ; les Sœurs l’appréciaient beaucoup. Il a été l’un de ceux qui ont suscité des vocations de diacres permanents mariés. C’était en 1976. Les évènements de la vie l’ont ramené en Bretagne (bretonnante). En effet, notre confrère était breton même dans la langue. Il y travailla jusqu’au jour où sa santé l’obligea à quitter cette région qu’il aimait tant pour venir rejoindre les confrères de la Maison Mère., après avoir la délicatesse de s’assurer une maison de retraite pour les personnes qui l’avaient soigné. Pour lui, c’était un devoir de justice. C’était un homme discret et délicat. Même s’il paraissait silencieux il aimait avoir des visites et s’intéressait à la vie d’aujourd’hui. C’était aussi un homme de foi et de prière. Souvent il aimait rester dans le calme pour méditer et pour s’adresser au Seigneur par la Vierge Marie. La première lecture d’aujourd’hui nous rappelait « si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu sauras sauvé. » Cette phrase, notre confrère, l’a fait sienne. Sa vie a été toute donnée à Dieu comme apôtre. Or, comment invoquer le Seigneur sans avoir d’abord cru en lui ? comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ? et comment entendre sa parole si personne ne l’a proclamée ? La vie de notre confrère n’a été que cela, mais tout cela : permettre aux hommes de pouvoir découvrir tout l’amour que le Seigneur porte à chacun en leur permettant d’entendre la parole du Seigneur et en le rendant notamment présent dans les sacrements du pardon et de l’eucharistie. Sa discrétion et son humilité ne l’ont pas empêché d’être un témoin authentique Nous savons que le Seigneur l’a appelé aujourd’hui auprès de Lui. Souvenons-nous de ce qu’il a été pour nous mais aussi pour Dieu . Nous le retrouvons dans cette eucharistie qu’il aimait célébré et en présentant ce pain et ce vin nous présentons toute la vie de notre confrère. Pierre Cornée cm |