Père André Pasquereau cm

Homélie à des obsèques,  le 27 octobre 06


               Dans la première lecture, Saint Paul nous rappelle : «je vous invite à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu, avec beaucoup d’humilité, de douceur, de patience…»

               Chaque vocation est une invitation à se mettre en route pour vivre un idéal et nous laisser transformer par ce Dieu Amour.

               Lorsque nous regardons la vie du Père André Pasquereau, nous retrouvons cette fidélité à suivre le Christ dans une disponibilité totale et avec un esprit d’humilité, de douceur, de persévérance, même si la période n’était pas des plus faciles.

               En effet, en pleine jeunesse, la seconde guerre a été sur sa route.
               Après des études primaires et secondaires à Cuvry, puisque tu es né à Rombas en Moselle le 20 septembre 1921, et  ta formation en vue du sacerdoce à Dax, en 1947 l’ordination presbytérale t’a été conférée par Mgr MATHIEU.

               L’appel du Seigneur, tu l’avais entendu mais pour y répondre, il faut se mettre en route. C’est ainsi que la Congrégation de la Mission a été ton fil conducteur durant toute ta vie.

               Une fois prêtre, ton désir missionnaire t’a envoyé, en 1947, comme formateur au Séminaire St-Eugène en Algérie.  Quatre ans plus tard, tu te retrouves comme missionnaire itinérant à travers ce pays où la foi catholique était bien vivante. Ta relation humaine très proche des personnes rencontrées t’a permis non seulement de suivre le Christ mais d’aider les autres à emprunter ce même chemin. Comme missionnaire, il faut savoir écouter les personnes rencontrées pour leur permettre de faire un pas de plus dans l’accueil du Dieu Amour.  L’exemple de saint Vincent t’a souvent inspiré dans ce sens.

               Mais tu as aussi vécu ces moments de trouble et de changement où il fallait aider et soutenir tous ceux et celles qui souffraient physiquement et moralement à travers les évènements vécus en Algérie. Alors que la Congrégation de la mission était bien vivante, tu as du assurer comme Visiteur le changement  de cette province alors que les européens quittaient les uns après les autres cette région du globe. En 1962, tu es nommé Visiteur de la Province d’Alger. Après 18 ans de présence dans ce pays magnifique tu es appelé à assumer le service de Visiteur de la Province de Paris. Nous sommes en 1965. C’est un autre service, une autre adaptation à réaliser car en France Mai 68 va bousculer les sécurités et les manières de faire. Je sais par expérience que cela n’est pas simple de faire prendre le virage à une Province qui a sa vitesse de croisière et sa manière de faire.
               Étudiant en théologie à cette époque, je me rends compte qu’il t’a fallu de la patience, de la persévérance pour permettre à la Province de garder le cap pour tout en restant fidèle à l’Esprit de Saint Vincent,  trouver d’autres manières de réaliser  de la mission.

               Ce passage de l’Évangile entendu «si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.»

               Tu n’as pas craint comme visiteur de te rendre dans chaque communauté pour apporter un soutien fraternel à chaque confrère que tu pouvais rencontrer. Un mot aimable, souriant parfois ferme permettait aux uns et autres d’assumer leur vie missionnaire.

               Depuis 25 ans, à l’école de Villebon, ton dernier poste,  tu savais t’intéresser à la vie des jeunes, même si ta mémoire te faisait défaut, tu savais apporter un mot d’encouragement d’intérêt à celui qui était en face.

               Que notre prière auprès de Dieu Amour nous aide nous aussi à poursuivre notre mission.

               Je vous lis son testament spirituel que nous avons trouvé  qui résume bien sa vie :

 «J’ai toujours été heureux dans mon sacerdoce et dans les tâches que l’on m’a confiées. Je regrette de n’avoir pas toujours correspondu aux grâces dont le Seigneur m’a comblé, et aux appels qui venaient de ceux et celles qui attendaient davantage de mon dévouement.
J’ai toujours été heureux dans la Compagnie qui m’a donné 100 fois plus que je lui ai rendu.
Je remercie infiniment tous les membres de ma famille, ma mère disparue trop tôt mais si sainte ; mon père, toujours si bon, ma sœur Reine et mon frère Jean Marie et leur famille pour l’affection qu’ils m’ont témoignée sans lassitude.
Je remercie tous mes amis
Je remercie tous mes maîtres et tous les confrères qui ont pris leur part dans mes joies et mes soucis.
Je demande pardon à tous ceux et celles que j’ai pu contrister par un manque d’égard, de serviabilité et de compréhension,
Je demande pardon aux pauvres que j’ai négligés et à qui j’aurais voulu davantage livrer le meilleur de moi-même.»

               Demandons au Seigneur de savoir, son exemple, donner le meilleur de nous-mêmes car nous acceptons de nous mettre à la suite du Christ, présent dans cette eucharistie.

Pierre Cornée
Visiteur de Paris

CV du Père PASQUEREAU
Hommage
de M. Serge VICART, Directeur du Lycée de l'Ile-de-France à Villebon-sur-Yvette