Jean-Marie  LE GENTIL cm.

Jean-Marie, Alfred LEGENTIL

Né le 22 août 1925 à VILLERS-BRETONNEUX
(Somme) Diocèse d'AMIENS
        de Paul
        et de Marie DUSUEL.

Décédé le 1er Mai 2006, au Centre de Retraite Médicalisé à Paris.

Années de formation :

Études secondaires : École apostolique de GENTILLY (sauf année : 1940-1941)
Entrée dans la Congrégation : 16 octobre 1944 à DAX
Vœux : 27 septembre 1947 à PARIS (P. SLATTERY)
Tonsure : 29 juin 1949 à PARIS (Mgr LEMAIRE)
1ers Mineurs : 30 juin 1949 à PARIS (Mgr LEMAIRE)
2ds Mineurs : 30 juin 1950, à DAX (Mgr MATHIEU)
Sous-diaconat : 30 juin 1951, à DAX (Mgr MATHIEU)
Diaconat : 11 octobre 1951, à DAX (Mgr MATHIEU)
Prêtrise : 08 mars 1952 à DAX (Mgr MATHIEU)

Placements :

1952 : ROME, études
1954 : TROYES, Grand Séminaire
1960 : KOUBA (Alger), Grand Séminaire
1966 : PARIS, Scolasticat CM, professeur
1969 : POITIERS, 1er cycle CM, Grand Séminaire
1970 : AMIENS, Ste Anne
1974 : PARIS, Maison-Mère
1976 : AMIENS, aumônier hôpital
1992 : AMIENS, en retraite
1999 : PARIS, Maison-Mère
2001 : PARIS, Centre de Retraite Médicalisé.

Est décédé le 1er Mai 2006, au Centre de Retraite Médicalisé à Paris.

        Le Père LEGENTIL était titulaire d'un Doctorat en Théologie, obtenu à la Faculté de Théologie de l'Angelicum de Rome, pour une thèse sur «Le rôle de la volonté dans le cheminement de la foi et d'après les sermons du Cardinal NEWMAN»,
310 pp. dactylographiées.
   

                         (voir le sommaire de la thèse)

HOMÉLIE

Jeudi 4 Mai 2006, à la messe de funérailles du P. Jean-Marie LE GENTIL

Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi. (Jean 6/44)

              Après avoir découvert cette foule, attirée par le signe extraordinaire qu’a été la multiplication des pains, Jésus livre un commentaire, des réflexions et un enseignement sur le vrai pain de vie.  Cette parole de Jésus à la foule vient éclairer notre célébration autour du Père Jean-Marie LE GENTIL.

              Comme vous le savez, différentes missions d’Eglise furent confiées à Jean-Marie, celle d’étudier, celle d’enseigner et celle d’accompagner. Et voici que sa dernière mission s’est accomplie, elle s’est terminée Lundi matin au Centre de Retraite Médicalisé, en ce début de cette semaine qui nous conduit vers la journée de prière pour les vocations.

              Dans l’Évangile de Saint Jean, le commentaire de Jésus fait suite à des réflexions déplaisantes concernant ses origines, elles ont été murmurées dans le dos par quelques adversaires. Et avec méthode, en trois points, Jésus élève le débat vers l’action de Dieu, l’action de son Père qui attire pour aller vers Jésus. Jésus fait découvrir tout d’abord combien l’amour de Dieu pour l’humanité est grand, immense. Ensuite, Jésus rappelle qu’on ne peut s’opposer à cette attraction qui vient de son Père : «Dans les prophètes, il a été écrit : Tous seront instruits par Dieu. ». Et enfin, il souligne l’importance de l’écoute de son Père : «Quiconque a entendu ce qui vient du Père et reçoit son enseignement, vient à moi.»

              Envoyé poursuivre ses études à Rome, après avoir été ordonné prêtre en mars 1952, le Père Jean-Marie LE GENTIL est entré en recherche pour une meilleure compréhension de la Foi chrétienne. Il a aimé lire, découvrir et décortiquer à la fois les auteurs chrétiens et ceux qui étaient à l’opposé de la pensée chrétienne. Et ce qu’il découvrait, il l’a partagé avec les  séminaristes de Troyes, de Kouba en Algérie, à Paris et à Poitiers, tout en traversant les crises et les contestations du monde dont les séminaristes donnaient l’écho ou étaient eux-mêmes parfois l’écho.

              Le Père Jean-Marie a toujours pris au sérieux la formation des futurs prêtres. Il a toujours accompli cette tâche au sein d’une équipe professorale, car dans les coulisses d’une formation vers le sacerdoce, il est important d’avoir une équipe d’éducateurs. Et je crois pouvoir témoigner qu’il aimait les confrères qu’il a fréquentés dans les Séminaires.

              C’est la formation et la réflexion philosophique des séminaristes qui lui ont été confiées. Ses étudiants, dont font partie certains d’entre nous gardent le souvenir de ses cours structurés, qui ont permis d’avoir des outils pour mieux comprendre les hommes, leurs religions, d’analyser leurs points de vue si divers, d’acquérir de la méthode pour l’accomplissement de leurs offices et services.

              Ce travail est celui d’un missionnaire évangélique, d’un disciple du Christ,  qui est de faire ce que le Christ a fait, nous dirait Saint Vincent de Paul, et d’autant, ajoutent les Règles Communes, que la petite Congrégation de la Mission désire imiter le même Jésus-Christ Notre Seigneur, selon son petit possible.

               Paraphrasant le Prophète Isaïe, Jésus rappelle que «Tous seront instruits par Dieu.». Jésus a ouvert et continuent d’ouvrir toutes grandes les portes du salut, pour que tous les hommes puissent être attirés par son Père.

              Lorsqu’il a été appelé à rejoindre la communauté Ste Anne à Amiens, Jean-Marie s’est vu confié une mission d’aumônier d’hôpital. Ce fut sa période St Charles. Au chevet des malades âgés, en fin de vie, il avait à donner du sens aux derniers instants, aux derniers jours d’hommes et de femmes de toutes conditions, avec des médecins et des infirmières et d’autres personnes visiteurs de malades. C’est un travail de délicatesse et de discrétion chrétienne, qui fait partie intégrante de la vie chrétienne, de la vie de toute l’Eglise. Jésus ne dit-il pas ? «J’étais malade, et vous êtes venus jusqu’à moi. » Mais Jean-Marie ne s’est pas contenté du soutien aux malades, il était là aussi pour donner du sens, pour révéler du sens dans la vie du personnel soignant. Dans un monde où les idées s’entrechoquent, il a mis ses compétences de philosophe au service de la santé. Ses réflexions et ses participations, en tant que représentant de l’éthique chrétienne, furent très appréciées par les médecins et les infirmières, à l’hôpital St Charles ou à St Victor à Amiens.

              Jean-Marie était prêtre dans la Congrégation de la Mission. Cela ne l’a pas coupé de ses origines familiales. Il a profité de ses capacités pour fouiller dans ses origines. Il était heureux d’avoir retrouvé des traces familiales, notamment à Villers-Bretonneux dans la Somme, et d’avoir renoué des liens, même très lointains avec des cousins et cousines, et d’avoir refait son arbre généalogique.

              Jean-Marie était prêtre, ce qui veut dire que l’Eucharistie était au cœur de sa vie d’homme. Aujourd’hui, la parole de Jésus de l’évangile d’aujourd’hui, lui va comme un gant : «Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité.» En regardant la vie de notre confrère, je me dis que si le signe eucharistique, pain de vie, nourriture, est important pour vivre dans la communion au Christ, Jésus, Pain de Vie, donne aussi l’immortalité à celui qui se nourrit de sa parole, à celui qui lui donne sa foi, à celui qui intériorise sa parole et en assimile ainsi la vie.

              Et je voudrai terminer en citant la prière du cardinal Newman dont Jean-Marie a étudié la pensée à Rome dans sa thèse de doctorat. Prière qu’il a rencontrée dans son étude :

Seigneur Jésus,
inonde-moi de ton Esprit et de ta vie.
Prends possession de tout mon être
pour que ma vie ne soit qu'un reflet de la tienne

Rayonne à travers moi, habite en moi,
et tous ceux que je rencontrerai
pourront sentir ta Présence auprès de moi,
en me regardant ils ne verront plus que Toi seul, Seigneur!

Demeure en moi et alors je pourrai,
comme Toi, rayonner,
au point d'être à mon tour
une lumière pour les autres,
lumière, Seigneur,
qui émanera complètement de Toi,
c'est Toi qui, à travers moi,
illuminera les autres.

Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire,
la louange que tu préfères,
en te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent.
Par la plénitude éclatante de l'amour
que te porte mon cœur. Amen.

Cardinal Newman

Que cette prière soit la sienne et aussi la nôtre.

Philippe Lamblin, cm