Pierre, Marie-Paul, H A H N
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———————————————————————— Homélie aux funérailles du Père Pierre HAHN, Lorsque dimanche matin j’apprenais le départ vers le Seigneur de notre confrère le Père Pierre HAHN, je venais de lire l’évangile où le Christ apparaissait à ses apôtres et leur disait «la paix soit avec vous» et ceci à deux reprises et même une troisième fois lorsque Thomas fut présent. Ensuite le Christ Vivant donnait aux apôtres un geste d’amour par excellence celui de pardonner : «recevez l’Esprit Saint, tout homme à qui vous remettrez ses péchés ils lui seront remis : tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus». (Jn XX 19ss) Dans les Actes des apôtres (V 17ss) que nous venons d’entendre : les apôtres sont arrêtés car ils annoncent la Parole de Dieu et ils enseignent la résurrection du Christ Je ne sais si notre confrère a connu la prison en Chine, de 1938 à 1950 où il a missionné, mais je n’aurai pas de mal à imaginer, vu son tempérament, qu’il aurait agi comme les apôtres. Toute sa vie, le Père HAHN n’a eu d’autre souci que d’annoncer la Bonne Nouvelle et de pardonner au nom du Christ. C’est bien la mission du prêtre, annonce, pardon au nom du Christ, accompagner ceux qui sont sur notre route. Et cela il a essayé de le vivre à travers toutes les missions qui lui ont été confiées. Son tempérament entreprenant lui a donné quelques soucis et même quelques souffrances, parfois il pouvait avoir des réactions un peu vives mais sa disponibilité totale pour la mission le motivait et lui permettait de garder un cœur de jeune. Certains parmis nous l’avaient surnommé le «routard de l’évangile». En effet, un an après son retour de Chine, il est allé à Thessalonique pendant 4 ans. Ensuite le Chili l’a accueilli de 1955 à 1980 d’où il revint définitivement en France, avec un petit séjour au Cameroun de 1981 à 1983. Mais son cœur restait à la mission ad gentes. Il y a quelques années, alors que la cécité l’avait atteint et qu’il avait dépassé les 85 printemps, il me demandait d’aller en mission. Je lui faisais remarquer que je ne voyais pas comment il pourrait faire n’étant pas autonome pour se déplacer, il me répondit avec un sérieux que «sa voix n’était pas atteinte», donc il pouvait prêcher, en Chine sans doute avait-il quelqu’un du pays pour l’accompagner. Sa vie missionnaire n’a pas eu de frontière, s’il était disponible pour la Chine, lorsque cela n’a plus été possible, sans difficulté il allait où les responsables l’envoyait avec toujours le même but : annoncer un Christ vivant et amour. C’était le témoignage de sa foi qui faisait l’unité de sa vie que ce soit en Chine, en France, en Grèce, au Chili, au Cameroun. Cette foi, il l’a reçu du Seigneur mais sans doute aussi de sa famille puisque un de ses frères était également Lazariste et il avait une sœur Fille de la Charité. Lorsque sa mémoire l’a abandonné, il a du se rendre à notre maison médicalisée. Là, il a continué à aider les sœurs en poussant le chariot pour le café, il aimait se retrouver avec les autres pour l’Eucharistie et du chapelet. Pour moi, le Père Hahn était un homme de prière, de fidélité à sa vocation, tout donné au Seigneur. Je trouve que le psaume 33 proposé par la liturgie d’aujourd’hui lui convient bien : «quand un pauvre appelle, le Seigneur entend, L’évangile se terminait ainsi : «celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu» Il me semble que ces quelques phrases résument bien la vie de celui que nous confions à la miséricorde du Seigneur qu’il a aimé et servi avec zèle. Pierre Cornée
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