Pierre, Marie-Paul, H A H N
le “Routard de l'Évangile”

Né le 13 août 1910 à PANTIN (Seine) diocèse de PARIS
            de Nicolas
            et de Julie-Félicité NECESSON.

Décédé à Paris, au Centre Médicalisé, le 23 avril, dimanche de la Pâques grecque.

Ces obsèques ont eu lieu le mercredi 26 avril en la Chapelle de la Maison-Mère à Paris.

Années de formation :

Études secondaires à l'École apostolique de GENTILLY
Entrée dans la Congrégation : 27 juillet 1930 à PARIS
Vœux :   07 octobre 1933 à PARIS (Mr CASTELIN)
Tonsure et 1ers Mineurs : 28 juin 1935 à DAX (Mgr MATHIEU)
2èmes Mineurs : 05 juillet 1936 à DAX (Mgr MATHIEU)
Sous-diaconat : 04 juillet 1937 à DAX (Mgr MATHIEU)
Diaconat : 18 décembre 1937 à DAX (Mgr MATHIEU)
Prêtrise : 03 juillet 1938, à DAX (Mgr MATHIEU)

Différents placements :

1938 : en CHINE
1939 : PÉKIN
1944 : THE-KIA: TEHOANG (THEGTINDFU)
1950 : GENTILLY (École apostolique)
1951 :  THÉSALONIQUE
1954 :  PARIS, Maison-Mère
1955 : GRANEROS (Chili)
1967 :  SANTIAGO
1969 : LOS SAUCES
1980 :  PARIS, Maison-Mère
1981 :  NSIMALEN (Cameroun)
1983 :  PARIS, Maison-Mère ; Ste Foy-de-Belves (24), Bouzonville (57)
1990 : PARIS, Maison-Mère
2001 :  PARIS, Centre de Retraite Médicalisé.

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Homélie aux funérailles du Père Pierre HAHN,
le 26 avril 2006

            Lorsque dimanche matin j’apprenais le départ vers le Seigneur de notre confrère le Père Pierre HAHN, je venais de lire l’évangile où le Christ apparaissait à ses apôtres et leur disait «la paix soit avec vous» et ceci à deux reprises et même une troisième fois lorsque Thomas fut présent. Ensuite le Christ Vivant donnait aux apôtres un geste d’amour par excellence celui de pardonner :  «recevez l’Esprit Saint, tout homme à qui vous remettrez ses péchés ils lui seront remis : tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus». (Jn XX 19ss)

            Dans les Actes des apôtres (V 17ss) que nous venons d’entendre : les apôtres  sont arrêtés car ils annoncent la Parole de Dieu et ils enseignent la résurrection du Christ 

            Je ne sais si notre confrère a connu la prison en Chine, de 1938 à 1950 où il a missionné, mais je n’aurai pas de mal à imaginer, vu son tempérament, qu’il aurait agi comme les apôtres.

            Toute sa vie, le Père HAHN n’a eu d’autre souci que d’annoncer la Bonne Nouvelle et de pardonner au nom du Christ. C’est bien la mission du prêtre, annonce, pardon au nom du Christ, accompagner ceux qui sont sur notre route.  Et cela  il a essayé de le vivre à travers toutes les missions qui lui ont été confiées. Son tempérament entreprenant lui a donné quelques soucis et même quelques souffrances, parfois il pouvait avoir des réactions un peu vives  mais sa disponibilité totale pour la mission le motivait et lui permettait de garder un cœur de jeune. Certains parmis nous l’avaient surnommé le «routard de l’évangile». En effet, un an après son retour de Chine, il est allé à Thessalonique pendant 4 ans. Ensuite le Chili l’a accueilli de 1955 à 1980 d’où il revint définitivement en France, avec un petit séjour au Cameroun de 1981 à 1983. Mais son cœur restait à la mission ad gentes.  Il y a quelques années, alors que la cécité l’avait atteint et qu’il avait dépassé les 85 printemps, il me demandait d’aller en mission. Je lui faisais remarquer que je ne voyais pas comment il pourrait faire n’étant pas autonome pour se déplacer, il me répondit avec un sérieux que «sa voix n’était pas atteinte»,  donc il pouvait  prêcher, en Chine sans doute avait-il quelqu’un du pays pour l’accompagner.

            Sa vie missionnaire n’a pas eu de frontière, s’il était disponible pour la Chine, lorsque cela n’a plus été possible, sans difficulté il allait où les responsables l’envoyait avec toujours le même but : annoncer un Christ vivant et amour.

            C’était le témoignage de sa foi qui faisait l’unité de sa vie que ce soit en Chine, en France, en Grèce, au Chili, au Cameroun. Cette foi, il l’a reçu du Seigneur mais sans doute aussi de sa famille puisque un de ses frères était également Lazariste et il avait une sœur Fille de la Charité.

            Lorsque sa mémoire l’a abandonné, il a du se rendre à notre maison médicalisée. Là, il a continué à aider les sœurs en poussant le chariot pour le café, il aimait se retrouver avec les autres pour l’Eucharistie et du chapelet.

            Pour moi, le Père Hahn était un homme de prière, de fidélité à sa vocation, tout donné au Seigneur.

            Je trouve que le psaume 33 proposé par la liturgie d’aujourd’hui lui convient bien : «quand un pauvre appelle, le Seigneur entend,
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres,
Je me glorifierai dans le Seigneur,
Que les pauvres m’entendent et soient en fête….. »

            L’évangile se terminait ainsi : «celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu»

            Il me semble que ces quelques phrases résument bien la vie de celui que nous confions à la miséricorde du Seigneur qu’il a aimé et servi avec zèle.

Pierre Cornée

Ultima verba :

Les derniers jours de sa vie, le Père Hahn a révélé la profondeur et la simplicité de sa vie spitiuelle.
Voici quelques uns de ces mots recueillis par un confrère :

• En regardant le crucifix des ses vœux : “Seigneur, tu m'aimes et moi je t'aime ; à nous deux l'amour est grand.”

• Demain, lui dit-on, c'est le dimanche des Rameaux, l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et le commencement de la Semaine Sainte : “Bientôt c'est moi qui vais vivre mon entrée tiomphale pour rencontrer le Père.”

• Vendredi Saint, après le chemin de Croix : “Bientôt ce sera mon tour de mourir, c'est chose normale ; il faut mourir pour voir Jésus et ressuscité dans la gloire.”

• Dimanche de Pâques : À quelqu'un qui lui souhaitait une bonne fête de Pâques, il répond : “La mienne approche.»

• Deux Frères qui l'entourent prient avec lui un Notre Père et un Je vous salue Marie : Tout le temps de cette prière, le Père Hahn ne cesse de sourire.

• Après avoir reçu le Sacrement des Malades, le Père ajoute : “C'est le ciel !”

• Le Père Hahn aimait à chantonner un air connu. Durant les derniers jours, il fredonnait toujours “Tu es là au cœur de nos vies...” Ce fut le chant d'entrée de la messe des funérailles.

         
             Le Père Hahn aux Tuilleries                                                             Dans sa chambre à St-Lazare