La Mission en Papouasie-Nouvelle-GuinéeNouvelles du Père Jacques GROS cm. Les nouvelles en PNG (Papoua - New Guinea) : côté CM, nous sommes maintenant trois confrères dans le diocèse Daru-Kiunga (tous trois de la Province de Surabaya) et trois confrères au grand séminaire de Port-Moresbry (un Philippin, un Colombien et un gars de St Domingue). En fait, je n'ai pas encore rencontré les deux confrères d'Amérique Latine (et celui des Philippines, je ne l'ai vu qu'une fois, en 2002), le voyage de Kiunga à Port-Moresbry est excessivement cher, un luxe ! J'ignore comment je rejoindrais l'Europe, en avril prochain. Je peux le faire par le Nord : Vanineo -- Jayapura -- Surabaya et ensuite Singapour...etc. Ou par le Nord : Port-Moresbry -- Singapour... etc. (la voie par le Sud est plus directe, plus onéreuse ; je souhaite aussi rencontrer mon Visiteur le frère Théo, hollandais, très actif pour la défense des droits de l'homme et aussi à Jakarta où j'ai beaucoup d'amis. La route Port-Moresbry - Singapour - Jakarta est trop expansive...) Mais nous déciderons de cela plus tard.
Côté travail apostolique et vie du diocèse : je suis toujours en charge des camps (illégaux) de la frontière. Edi, curé d'une paroisse locale (Matkomereu) devant remplacer pendant un an une soeur malgache (Fille de la Sagesse), chargée de la formation des vocations au niveau du diocèse, s'est donc vu donner un vicaire, Supri, prêtre lazariste javanais, ordonné en 2003. Nous avons fêté ensemble le 25 janvier, avec prolongation pour prier, échanger et nous réjouir ensemble. Edi vient de suivre un stage de trois semaines à Goroka : initiation à la culture mélanésienne. L'un des principaux intervenants était le Père France Zocca, un SDV italien qui a travaillé quinze ans à Florès (Indonésie) et connaît bien la situation des réfugiés de Papouasie occidentale. Cette session a eu lieu à l'Institut Mélanésien, avec présence de catholiques, d'anglicans, de luthériens et de United Church (les quatre principales dénominations chrétiens en PNG ; en sus de ces grandes Églises, il y a une centaine de sectes en PNG, mais ces sectes n'ont que faire de l' inculturation , ce qui ne les empêche pas de progresser à grande vitesse alors que les quatre grandes stagnent ou régressent...). Parmi les sessionistes, il y avait dix indonésiens (36 participants). En février prochain (21-22 février) inauguration de la nouvelle cathédrale à Kiunga : le grand branle-bas de combat !! Chaque village prépare des danses, etc. Il y aura des gens qui viendront de Papouasie Occidentale pour assister à des festivités. Comme chaque année, il y a un contingent de gens qui quittent le diocèse, leur contrat étant terminé et un contingent de nouveaux ; c'est la rançon du système actuel , c'est-à-dire missionnaire pour une période de trois ans. Certains (comme moi) renouvellent le contrat indéfiniment ; d'autres (la majorité) quittent les lieux, le contrat terminé. Ça vaut des "expatriés" (Indiens, Philippins... etc.) comme des locaux (soeurs ou prêtres d'autres provinces de PNG). Ça a de bons côtés, à savoir des visages nouveaux. Ça a d'évidents inconvénients, à savoir repartir à neuf chaque fois. Économiquement, la PNG s'enlise. Elle est en passe de devenir comme l'Afrique pour le SIDA ; le banditisme y est rampant et la corruption florissante ; politiquement, grande instabilité. Mais les gens sont merveilleux. En Papouasie Occidentale (territoire indonésien) l'armée continue à entretenir un climat d'insécurité pour pouvoir garder les commandes ; Jakarta se moque éperdument des sentiments des Papous... et les Papous eux-mêmes, attirés par les "miroirs aux alouettes" deviennent de experts de la corruption. Cette année, élections générales en Indonésie. Espérons que ça se passera sans trop de sang...
Jacques GROS |
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