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Homélie
du Père Pierre CORNÉE, Visiteur de Paris, «Depuis longtemps le
Seigneur préparait la route pour que le Frère Joseph rejoigne
le Père. Vendredi matin vers 4 heures le Seigneur invitait notre
confrère à découvrir toute la grandeur de Dieu ainsi
que la véritable vie. Certes, il y a longtemps que
ce jour était attendu et espéré. Au mois daoût
, avec la canicule, le frère souffrait de sa jambe et il fallait
toute la patience et la délicatesse de Sur Josette ou de
Mademoiselle Dord pour quil accepte de se soigner. Son remède
miracle (leau de javel) ne suffisait pas à atténuer
sa douleur. Le frère Joseph était
un homme de caractère et entier. Il ne supportait pas les demies-mesures.
Cétait un homme de prière et de travail Cétait
tout le programme de sa vie de frère de la Congrégation
de la Mission. Ces deux mots, prière
et travail, vous les avez entendus dès que, après avoir
durant lété de 1935 quitté votre patrie, le
Portugal, vous êtes arrivé à Paris et y avez commencé
votre postulat. Un an plus tard, le 1er juillet
1936, vous avez revêtu lhabit de Frère de la Mission
et accepté le programme de vie dont les détails vous avez
été expliqués. Une vie doraison mais aussi
de labeur. Vous navez jamais quitté lun au détriment
de lautre. Votre vie a été
une vie de fidélité toute donnée à Dieu et
toute donnée aux tâches matérielles qui vous étaient
confiées. Cela a été vrai dans les différents
placements que vous avez connu. Tout dabord à la Maison Mère,
où par vos vux, le 06 juillet 1938, vous vous êtes
engagé définitivement dans la famille de Saint Vincent,
puis à Dax durant treize ans (1942-1955) ; en septembre de cette
année 1955, vous êtes arrivé à Chantepie, à
lEcole Apostolique dont vous avez été lhabile
jardinier jusquen 1969 ; a nouveau vous vous trouvez à la
Maison Mère pour différents tâches et trois ans plus
tard, en 1972, lEcole Apostolique de Bondues a bénéficié
de votre savoir faire de jardinier et de réfectorier jusquau
jour où lâge et la fatigue ont nécessité
votre placement au Centre Médicalisé. Frère Joseph, je vous
ai connu à Bondues et jai encore bien présent en mémoire,
votre patience pour que les branches des arbres prennent telle tournure,
pour quune greffe puisse prendre vous saviez faire un mélange
savant. Il nétait pas question que nous allions toucher à
vos arbres
Isaïe nous rappelait dans la première lecture
" toute créature est comme lherbe, toute sa grâce
est comme la fleur des champs : lherbe se dessèche et la
fleur se fane quand passe le souffle du Seigneur. En effet, le peuple
est comme lherbe. Lherbe se dessèche et la fleur, se
fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours/ Cette parole de Dieu vous la
méditiez à chaque moment. Votre surdité vous arrangeait
bien pour rester dans votre monde. Cela ne vous empêchait pas de
regardez le journal et den vouloir aux nuages de Tchernobyl qui
passaient les frontières. Lorsque vous avez été obligé darrêter vos activités physiques, vous mavez demandé de venir rejoindre la Maison médicalisée en 1993. Mais vous avez continuer à prier le Seigneur et la Vierge Marie pour vous-même, votre famille et la Province. Par là, vous avez aidé la Province de Paris à servir lEglise et la Mission. Aujourdhui le Père est venu vous chercher non pas comme la brebis égaré mais comme un serviteur bon et fidèle dans le don de sa vie.» Pierre CORNÉE cm |