Homélie du Père Pierre CORNÉE, Visiteur de Paris,
aux obsèques du
Frère Joseph FERNANDEZ
le 9 décembre 2003, à la Maison-Mère.

«Depuis longtemps le Seigneur préparait la route pour que le Frère Joseph rejoigne le Père. Vendredi matin vers 4 heures le Seigneur invitait notre confrère à découvrir toute la grandeur de Dieu ainsi que la véritable vie.

Certes, il y a longtemps que ce jour était attendu et espéré. Au mois d’août , avec la canicule, le frère souffrait de sa jambe et il fallait toute la patience et la délicatesse de Sœur Josette ou de Mademoiselle Dord pour qu’il accepte de se soigner. Son remède miracle (l’eau de javel) ne suffisait pas à atténuer sa douleur.

Le frère Joseph était un homme de caractère et entier. Il ne supportait pas les demies-mesures. C’était un homme de prière et de travail C’était tout le programme de sa vie de frère de la Congrégation de la Mission.

Ces deux mots, prière et travail, vous les avez entendus dès que, après avoir durant l’été de 1935 quitté votre patrie, le Portugal, vous êtes arrivé à Paris et y avez commencé votre postulat.

Un an plus tard, le 1er juillet 1936, vous avez revêtu l’habit de Frère de la Mission et accepté le programme de vie dont les détails vous avez été expliqués. Une vie d’oraison mais aussi de labeur. Vous n’avez jamais quitté l’un au détriment de l’autre.

Votre vie a été une vie de fidélité toute donnée à Dieu et toute donnée aux tâches matérielles qui vous étaient confiées. Cela a été vrai dans les différents placements que vous avez connu. Tout d’abord à la Maison Mère, où par vos vœux, le 06 juillet 1938, vous vous êtes engagé définitivement dans la famille de Saint Vincent, puis à Dax durant treize ans (1942-1955) ; en septembre de cette année 1955, vous êtes arrivé à Chantepie, à l’Ecole Apostolique dont vous avez été l’habile jardinier jusqu’en 1969 ; a nouveau vous vous trouvez à la Maison Mère pour différents tâches et trois ans plus tard, en 1972, l’Ecole Apostolique de Bondues a bénéficié de votre savoir faire de jardinier et de réfectorier jusqu’au jour où l’âge et la fatigue ont nécessité votre placement au Centre Médicalisé.

Frère Joseph, je vous ai connu à Bondues et j’ai encore bien présent en mémoire, votre patience pour que les branches des arbres prennent telle tournure, pour qu’une greffe puisse prendre vous saviez faire un mélange savant. Il n’était pas question que nous allions toucher à vos arbres… Isaïe nous rappelait dans la première lecture " toute créature est comme l’herbe, toute sa grâce est comme la fleur des champs : l’herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe le souffle du Seigneur. En effet, le peuple est comme l’herbe. L’herbe se dessèche et la fleur, se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours/

Cette parole de Dieu vous la méditiez à chaque moment. Votre surdité vous arrangeait bien pour rester dans votre monde. Cela ne vous empêchait pas de regardez le journal et d’en vouloir aux nuages de Tchernobyl qui passaient les frontières.

Lorsque vous avez été obligé d’arrêter vos activités physiques, vous m’avez demandé de venir rejoindre la Maison médicalisée en 1993. Mais vous avez continuer à prier le Seigneur et la Vierge Marie pour vous-même, votre famille et la Province. Par là, vous avez aidé la Province de Paris à servir l’Eglise et la Mission. Aujourd’hui le Père est venu vous chercher non pas comme la brebis égaré mais comme un serviteur bon et fidèle dans le don de sa vie.»

Pierre CORNÉE cm