Ordination diaconale
de Pascal BREMAUD, cm

par Mgr Pascal DELANNOY
Evêque auxiliaire de Lille

Eglise St-Vaast de Bondues

Samedi 16 octobre 2004

Une quinzaine de Confrères et d'étudiants de la Mission entouraient Pascal à la cérémonie d'ordination diaconale. Le choix de la paroisse de Bondues voulait favoriser les liens entre celle-ci et la maison des Missionnaires. L'accueil fut très chaleureux. Monsieur le Curé avait voulu en faire la fête de "l'appel" et de la vocation en général. La chorale fut briante, les enfants de chœur firent beaucoup de fumée d'encens.
Monseigneur Pascal DELANNOY, nouvel Evêque auxiliaire de Lille, célébrait une ordination pour la première fois ; on trouve ci-après son homélie. Ce fut une célébration magnifique, bien préparée et très dense.Famille de Pascal, paroissiens, Filles de la Charité du Nord portaient le nouveau diacre dans la prière et l'affection. Avant la dispersion, Marcus MONN, supérieur de Bondues, dit aux paroissiens ce qu'était le travail missionnaire de l'équipe et les liens que ces derniers voulaient garder avec la paroisse St-Vaast.

Toute l'assemblée fut invitée à un verre de l'amitié à la salle des fêtes.

 

La famille de Pascal, les confrères étaient invités à un buffet plantureux et joyeux préparé à la maison de Bondues par Bruno NOVITSKI et Bernard CARTON.

 

 

 

Pascal avec sa maman, sa famille et ses amis.

Homélie de Monseigneur Pascal DELANNOY :

Lectures du 29ème dimanche année C.

               L'Evangile que nous venons d'écouter nous trace le portrait d'un "juge sans justice". Un juge qui ne respecte pas Dieu et qui se moque des hommes. Ce portrait est aux antipodes du ministère diaconal. Car finalement, qu'est ce qu'un diacre sinon celui qui respecte Dieu tout en ne se moquant pas des hommes ?

               Respecter Dieu, c'est d'abord l'aimer pour lui-même, pour ce qu'il est. C'est le considérer comme un proche et non pas comme quelqu'un qui serait étranger à nos vies. A ce proche nous aimons confier nos inquiétudes et nos joies, nos souffrances et nos espoirs, mais aussi les inquiétudes et les joies, les souffrances et les espoirs de notre monde.  Nous nous confions à Dieu, parce que nous sommes habités par la foi qui est proclamée dans le psaume que nous avons chanté : Dieu est fidèle, il ne nous abandonne pas.

               Respecter Dieu, c'est aussi se mettre à l'écoute de sa parole, en acceptant que cette parole vienne nous déranger, nous bousculer, car la parole de Dieu ne recouvre pas toujours nos points de vue ou nos idées. Mesurons bien les mots que Paul adressait à Timothée : "l'Ecriture est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice".

               Ne pas se moquer des hommes, c'est se rappeler sans cesse de l'éminente dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort. Ne pas se moquer des hommes, c'est donc veiller à ce que chacun puisse avoir des conditions de vie qui respectent sa dignité. Pour nous, chrétiens, l'éducation, le travail, la santé, le logement, ne sont pas seulement affaire de droits, ils sont d'abord affaire de solidarité et de charité.

               Ne pas se moquer des hommes, c'est aussi servir l'homme dans sa dimension spirituelle en lui laissant entrevoir qu'au-delà d'une société de consommation qui pousse toujours à la fuite en avant, seule la relation à autrui donne sens à une vie ! Pour respecter Dieu et ne pas se moquer des hommes, les baptisés ont besoin du ministère diaconal.

               Des diacres qui réveillent ou qui éveillent notre attention aux détresses du monde. Ces détresses, parfois toutes proches de nous, et qui ont pour noms pauvreté, isolement, maladie, souffrance, exclusion…  Oui, Pascal, avec vos frères diacres, réveillez-nous afin que nos communautés d'Eglise soient signes du Christ Serviteur !

               Nous avons besoin de diacres qui par leur présence à l'autel nous rappellent que le mystère Pascal s'inscrit dans chacune de nos vies. Auprès de l'autel, le diacre n'est pas, comme on l'entend dire quelque fois, un "super" enfant de chœur. Par sa présence auprès de l'autel, et en raison de son ordination qui le configure au Christ serviteur, le diacre rappelle le lien qui existe entre nos vies et l'eucharistie que nous célébrons.

               Nous avons besoin de diacres qui nous encouragent, qui soutiennent non seulement nos bras,  comme étaient autrefois soutenus les bras de Moïse, mais également nos cœurs et nos intelligences en proclamant la Parole, en intervenant à temps et à contre temps… mais disait St Paul, avec une grande patience et le souci d'instruire !

               Mais revenons à l'Evangile. Je voudrais ce soir aller jusqu'au bout des paroles prononcées par le juge : "Il veut rendre justice à cette femme qui l'importune afin qu'elle ne lui casse plus la tête". Je pense que le diacre, lui, ne cesse de se "casser la tête" afin que l'Evangile transfigure notre humanité. Je ne prétendrai pas, surtout ce soir, être un spécialiste de St Vincent de Paul, mais il me semble que durant toute sa vie il s'est "cassé la tête" afin que l'humanité soit transfigurée par l'Evangile.

               Finalement, St Vincent de Paul, ne pourrait-il pas être un modèle pour tous les diacres, lui qui a constamment uni l'amour de Dieu et l'amour du prochain ? Lui qui s'est "cassé la tête" afin que la charité ne soit pas qu'affaire de mots mais qu'elle se traduise aussi en initiatives et actions ? Lui qui a annoncé la parole de Dieu par ses prédications, conférences et entretiens ?

               Vous voyez Pascal, pour vivre votre diaconat, je ne vous propose pas comme modèle un illustre inconnu. Je vous invite tout simplement à vivre votre ministère diaconal dans la droite ligne de St Vincent de Paul ! A la suite du Christ, il vous envoie évangéliser les pauvres !

               AMEN !

+ Pascal DELANNOY
Evêque auxiliaire de Lille