Le Père Pierre CAPELA, 83 ans,
a rejoint la Mission du Ciel
le dimanche 19 décembre,
à l'Hôpital Georges-Pompidou, à Paris.

Ses obsèques ont eu lieu
le mercredi 22 décembre à 14h30,
à la Maison Mère de Paris.

Il a été inhumé
au Cimetière Montparnasse.


Capela

Homélie du Père Pierre CORNEE,                                                         le 22 décembre 04

       Nous avons garder les textes liturgiques d’aujourd’hui. Dans l'Evangile, le Magnificat que le Père Capela aimait dire souvent, pour rendre grâce au Seigneur pour une vie donnée ; c’est le sens que nous voulons donner à cette célébration.

       Lorsque nous regardons la vie d’un confrère, nous nous apercevons que Dieu agit à travers les êtres humains. La vie de Pierre Capela en est un exemple. 

       Aujourd’hui malgré la peine de la séparation d’un frère, d’un oncle et d’un confrère, j’ai envie également de rendre grâce au Seigneur d’avoir mis sur notre route Pierre Capela. Il fait à partie de l’équipe qui m’a permis de me forger à la Mission Itinérante, appelés aussi «Les Forains du Bon Dieu». J’ai été souvent avec lui sur le terrain.

       Sa vie a été apparemment toute banale et sans histoire particulière.

       Né le 15 juillet 1921, à Castres dans le Tarn. Il fit ses études à Prime-Combe et commença son séminaire Interne le 7 octobre 1941.
Il recevra l’ordination sacerdotale des mains de Monseigneur MATHIEU, le 16 avril 1949 avec les Pères Michel DUPONT et Pierre WILLEMET, ici présents et d’autres qui sont déjà auprès du Seigneur.

       Il aimait sa famille et ses amis, et aussi souvent que sa santé et son ministère le lui permettaient , il aimait aller à leurs rencontres, sans oublier qu’il venait certes comme ami, mais aussi comme prêtre. Son don total au Seigneur ne peut être mis en doute. 

       Dans la première lecture tirée du livre de Samuel, Anne rendait grâce au Seigneur de lui avoir donné une descendance. C’est une prière et un sacrifice de remerciement et d’action de grâce pour une vie donnée.

       Le Magnificat, suite de la Visitation, est également une prière d’action de grâces, car Marie, elle aussi, donnera la naissance au Sauveur. Là aussi une autre vie est annoncée, celle que nous allons célébrer dans quelques heures.

       Ces deux femmes sont témoins de l’action de Dieu dans leur vie. Le Manigificat est bien une prière de louange en remerciements de l’action de Dieu dans l’action de nos vies.

       Aujourd’hui, notre foi nous assure que Pierre est appelé à vivre de la vie divine, il contemple le Seigneur qui est venu le chercher dimanche dernier .

       A l’exemple de Marie, qu’il aimait prier, et à la suite de Saint Vincent, il a certainement à maintes reprises méditer cette phrase «le Seigneur m’a consacré, et il m’a envoyé évangéliser les pauvres.»

       Dès les premières heures de ta vie de prêtre, Pierre tu as été envoyé au service de la Mission populaire itinérante avec un seul port d’attache : Loos-Bondues. Voilà deux noms géographique qui, à eux seuls, pourraient nous faire croire que tu es toujours resté sur place. Pendant 44 ans, tu as circulé de villes en villes et de villages en villages pour annoncer la Bonne Nouvelle. Tu souhaitais que chaque personne rencontrée puisse découvrir la présence de Dieu en elle, car pour toi c’était une évidence à ne pas mettre en doute. 

       Je me rappelle certaines prédications où tu me paraissais être dure, car tu voulais que les chrétiens puissent vivre leur baptême en acceptant de prendre leurs responsabilités. Laissons le Seigneur reconnaître toutes les personnes que tu as aidées à se réconcilier avec Lui et les autres.

       Pendant 44 ans tu as été missionnaire à la suite de Saint Vincent pour annoncer la Parole de Dieu, pour donner la vie du Seigneur dans les sacrements de réconciliation et de l’eucharistie. Un homme tout donné et qui se donne sans calculer sa peine.

       Lorsque ta santé t’a donné quelques soucis, tu as continué ta mission auprès des Filles de la Charité comme aumônier à Phalempin de 1993 à 2000. De là, tu as accepté de venir à notre maison médicalisée. 

       Voici son testament spirituel :

«Que le Seigneur m’aide au détachement indispensable pour aller vers Lui.
Qu’il remplisse, lui-même, mes mains, pour n’avoir à présenter au Père que Lui-même, elles sont si vides, si chargées de moi-même.
Que sa miséricorde et son amour infinis aient pitié de moi, pour se souvenir du peu de bien que j’aurai pu faire, et me pardonner le mal que je n’ai pas manquer de faire.
Je demande pardon à mes confrères, pardon pour les peines que souvent j’ai faites, pour le scandale que j’ai occasionné à beaucoup.
Que rien ne soit dit, ni écrit à mon sujet.
Que la Vierge Marie, ma douce mère du ciel, m’aide au moment décisif du Passage pour me conduite à son Fils.
Qu’elle soit près de moi, à l’heure de ma mort, pour m’aider à garder ferme ma foi, mon espérance et faire de mes derniers instants un acte d’amour.»

       Accueillons le Seigneur dans cette eucharistie qui,  par amour pour chacun d’entre nous, se rend présent  afin que nous puissions en vivre et le porter aux autres.

Pierre Cornée
Visiteur de Paris


Pierre CAPELA a travaillé toute sa vie comme missionnaire itinérant à LOOS-LEZ-LILLE, puis à BONDUES.

Il a été l'un des premiers de l'équipe des "Forains du Bon Dieu" de la mission sous la tente.

Durant 44 ans, des petits villages du Nord ou du Limousin, aux terrains vagues des banlieues, les missionnaires plantèrent leur chapiteau pour annoncer la Parole de Dieu.  

    Le chapiteau planté sur la "zone" à Malakoff, en 1951, à la lisière de Paris dont on voit les immeubles et la Tour Eiffel.  

Après une soirée de mission sous la tente, le Cardinal Suhard disait  : «Quinze chapiteaux comme celui-là au-tour de Paris, et en dix ans la banlieue est entièrement transformée !»

Malakoff

L'équipe de Bondues vers l'année 1965. On reconnaît :

au 1er rang :
Jacques Belin, un Curé, Pierre Capela, Vincent Llobet (coupé)

au 2e rang :
Jean Plancq, Xavier Jeandel, Edouard Rocher, André Simon, Pierre Cornée.

Pierre Capela était un confrère très agréable en communauté et très attentif aux autres. Vrai fils de saint Vincent, il savait communiquer simplement sa foi et son zèle pour la mission.

 

Pierre avec Xavier Jeandel au méchoui, à Saint-Lazare, le 6 juin 2003.

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