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Frère
Gérard Bouchendhomme
La mission était aussi un temps de recherche ou de remise au point de la foi au Christ vivant, par des soirées de réflexion et de célébrations, faire découvrir une église qui soit proche de tous, et à l'écoute de toutes les réalités de la vie. En ce qui concerne les visites, l'accueil fut souvent poli, mais souvent sur le pas de la porte, ou à l'entrée de la propriété. Quelques personnes ont dit ne pas être intéressées. D'autres ont dit leur déception de l'Eglise aujourd'hui : d'un côté, elle parle trop et d'un autre, pas assez sur certains sujets. Mais la grande majorité est indifférente. Ce n'est pas leur préoccupation. Donc, première constatation : l'incroyance repérée même chez les personnes âgées qui semblent n'avoir plus de références religieuses. Par suite, leurs enfants et petits-enfants en subissent les conséquences. On fait sa communion, parce que c'est la tradition. On va à la messe aux grandes occasions. Deuxième constatation : au niveau de la foi, bien des personnes sont restées sur les acquis d'autrefois. Après la communion solennelle, ils n'ont pas cherché à approfondir leur foi. Aussi, lorsqu'ils assistent à la messe pour certaines circonstances, ils ne comprennent rien et disent qu'on a changé la religion. Tout ceci se répercute sur la catéchèse : des enfants en âge d'être catéchisé arrivent sans aucune connaissance et parfois sans jamais avoir entendu parler de Dieu ou de Jésus. Aucun soutien du côté de la famille. On se soucie davantage de retenir la salle pour la communion que de de ce que leur enfant a appris au catéchisme. Ce n'est pas étonnant, si après la communion solennelle
peu de jeunes continuent vers la confirmation. Réticences dues d'abord au fait qu'après la classe de troisième les jeunes quittent le secteur pour aller étudier en ville. Ils sont absents toute la journée ou toute la semaine. Reste le samedi qui souvent est employé à réviser, faire un devoir, pratiquer un sport et en plus participer à une réunion. Il est certain que les jeunes sont placés devant des choix. Les contacts humains sont peu fréquents. Chacun reste chez
soi, on ne veut pas d'histoire, pas prendre de responsabilité,
ne pas être ennuyé par les autres. Souvent on retrouve les
mêmes personnes dans les différentes activités ou
associatons. Le chômage est le premier fléau. Les jeunes quittent la campagne pour la ville, car il n'y a pas de travail dans la région. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils trouvent un emploi. Autre pauvreté. Pour l'agriculture notre canton est le dernier du département ! Tous ces faits constatés avant et pendant la Mission m'invitent à être plus attentif à ce qui se vit autour de moi, et à ne pas négliger les moyens qui peuvent faire avancer l'annonce de Jésus-Christ.
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