AU SERVICE DES MALADES

 

«Au début, le plus dur c'est quand on frappe à la porte. Mais finalement, c'est tout simple... Le malade m'apprend ce qu'est la patience, le courage, l'espoir jusqu'au bout. J'essaie de lui apporter un réconfort dans l'épreuve qu'il vit... On s'apprivoise...»

Philippe Maronnier, 38 ans, est Frère de la Congrégation de la Mission (Lazariste) depuis onze ans. De 1995 à 1999, il a participé à l'Aumônerie des hôpitaux Saint-Joseph et Laënnec à Paris. Depuis 1999, il est responsable de l'Aumônerie de l'Institut Mutualiste Montsouris (Paris 14e). L'équipe, qui comprend quatre laïcs, dont deux séminaristes, est présente dans cet hôpital (418 lits) du lundi au samedi de l4h à l8h.

«Je ne pensais pas être un jour au service des malades, explique Philippe. Mon Supérieur me l'a demandé. C'est un prêtre qui m'a formé et aidé, qui m'a donné le goût d'être auprès des malades : savoir être là, présent, pour la personne qui est devant moi, disponible pour l'écouter, prier avec elle, me donner à elle...»

Pour Philippe, la visite en hôpital est « un carrefour de rencontres éphémères, fortes, bouleversantes, avec le malade, sa famille, le corps soignant. Avec des degrés très variables de présence. Cela peut aller de la rencontre amicale, avec son aspect simplement humain, à l'échange spirituel : parler de Jésus-Christ, partager une réflexion sur un texte biblique, prier ensemble».

Philippe confie encore : «Quand J'arrive à l'aumônerie, je fais une prière silencieuse face au Saint- Sacrement, ou je récite une dizaine de chapelet. Toute ma vie est prière. Je suis très sensible à l'évangile qui nous présente Marthe et Marie : je ne sépare pas l'action de la contemplation. Ce que je vis avec le malade, c'est une prière, même si ma rencontre n'a rien de spirituel. Ma simple présence peut devenir prière».

Pour Philippe, une conviction : le malade en détresse a besoin d'être soutenu. Alors, on fait route avec lui pour l'accompagner dans son épreuve. « Cela nous amène souvent à vivre le goût de la réconciliation. Pour le sacrement, je fais appel à un prêtre franciscain ». Pour briser l'isolement du malade, Philippe le relie au monde extérieur par une prière ouverte sur l'extérieur.
Et celui qui va mourir ? «Le malade en fin de vie cherche à relire sa vie. Je l'aide à prendre conscience de tout ce qu'il a vécu de beau, et de sa mission qui sera nouvelle et belle lorsqu'il aura à veiller sur les siens».

Prendre la douleur de l'autre sur soi, comme le Bon Samaritain, et la confier à Dieu dans sa prière, c'est le service de Philippe. Service où il se sent pleinement dans sa vocation. « Pour Saint Vincent de Paul, la charité c'est l'amour affectif et l'amour effectif, le service spirituel et le service corporel. Verser un verre d'eau ou redresser un oreiller, porter la communion ou préparer à recevoir le sacrement de réconciliation ou le sacrement des malades, c'est tout un. J'aime cette phrase de Saint Vincent : «Se consommer pour Dieu, n'avoir ni de bien ni de forces que pour les consommer pour Dieu, c'est ce que Notre Seigneur a fait lui-même, qui s'est consommé pour l'amour de son Père».

Inteview de Chantal CREPEY,
Bulletin de l'Archiconfrérie de la Sainte-Agonie,
Jan-Fév-Mars 2003