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Déclaration de la Conférence des évêques sur le droit dasile (lundi 28 avril 2003) Droit dasile, quelques points dattention
Le 6 février 2002, dans notre déclaration « Accueillir les demandeurs dasile » - publiée en ouverture au livre Asile en France, état durgence, réalisé par les trois commissions que nous présidons, nous rappelions que le droit dasile sinscrit dans toute la tradition biblique et dans lenseignement de lÉglise. Nous invitions les responsables politiques à prendre plusieurs mesures durgence, afin daméliorer la qualité de laccueil de ces demandeurs dasile et de les traiter avec humanité. Ces mesures portaient sur cinq points : 1
Nous regrettions la durée excessive des procédures
de demande dasile. Quinze
mois plus tard, au moment où le Parlement est saisi dun projet
de loi sur la réforme de lasile, nous voulons attirer lattention
des parlementaires et des citoyens et parmi eux, des chrétiens
de notre pays - sur des points qui nous tiennent à cur comme
citoyens et comme témoins de lEvangile : 1 La situation des demandeurs d'asile demeure alarmante. En leur refusant le droit de travailler, on les oblige à vivre dans une précarité extrême, inacceptable au regard de la dignité due à tout homme. Des droits humains vitaux - se nourrir, se loger - ne sont pas assurés (surtout depuis la fin du dispositif d'hébergement d'urgence). Les associations qui les soutiennent sont débordées. Il est anormal que les pouvoirs publics se déchargent totalement de l'aspect humanitaire du problème sur les militants associatifs. 2
Du fait de la suppression de lasile territorial, il est créé
un guichet unique pour les demandeurs dasile, guichet géré
par lOFPRA. Cela pose les questions suivantes : 3 Les informations que nous recevons sur ce qui se passe dans les zones dattente sont très préoccupantes. Sy donneraient libre cours des pratiques scandaleuses : violences, arbitraire, non respect de la personne, non respect du droit à lasile Ces dérapages ne sont ils pas dus au fait que la zone dattente est mal définie ? La loi devrait donner une délimitation claire de ce quest une « zone dattente ». Il faudrait aussi élargir laccès des associations à ces zones, car les risques de dérapages diminuent sous un regard extérieur. 4 Dune manière générale, laccès à lasile pose problème. Les personnes en danger doivent pouvoir présenter leur demande dasile, et donc avoir accès au territoire. Si lUnion européenne porte tout son effort sur le contrôle de limmigration irrégulière, elle développe une logique qui vient contredire celle du droit dasile. En effet, comme la plupart des demandeurs dasile arrivent irrégulièrement, se fermer à toute entrée irrégulière équivaudrait à se fermer à lasile. Ce serait, en pratique, obliger les demandeurs à recourir aux filières de passeurs, qui sont aussi des filières dexploitation humaine. 5 La question des délais ne doit pas se poser dans un seul sens : les textes fixent aux demandeurs des contraintes précises, mais restent silencieux sur les obligations de ladministration. Quen est-il des observations du président de la République, le 14 juillet dernier, sur cette question des délais ? Quant à la proposition daccorder aux demandeurs dasile le droit de travailler sils nont pas obtenu de réponse au bout de six mois, devient elle sans objet ? 6 En ce qui concerne les critères dattribution du statut de réfugié, il importe de préciser la portée de notions comme «pays sûr» , «autorité de fait» ou «zone interne de sécurité». Le recours à ces notions, nouvelles en droit français, est-il conforme à notre tradition de lasile ? Ne portent elles pas en elles le risque dune diminution de leffectivité de la protection ? 7
Enfin, certaines mesures urgentes sur lesquelles nous attirions
lattention en 2002 ne semblent pas abordées : en particulier
celles qui concernent les droits sociaux et lhébergement
des demandeurs dasile, ainsi que la situation des mineurs. Les débats à venir sur lasile portent sur des questions fondamentales, qui prennent aujourdhui un relief particulier, quand le fracas du monde risque de rendre plus fragiles encore et plus démunis ceux qui vivent dans les régions troublées du globe. Notre société ne peut les ignorer. Dans la réforme qui sengage, notre pays, qui sest montré soucieux de la paix, doit chercher à mieux honorer le troisième terme de sa devise : «fraternité». Le 28 avril 2003
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