La maison internationale de El Alto,
Bolivie


Voici la brève description de cette mission faite — on le notera — il y a déjà plus de deux ans, en 2004, par le Père Franc Pavlic ; la situation a sans doute évolué depuis.

 

par Franc Pavlic, C.M.
Province de Slovénie

Vincentiana, mai-juin 2004

La maison des Pères Lazaristes de El Alto, Bolivie, est à 20 minutes de l'aéroport international de la capitale du pays, La Paz, et quelque 8 heures de la mission qui est déployée dans la zone rurale (limitrophe avec le Pérou). Durant la saison des pluies (qui dure trois mois) et celle "du blocage des routes" (deux mois environ), il n'est plus possible de communiquer entre la ville et la mission.


partie ouest de la Bolivie ; sur la gauche, le Lac Titicaca, frontière avec le Pérou
BOLIVIE carte physique

Le lieu où nous travaillons est caractérisé par l'altitude élevée : le sommet est pratiquement situé à 4 000 mètres au dessus du niveau de la mer, il comprend les communautés de l'Altilpano situées entre 4 800 m et 2 600 m. La population est rurale, très pauvre, de langue aymara (avec quelques-unes de langue quechua). La racine de la pauvreté matérielle est la pauvreté spirituelle. Nos personnes ont été évan-gélisées, il y a 400 ans, mais leur cœur et leur mentalité continuent leurs traditions. Il s'agit d'une résistance pacifique envers la Bonne Nouvelle. Mais il y a des exceptions : il y a des personnes engagées qui professent et vivent leur foi.

La racine de cette résistance est historique (la domination des patrons sur les indiens perdure) et politique (le syndicalisme local qui veut implanter un nouveau système cruel : une sorte de «communisme indigène»).

Dans les années 50 du siècle dernier, quelques missionnaires de la Province du Pacifique d'alors, donnaient des missions itinérantes parmi les Aymaras et les Quechuas de notre zone rurale et de l'Altiplano. Quelques confrères ont travaillé dans les séminaires. Le premier missionnaire ayant travaillé dans l'actuelle zone de travail de la Maison Internationale de El Alto, a été le P. Manuel Blanco, C.M., espagnol. Il a été un véritable pionnier des Lazaristes ici, et travailla dans une immense étendue (Puetro Acosta, Umanata, Mocomoco et Italaque). Ses paroles et son caractère restent gravés dans le cœur et la mémoire des personnes, spécialement chez les catéchistes.
Le P. Bernard Massarini, C.M., Français, vint à la mission en 1994. Un peu plus tard, vint le Père Boguslaw Sroka, Polonais. Ils travaillèrent dans la zone qui fut la «nôtre» jusqu'en 1997. Les PP. Aaron Gutiérrez et Homero ElIas, Mexicains, arrivèrent en 1995.

Le P. Homero travailla à Italaque et le P. Aaron à Umanata. Deux ans plus tard, vint le P. Krzysztof Wreniak, Polonais, lequel commença à travailler à Mocomoco, mais avec l'arrivée du P. Rafal Brukarczyk, Polonais aussi, il changea son lieu de travail et il œuvre maintenant dans deux églises paroissiales, à El Alto, et avec la famille vincentienne du pays. Le P. Rafal travaille à Mocomoco.

Avec l'arrivée du P. Abdo Eid, C.M., Libanais, la maison a un formateur depuis 1998. Le P. Homero quitte la mission fin 1999. Le P. Aaron, qui travaillait à Umanata jusqu'en 2001, fut nommé Directeur des Filles de la Charité du Mexique. Les deux derniers arrivés sont les P. Franc Pavlic, Slovène; et le P. Anibal Vera, Péruvien. Le premier travaille à Italaque et le second à Umanata, El Alto et la Famille Vincentienne.

Actuellement, le P. Abdo se consacre à la formation ; Mocomoco est desservi par le P. Rafal ; Italaque par le P. Franc, et Umanata et El Alto par le P. Anibal. Deux confrères au moins manquent pour remplir les missions basiques de la Maison internationale: un pour la mission et un pour le travail pastoral dans la zone rurale. Voici les lignes d'action de notre travail :

1. L'éducation
a) La formation des séminaristes s'achève au Chili. Avant d'y être envoyé, le P. Abdo, à Chaskipampa, les prépare toute une année. Les candidats pour lesquels est «pressentie» la vocation sont envoyés au Chili pour continuer la formation et les études. L'objectif de cet envoi est de leur offrir un lieu où ils puissent bien se préparer à vivre la vocation vincentienne, et ensuite revenir et travailler à notre mission de Bolivie.

b) Deux centres alternatifs d'études secondaires, à Umanata et à Italaque, où nous préparons des jeunes et des adultes afin de leur faciliter l'accès à un meilleur travail dans l'avenir. Les jeunes qui viennent de communautés éloignées mangent et dorment dans nos centres.

c) Par les garderies (à Umanata et Italaque) nous voulons aider les enfants en leur donnant une alimentation saine, en contribuant à l'amélioration de leur santé, de leur hygiène et de leur éducation préscolaire etc. Dans les réunions de parents, nous insistons sur l'importance de la famille et de l'éducation...

d) À Mocomoco, le P. Rafal a lancé les premiers jalons avec la J.M.V. Des groupes de jeunes existent à Umanata et Italaque, ainsi que dans les deux églises de El Alto. Les trois paroisses de la zone rurale déploient de grands efforts pour la formation des catéchistes et des personnes qui demandent les sacrements... A Italaque, depuis cette année, existe aussi une équipe de football. Le missionnaire d'Italaque voulait, au moyen de l'éducation sportive des enfants et des jeunes (déjà plus de 70 enfants des différentes communautés), aider à dépasser les vieilles haines et les sanglantes disputes entre les communautés.

2. La Famille Vincentienne
Le Père Krzysztof a commencé à réunir et animer les différents groupes de laïcs de Bolivie qui étaient dispersés dans ce grand pays. Et, le P. Anibal continue sur les traces du P. Krzysztof, visitant les groupes de laïcs, les encourageant et les aidant à s'organiser, etc. Aujourd'hui la dispersion a été dépassée : les groupes se connaissent dans tout le pays. Ils connaissent une amélioration de leur situation: ils se connaissent mieux, ils organisent leurs travaux et ils réalisent des missions avec l'appui des Filles de la Charité de Bolivie. Le P. Anibal anime des retraites et donne des conférences aux différents groupes de la Famille Vincentienne.

3. Le travail pastoral
Les trois paroisses de la zone rurale ont unifié les lignes pastorales. C'est pour cette raison que nous n'avons aucun problème d'aide mutuelle et de collaboration. On consacre du temps et des forces aux visites de communautés qui sont dispersées dans les hauteurs et les plaines de la Cordillère des Andes. Les catéchistes formés et engagés sont nos collaborateurs dans les communautés. Nous essayons de prendre au sérieux les lignes pastorales du Diocèse de El Alto, et nous croyons les avoir enrichies de notre propre charisme. Selon les dire de l'Évêque, nos paroisses sont éveillées et cherchent un avenir adapté aux personnes.

Il faut souligner le travail du P. Abdo dans le séminaire diocésain, ainsi que son travail dans la pastorale des vocations en collaboration avec les Filles de la Charité et d'autres congrégations en Bolivie. Le P. Rafal veut, avant son départ, équiper la nouvelle garderie qu'il a construite à Mocomoco. A Italaque s'achève la construction de la troisième partie de l'université rurale «Saint Vincent de Paul». Pour terminer la construction, il recherche une aide économique. Et si Dieu, veut, nous aurons une maison de retraite pour personnes âgées du Département de la Paz, pour celles qui ont été abandonnées par leurs parents dans les zones rurales.

4. L'avenir
Nous avons vraiment besoin, dans l'immédiat, de deux Lazaristes pour pouvoir continuer les activités que nous avons actuellement entreprises. Nous sommes surchargés de travail, mais heureux de
La maison internationale de El Alto, Bolivie pouvoir servir les indigènes abandonnés et oubliés dans leur pauvreté matérielle et spirituelle. Nous pourrions continuer d'approfondir nos activités de base avec ces nouveaux volontaires. Dans quelques années, nous espérons renforcer le travail pastoral avec les premiers missionnaires boliviens, ceux qui se préparent au Chili. […]

(Traduction : Bernard MASSARINI cm)