Congrégation de la Mission
Province de Paris

Hostie  

           A l'occasion de la "Journée de prière pour les vocations", Eric RAVOUX, responsable du Service Provincial des vocations, nous livre cette réflexion sur l'appel que le Seigneur adresse toujours à des hommes et des femmes d'aujourd'hui ; la réception de l’Appel évolue mais ne disparaît pas. A nous, blanchis sous le harnois, d'accueillir et de comprendre leur manière de "recevoir l'appel". C’est cette évolution qui doit aujourd’hui nous interroger, servir de base à notre réflexion, nous dit encore Eric. Nous en sommes pleinement d'accord, et le désirons vivement. Mais faudrait-il encore connaître cette nouvelle manière de recevoir l'appel ressentie par les appelés. Eric et les huit jeunes et moins jeunes qui ont été en lien avec les Service des Vocations cette année nous le dirons ; comme nous le propose Eric ; nous le souhaitons vivement. 
             Merci à Eric de nous provoquer à cette reflexion et de la poursuivre.

Cl. L.

Service Provincial des Vocations

             Il est devenu banal aujourd’hui d’entendre autour de nous ce constat : «Il n’y a plus de vocations, Dieu n’appelle plus à la vocation, etc…».  Constat qui ressurgit d’autant plus facilement, qu’à l’heure où nous prévoyons la rentrée prochaine et que nous mettons tout le monde en prière pour les vocations, nous sommes bien obligés de noter que nos séminaires ne se remplissent guère !  Mais c’est un procès bien injuste que nous faisons au Seigneur.

            Le Seigneur appelle, cela ne fait aucun doute et nous en sommes témoins au Service Provincial des Vocations. Toutefois, nous pouvons noter que si l’Appel demeure, sa réception évolue, et cela nous trouble, nous interroge, nous pose question. Il serait facile d’incriminer notre société dont les valeurs semblent être à l’opposé d’un engagement total pour Dieu et les hommes, tout comme il serait facile d’incriminer l’Eglise en lui reprochant de n’être intéressée que par la survie de sa structure et de son administration, écartant de fait bon nombre de vocations. Peut-être y a-t-il un peu de cela, mais en faire les seules raisons serait une erreur. La réception de l’Appel évolue mais ne disparaît pas. C’est cette évolution qui doit aujourd’hui nous interroger, servir de base à notre réflexion, car Dieu continue de parler aux cœurs des hommes et des femmes d’aujourd’hui.  Le Seigneur ne cesse pas d’appeler à son service des hommes et des femmes d’aujourd’hui, mais peut-être pas pour les mêmes raisons qu’il y a cinquante ans, peut-être pas pour répondre aux mêmes besoins qu’il y a cinquante ans.  Et là est peut-être notre erreur. N’aurions-nous pas tendance à enfermer le candidat potentiel dans un type vocationnel obsolète ne correspondant pas à l’Appel du Seigneur ?  Dans ce cas, nous pourrions nous dire que le problème ne réside pas dans le fait qu’il n’y a plus de vocations, mais que nous ne sommes pas en mesure d’accueillir ceux que le Seigneur nous envoie ! Les besoins du Seigneur pour son Eglise, ses Appels, ne semblent pas correspondre à l’image que nous nous en faisons, aussi bon nombre restent sans réponse, ne trouvant pas de lieu où se donner.

            Je ne vous dresserai pas le profil type des huit jeunes et moins jeunes qui ont été en lien avec les Service des Vocations cette année, ils sont uniques. Mais les écoutant, cheminant avec eux, il est devenu clair à mes yeux que notre rôle n’était pas celui de recruteurs, cherchant des candidats correspondant à une description de poste préalablement établie, comme il m’est arrivé de le faire en travaillant un an à la direction du personnel de l’INRA.

            A travers ces hommes, mus par le désir incontestable de servir, le Seigneur nous parle, Il nous dit ce dont Il a besoin pour Son Eglise. Sommes-nous prêt à l’écouter, nous laisserons-nous touchés par le souffle de Son Esprit ?

            C’est avec vous tous, très chers confrères, que je souhaiterai mener cette réflexion.

            En attendant, prions, pas tant pour les vocations, mais pour que parle et raisonne en nous la voix du Seigneur ; «parle Seigneur, ton serviteur écoute» (1 Sa 3, 10)

Eric Ravoux, cm.

Message de Jean-Paul II pour la journée de prières pour les Vocations