Heureuse d'avoir un directeur habitant Paris, Louise de Marillac le désire très présent, avec possibilité de le joindre dès que cela lui semble nécessaire. Or, voilà qu'elle apprend que Monsieur Vincent de Paul vient de signer un acte d'association avec trois autres prêtres. Va-t-elle encore perdre son directeur ? Qui sera là lorsqu'elle aura besoin de réconfort, lorsqu'elle voudra partager ses inquiétudes, poser ses multiples questions ? Louise désire avoir des informations sur cette pieuse Association. Seul Vincent de Paul peut lui en fournir. Est-ce au cours d'un entretien qu'elle recueille tous les renseignements qu'elle désire, ou bien Monsieur Vincent lui a-t-il donné à lire le Contrat de Fondation signé par la famille de Gondi le 17 avril 1625 et l'Acte d'Association du 4 septembre 1626 ? Louise réfléchit sur ce qu'elle vient d'apprendre et, comme elle aime le faire pour chaque événement important dans sa vie, elle met par écrit ses propres réflexions. Regard de Louise sur l'Association «La fin de l'Association a pour principe la connaissance de soi-même et le mépris du monde» L'Association apparaît à Louise de Marillac
comme un moyen de sanctification de ses membres. Cela doit la rassurer.
Son directeur pourra ainsi mieux la conduire sur le chemin de la connaissance
d'elle-même et, par suite, de l'ouverture à Dieu. Dans l'acte
de protestation que Louise a, sans doute, écrit peu après
son veuvage, elle note : Louise remarque que le mépris du monde que professe
cette Association se traduit parla renonciation à tous les bénéfices
et à tous les honneurs. Cette attitude s'oppose à ce qui
se vit dans le clergé du XVII ème siècle. Vincent
de Paul, a, lui-même, couru après les bénéfices.
Ces prêtres désirent donc vivre réellement la pauvreté
évangélique. Louise de Marillac se trouve en conformité
avec eux. Elle avait tant désiré embrasser la vie pauvre
et rude des religieuses capucines ; mais son projet avait échoué.
Vincent de Paul pourra donc la guider sur ce chemin de pauvreté.
La première phrase du règlement de vie de Louise note son
ardent désir de pauvreté : Louise de Marillac a bien compris que ces prêtres étaient des missionnaires : ils vont dans les différentes paroisses pour prêcher, instruire, conférer dignement les Sacrements. «Dans le dessein de servir l'Église ... ils pourront coopérer avec l'amour de Dieu, au salut des âmes ; à quoi servira beaucoup leur exemple et instructions des exercices, du chrétien, et la réception des sacrements bien conférés en la Sainte Église...» La vie de ces prêtres veut être la continuation
de celle de Jésus Christ, venu sur terre pour le salut des hommes.
Ces missionnaires servent l'Église : ils font connaître Dieu,
ils apprennent au peuples des campagnes à aimer Dieu, à
le servir. Ils travaillent pour sa gloire, pour que son règne et
sa justice soient établis. Louise de Marillac manifeste dans ses écrits un
même souci du salut des hommes. Elle prie souvent la Vierge marie
pour le salut du monde : Vincent de Paul a expliqué à Louise que
ces prêtres qui ont signé l'Acte d'Association ont choisi
de «vivre ensemble en manière de congrégation, compagnie
ou confrérie» . Louise se demande si cette vie en communauté
ne va pas soustraire encore plus le directeur à sa dirigée.
Elle s'efforce donc de comprendre l'importance de cette vie communautaire,
et elle en découvre toute la grandeur. Les textes du Contrat de Fondation et de l'Acte de l'Association ne font nullement mention de la Sainte Trinité. Est-ce Louise qui, dans sa méditation, a découvert toute la richesse de la Trinité, image de l'unité dans la diversité ? Est-ce Vincent de Paul qui en a parlé ? Dès 1617, il proposait aux Dames de la Confrérie de la Charité de Châtillon les Dombes le culte de la Sainte Trinité . Le pape, par la bulle d'approbation donnera à la Congrégation de la Mission la Sainte Trinité comme patron . Louise aimera proposer aux Filles de la Charité comme modèle de leur communauté fraternelle, la vie trinitaire, vie toute d'amour et de don. «Il m'a semblé que pour être fidèles à Dieu, nous devions être en une grande union les unes avec les autres, et que, comme le Saint-Esprit est l'union du Père et du Fils, que la vie que volontairement nous entreprenons, se doit exercer dans cette grande union des curs» Louise de Marillac perçoit la grandeur du dessein
de Dieu en la fondation de la Congrégation de la Mission. Elle
ne veut pas s'opposer à son action, elle ne veut plus accaparer
pour elle-même son Directeur, Vincent de Paul. Elle souhaite que
cette nouvelle Association puisse accomplir "en perfection"
la tâche que Dieu lui a confiée. Comme elle le fera plus
tard pour la Compagnie des Filles de la Charité, Louise confie
la Congrégation de la Mission à la Vierge, Mère de
Dieu. Marie a donné naissance à Jésus, elle l'a éduqué,
accompagné tout au long de sa vie jusqu'au Calvaire. Elle peut
aider, soutenir, réconforter, encourager ceux qui, sur terre, tiennent
la place de son Fils. Un deuxième texte de Louise est sans doute
écrit après un temps de réflexion : Marie a rencontré la souffrance, l'incompréhension.
Elle peut accompagner sur la route ceux qui marchent à la suite
de son Fils crucifié : Après ces longues méditations, ces temps
prolongés de prière, Louise est certaine que la Congrégation
de la Mission est vraiment l'oeuvre de Dieu. Elle supplie Marie d'obtenir
de son Fils que l'Esprit Saint soit toujours avec eux, et les conduise
tout au long des jours : Louise de Marillac peut aller de l'avant. Elle peut faire
confiance à la Congrégation de la Mission comme à
Monsieur Vincent. Dieu les a placés sur sa route pour, ensemble,
accomplir sa volonté. Comment ? Elle ne le sait pas encore très
bien. Son acte d'oblation à Marie montre qu'elle remet sa vie entre
les mains de la Vierge : Relations avec les premiers missionnaires Après la mort de son mari, survenue le 21 décembre 1625, la situation pécuniaire de Louise de Marillac l'oblige à déménager. Elle vient s'installer avec son fils Michel rue Saint Victor. De là, il lui est très facile de se rendre au Collège des Bons Enfants, situé dans la même rue. Monsieur Vincent y réside depuis la fin de l'année 1625. Au cours de ses visites, Louise fait connaissance des premiers compagnons de Monsieur Vincent : Antoine Portail, prêtre de 36 ans, originaire du diocèse d'Arles, et les deux prêtres venant du diocèse d'Amiens : François du Coudray (40 ans) et Jean de La Salle (28 ans). A la fin de l'année 1626, elle rencontrera Jean Bécu, prêtre depuis 10 ans, venant de la Somme, et Antoine Lucas (26 ans), un parisien, encore séminariste. Louise est alors âgée de 35 ans. Au niveau de Confréries de la Charité Dès les premières rencontres avec sa dirigée,
Monsieur Vincent l'oriente vers les pauvres et lui fait découvrir
les Confréries de la Charité. Louise s'y investit et collabore
à cette oeuvre de Charité. Elle est amenée à
travailler avec les Missionnaires. En octobre 1627, Louise reçoit
la visite, chez elle, de François du Coudray, porteur d'une lettre
de Vincent de Paul. Il vient chercher la somme de 50 livres que Melle
Isabelle du Fay sa cousine, destine aux pauvres des Confréries.
En avril 1630, sur les conseils de Vincent, Louise est allée visiter
la Confrérie de Villepreux. Durant son séjour, elle a constaté
l'ignorance des petites filles pauvres. Le maître d'école
ne peut accueillir que les petits garçons, car la mixité
est formellement interdite par le Roi et par l'Eglise. Louise remarque
une jeune femme, Germaine, qui accepterait d'instruire les filles. Mais
peut-elle décider cela toute seule, alors que le Curé de
la paroisse avait mal accueilli son intervention auprès des Dames
de la Charité. Elle avait dû, sur les conseils de Vincent
de Paul, venir s'excuser : Forte de cette petite expérience, Louise parle
de Germaine` à Monsieur Vincent. Celui-ci lui demande d'exposer
son projet à Monsieur du Coudray. C'est lui qui ira sur place négocier
avec le curé et le maître d'école. Vincent informe
ensuite Louise des démarches accomplies : La proposition de Louise de Marillac sera bien acceptée. Pendant des années, Germaine enseignera les petites filles de Villepreux. Vincent et Louise regretterons qu'elle ne se soit pas jointe au groupe qui fonda la Compagnie des Filles de la Charité. mais ils ont respecter son choix. En avril 1631, c'est Jean Bécu qui travaille avec
Louise de Marillac. Il est venu la rejoindre à Montreuil où
elle visite la Confrérie de la Charité, établie en
1627. Une lettre de Vincent de Paul précède l'arrivée
du missionnaire : Quelle confiance entre Vincent de Paul, les Missionnaires et Louise de Marillac ! Chacun sait reconnaître la compétence et le savoir-faire de l'autre. Une collaboration encore plus active s'établira
entre Louise de Marillac et jean de La Salle, missionnaire très
appréciée de Vincent de Paul. Au début de l'année
1630, Louise s'est rendue à Saint Cloud pour y établir la
Charité. Vincent de Paul a désigné Jean de La Salle
pour l'aider. Le 9 février, celui-ci réponde aux lettres
de Louise : Jean de La Salle donne ensuite des précisions sur le fonctionnement habituel des Confréries pour l'admission des malades et la vie spirituelle de ses membres. En octobre de la même année, Louise est à Montmirail. Elle envoie à Monsieur Vincent un compte-rendu de la visite qu'elle vient de faire. C'est encore Jean de La Salle qui est chargé de répondre aux questions de Louise de Marillac. Leur collaboration sera encore plus effective à Liancourt en août 1635. La Duchesse, grande amie de Louise de Marillac, veut établir la Confrérie de la Charité sur ses terres. Mais elle a des idées très arrêtées : elle veut une petite maison, genre hôpital, pour l'accueil de quelques malades. Là, se ferait la distribution des secours et des médicaments à tous ceux qui en auraient besoin. Louise pressent que la visite à domicile, base essentielle des Confréries, risque d'être ainsi supprimée. Mais elle a beaucoup de difficultés à s'opposer au dessein de son amie. Vincent de Paul lui envoie jean de La Salle, dont Louise apprécie le travail humble, précis et efficace. C'est lui qui mettra au point le règlement de la Confrérie. Lorsqu'en mai 1637, Louise voudra mettre en route la Confrérie de la Charité à La Chapelle, petit village aux environs de Paris où se trouve alors la Maison Mère des Filles de la Charité, elle fera appel à Monsieur de La salle de préférence à tout autre. Vincent de Paul qui connaît l'admiration et l'amitié
de Louise pour Jean de La Salle prend la peine de l'avertir, en des termes
pleins de douceur, de la mort prochaine de ce zélé missionnaire
: Jean de La Salle meurt à paris le 9 octobre 1639. Ame sensible, Louise ressent douloureusement la mort de ce missionnaire qu'elle avait beaucoup apprécié pour la clarté de son esprit et la profondeur de sa pensée. A propos de son fils Michel Pendant les voyages missionnaires de la mère, Michel
Gras est accueilli au Collège des Bons Enfants. Monsieur Vincent
veille sur lui ou le confie à l'un des ses jeunes missionnaires.
En mai 1630, c'est Robert de Sergis qui en a la charge. Michel est alors
âgé de 17 ans. Monsieur Vincent écrit à la
mère toujours inquiète : Plus tard, ce seront Messieurs François Souffliers et Pillé qui veilleront sur Michel. Mais ces missionnaires sont dans la Congrégation depuis peu, un ou deux ans. Louise a interrogé des Missionnaires plus mûrs, plus âgés. Monsieur Vincent ne semble pas accepter qu'elle ne fasse pas confiance aux plus jeunes. «Monsieur du Coudray n'avait rien à vous dire de Monsieur votre fils, non plus que moi, si ce n'est de savoir s'il agrée son séjour aux Bons-Enfants... . M. du Coudray n'avait pas charge de vous en parler.» Michel montrera peu d'entrain au travail et sera toujours
en tergiversations sur son avenir. Louise, elle, saura dire toute sa reconnaissance
à Vincent de Paul et aux Missionnaires pour tout ce qu'ils sont
fait pour son fils. En 1646, elle envoie à Monsieur Vincent un
tableau de la Vierge, sans doute peint par elle-même : La Compagnie des Filles de la Charité, fondée le 29 novembre 1633 ainsi que la Congrégation de la Mission fondée le 17 avril 1625, sont, en cette première moitié du XVII éme siècle, des communautés nouvelles. De nombreux jeunes, souvent des mêmes villages et des mêmes familles, sont attirés par leur mode de vie, leur engagement auprès des pauvres et leur spiritualité. Des relations fraternelles Des frères et soeurs, des cousins, des cousines entrent, les uns chez les Prêtres de la Mission, les autres chez les Filles de la Charité. Les relations familiales sont connues, acceptées, entretenues. Les trois frères Bécu, Jean, Benoît
et Hubert viennent à la Maison Mère des Filles de la Charité
visiter leur soeur marie, malade puis mourante en 1637. Quelques années
plus tard, Jean s'inquiétera de sa jeune soeur Madeleine envoyée
à l'hôpital d'Angers. Louise de Marillac écrit à
la Soeur Servante : A Catherine Baucher qui est à Brienne; Louise envoie des nouvelles de ses frères qui ont eu leur changement : Eloi est maintenant à la ferme d'Orsigny, Marin à saintes. Elle lui parle aussi de son cousin Aubin Gontier, envoyé à Turin en Pièmont. Une lettre de Louise de Marillac à Jeanne Lepintre à Nantes donnes des nouvelles de la famille d'Henriette Gesseaume, de son frère Claude qui est à Crécy avec Monsieur Gallais, de son cousin Chefdeville qui est à Paris. Les deux "font bien à merveille". Dans les communautés, on parle des frères Lazaristes. A Angers, les Soeurs savent que Catherine Huitmill qui veut quitter la Compagnie a autant peur de rencontrer Louise de Marillac que son grand frère Philippe qui l'a, peut-être, trop poussée à être Fille de la Charité. A Calais, Françoise Manceau, avant de mourir, a supplié sa compagne Marie Poulet de faire prévenir son frère Nicolas qui est à Richelieu. Son autre frère Simon qui était aussi Prêtre de la Mission, est mort sept ans plus tôt. A Arras, Marguerite Chétif a eu la visite de Nicolas Rose, venu pour un court séjour dans sa famille. Il lui a parlé de sa soeur Anne, fille de la Charité, éprouvant bien des difficultés à paris. Il lui demande de tout faire pour qu'elle soit placée près de sa famille. Ces relations fraternelles s'étendent aussi aux
familles. En 1646, Monsieur Portail s'est rendu auprès de Madame
Delacroix : elle est inquiète pour ses deux filles Jeanne et Renée
à cause des bruits qui se répandent au Mans. On dit que
toutes ces filles envoyées à paris sont destinées
au Canada où elles seront mariées à des sauvages.
Des hommes de la région ont été requis pour ce pays
lointain, nouvellement colonisé par la France. Monsieur Portail
qui a du mal à rassurer la mère demande aux deux filles
de lui écrire ainsi qu'à leur ancienne maîtresse .
En 1649, c'est Monsieur Thibault, en mission à Saint Méen,
qui va tranquilliser les parents de Mathurine Guérin, habitant
non loin, à Moncontour. Ces relations fraternelles et amicales dépassent le cadre familial. Une entr'aide s'instaure entre Prêtres de la Mission et Filles de la Charité, à travers des petits riens qui révèlent l'attention mutuelle. Robert de Sergis est chargé par Vincent de Paul d'acheter des images pour les Filles de la Charité . Les frères Lazaristes apportent leur compétence : Jean Lequeux transporte le matériel qui veint d'être acheté, amène le blé à la Maison Mère des Filles de la Charité. Alexandre Véronne prépare des sirops pour les Soeurs malades. Sa grande compétence lui permet de réussir une saignée chez une soeur, alors que personne d'autre n'avait pu la faire. En 1656, la communauté de l'hôpital de Nantes
devient le point de ralliement pour les Prêtres de la Mission qui
doivent s'embarquer pour Madagascar. Monsieur Vincent en avertit la Soeur
Servante, Nicole Haran : Le bateau sur lequel se sont embarqués tous ces
Missionnaires fait naufrage en face de Saint Nazaire. Les Soeurs de l'hôpital
recevront, par la suite tout le matériel récupéré
et en prendront soin : En novembre, un nouveau départ pour Madagascar
s'organise. Les Soeurs reçoivent à nouveau les Missionnaires
destinés pour cette mission lointaine : L'entr'aide entre Prêtres de la Mission et Filles
de la Charité ne peut et ne doit pas nuire au service des pauvres.
A son arrivée à Richelieu en 1639, Monsieur Lambert aux
Couteaux demande l'envoi de Filles de la Charité. Après
quelques hésitations, Louise de Marillac accepte d'envoyer deux
Soeurs : c'est le premier envoie loin de Paris ! Une Confrérie
de la Charité est établie pour le soulagement des malheureux,
une école est ouverte pour les petites filles pauvres. En 1641,
Monsieur Lambert accueille une cinquantaine de séminaristes se
préparant à l'ordination sacerdotale. Il requiert les Soeurs
pour aider à l'aménagement de la maison. Isabelle Martin
ne peut plus aller servir les pauvres, accablée par le lourd travail
ménager. Vincent de Paul, de passage à Richelieu, fait remarquer
à Monsieur Lambert que l'entr'aide ne doit jamais contrecarrer
le charisme. sa lettre à Louise de Marillac l'exprime clairement
: Si toutes les relations entre Prêtres de la Mission
et Filles de la Charité doivent être simples, amicales, elles
n'excluent pas la prudence. Vincent et Louise le rappellent lorsque cela
est nécessaire. Deux postulantes de Richelieu, Vincente Auchy et
Nicole, viennent d'arriver à Paris. Elles ont connu dans leur pays
Monsieur Nicolas Durot qui vient de rentrer à Saint Lazare. Celui-ci
se montre très empressé à rencontrer les deux filles.
Vincent de Paul prévient Louise de Marillac : Le frère Jean-Pascal Goret, durant son séjour
en Picardie, au service des populations victimes de la guerre, a été
malade. Il reçoit, en décembre 1651, une lettre de Vincent
de Paul. Après avoir loué Dieu pour sa meilleure santé,
son Supérieur lui parle de retenue dans ses rencontres avec ses
infirmières, les Filles de la Charité : Pastorale des vocations Au XVII éme siècle, les
Prêtres de la Mission ont un rôle très important dans
la pastorale des vocations pour les Filles de la Charité. Dans
tous les lieux où ils sont et où ils vont prêcher,
les Missionnaires sont attentifs à détecter, repérer
des jeunes et à leur proposer de se donner à Dieu pour Le
servir dans les pauvres. Monsieur du Coudray est attentif aux filles de
Lorraine pour y découvrir des vocations. Monsieur Lambert envoie
plusieurs filles de Richelieu. Bernard Codoing à Saint Méen,
Guillaume Gallais au Mans, Louis Thibault à Fontainebleau, puis
à Saint Méen, Denis Gauthier à Richelieu, Guillaume
Delville à Arras proposent des postulantes. Vincent et Louise examinent
les candidatures : Parfois, Vincent de Paul est amené
à tempérer l'ardeur de ses Missionnaires : Plusieurs fois, Vincent de Paul rappelle
les qualités nécessaires pour les futures Filles de la Charité
: Chaque fois qu'un Prêtre de la Mission
se rend dans une maison de Filles de la Charité, en particulier
pour les visites canoniques, Louise demande aux Soeurs Servantes de lui
faire rencontrer les aspirantes. De son coté, Monsieur Vincent rappelle
aux Prêtres de la Mission leur devoir à cet égard.
Il écrit à Pierre de Beaumont à Richelieu : Louise de Marillac et Vincent de Paul veulent éviter que des filles manifestent le désir de devenir Filles de la Charité pour voir Paris ou pour quitter leur campagne et s'assurer un avenir plus agréable que celui qui leur est réservé dans leur famille. Louise de Marillac compté beaucoup sur les Prêtres de la Mission pour effectuer un discernement parmi toutes les demandes. Louise de Marillac, tout au long de sa vie, a manifesté beaucoup d'amitié, de confiance envers les Prêtres de la Mission. Elle a incité les Filles de la Charité à vivre ces mêmes relations simples et fraternelles. Mais de la Congrégation de la Mission, Louise attend beaucoup. Elle compte sur elle pour que la Compagnie des Filles de la Charité puisse conserver son originalité, maintenir sa vitalité et remplir la mission qui lui est confiée dans l'Eglise. Sur Élisabeth CHARPY FdlC. |