Vincent CARME cm. Jésus que ma joie demeure !
Mais il ne suffit pas d'écrire un livre ! Il faut aussi le faire imprimer et imprimer coûte cher ! Pour mon premier livre, deux éditeurs contactés se disaient presque d'accord pour l'éditer, à condition de changer ou même de supprimer quelques articles jugés trop spirituels. Je ne pouvais accepter. Finalement, c'est une dame au grand cour, souhaitant rester anonyme, qui s'est proposée de le faire imprimer. Elle l'a fait par amour pour les pauvres dont je parle dans ce livre, et elle l'a fait gratuitement... Pour l'impression de ce deuxième livre, je n'ai pas osé solliciter la dame dont je viens de parler, mais c'est elle, avertie par un ami commun, qui est venue m'annoncer qu'elle prendrait aussi à sa charge l'impression de ce nouveau livre : "Jésus, que ma joie demeure". L'argent provenant de la vente de ces livres a été ou sera intégralement versé afin de construire une école pour les rejetés, les parias de Tanantsara et Nohona. Les travaux sont bien avancés. Je remercie tous ceux de Paris et de Lorraine qui m'ont aidé à préparer l'impression de ce livre, de la première frappe du manuscrit à l'ordinateur, à la lecture, aux corrections, etc. Oui, encore une fois, MERCI à vous tous, amis très chers. Durant les mois où j'ai travaillé à écrire ce livre, je n'ai trouvé en vous qu'amour, joie et dévouement. Et cela a été pour moi un très grand encouragement. Que Dieu est bon en ses créatures... Vincent CARME cm Reçoit la médaille du ROTARY CLUB
PRÉFACE «Caritas Christi urget nos» (2 Co 5, 14), «la charité du Christ nous presse»... C'est la parole biblique qui me vient à l'esprit quand je pense au Père Vincent Carme. Il y a dans l'amour quelque chose qui «urge», qui ne supporte pas de délai. Se pencher sur une souffrance, crier devant un scandale, remuer ciel et terre pour fissurer un ordre établi absurde ou révoltant, que tout le monde voit, mais sur lequel on préfère fermer les yeux... c'est la mission des disciples de Jésus en qui résonne sa forte parole : «Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice.... » (Mt 5, 6). Le Père Vincent Carme a la pureté du cœur et l'élan intérieur qui lui permettent d'agir, de se lancer dans l'aventure. Aucun obstacle, aucune muraille ne lui font peur. C'est à peine s'il les voit. L'amour jaillit de lui comme un feu qui éclaire, qui purifie, qui brûle sans consumer Pendant quarante quatre ans, il a vécu à Madagascar au milieu des plus pauvres, sillonnant inlassablement la Grande lIe. Il effectuait les longues tournées des missionnaires pour enseigner la foi et les chemins d'une vie éclairée par la Parole de Dieu. Il s'est toujours laissé rattraper par les plus abandonnés, qui ont tous les droits sur ce fils de St Vincent dont il porte le nom. Il connaît et partage leurs souffrances, mais ne les laisse pas s'égarer dans la violence. Un jour, il descend dans la rue pour arrêter la révolte de ses fidèles contre les Karana, dont l'attitude et la richesse ostentatoire insultaient leur misère. Au milieu de ses pauvres, il criait : «Mes chrétiens, mes chrétiens !», tentant d'endiguer le déferlement de leur colère et d'arrêter les pillages qui ne manqueraient pas de les conduire en prison. Au soir de la vigile de la Pentecôte 1995, je suis arrivé avec un séminariste au foyer de handicapés qu'il avait fondé à Tanjomoha. Quelle joie émanait de lui, au cœur de tant de détresse. Tout le foyer nous accueille dans un esprit de fête et veut assister à la Messe que je n'avais pas encore célébrée. Puis, après le repas du soir, le Père Carme déclare à tout son monde : «Pour une fois que vous avez la chance d'avoir un autre prêtre pour demander le pardon de Dieu, profitez-en. C'est la fête de la Pentecôte !» Et me voilà parti pour trois heures de confessions, les fenêtres grandes ouvertes, au milieu d'un ballet incessant de moustiques qui me firent le cadeau d'une bonne crise de paludisme, dès le lendemain. Nous échangeons beaucoup. Tout me fascine dans l'attitude et les paroles du Père Vincent Carme. Il a près de lui un chien, bien que ce soit un animal honni dans cette contrée. «Je le garde près de moi, me dit-il, pour leur montrer que lui aussi est une créature du Bon Dieu, mais je ne le touche jamais, car sinon, ils refuseraient de recevoir la communion de ma main !» Nous célébrons la Pentecôte avec la paroisse de la ville et visitons des familles. Nous vivons une belle rencontre avec les handicapés du foyer et, le soir venu, il me confie enfin : «Tu sais, je suis content parce que, lorsque tu es arrivé, j'avais peur. Je n'ai jamais beaucoup aimé les professeurs de séminaire ; ce sont des intellectuels, et moi, j'ai toujours eu de mauvaises notes. Mais je suis content, car nous nous sommes parlés comme des frères». Quelques années plus tard, Vincent Carme quitte Vohipeno et va vivre au milieu d'une petite ethnie rejetée de tout le monde, se dévouant entièrement à eux, jusqu'à ce que la maladie, en 2004, l'oblige à revenir en France et à y rester. Pendant près de quatre ans, il partagea la vie des bannis, des réprouvés, et grâce à lui, ces hommes et ces femmes comprirent enfin qu'ils étaient aimés. Les récits qu'on va lire ont la saveur d'une parabole de l'Incarnation : «Il s'humilia plus encore, prenant condition d'esclave… » (Ph 2, 8). Aujourd'hui, dans la logique de cette vie dévorée par l'amour, le Père Carme poursuit son offrande sous une nouvelle forme, dans les chemins de la maladie : «Tout ce que tu veux, Seigneur. Mais donne-moi la force de porter cette croix, accorde-moi ta joie, pour moi et pour les autres». Béni soit Dieu qui lui conserve une bonne mémoire, son zèle missionnaire et la ferveur de sa prière ! C'est ainsi que nous pouvons lire ce bouquet de souvenirs, ces fioretti cueillis pour la plupart dans la Grande Ïle. Je sais combien la vie du Père Carme a marqué la vocation et la vie des séminaristes qui ont servi les pauvres à ses côtés, et que j'avais la charge de former. II y a dans la charité quelque chose d'irréfutable qui emporte les objections et balaie tous les doutes. Pour moi, je considère comme une des grâces de ma vie d'avoir croisé, même brièvement, la vie du Père Vincent Carme. Cardinal Philippe BARBARIN On peut se procurer cet ouvrage auprès de Madame Joseph CHATTE, 3 rue de Lorraine, |