Restes de l'église

 

 

 

 

 

 

 


La voûte

L'abbaye de Fontaine-Guérard


Restes de l'abbaye de Fontaine-Guérard

Située sur la commune de Radepont dans le département de l’Eure en Normandie, l'abbaye de Fontaine-Guérard est une abbaye féminine affiliée à l’ordre de Cîteaux dont le style de construction en gothique anglo-normand, gothique primitif ayant des caractéristiques propres à la Normandie, est une pure merveille architecturale. Sa très belle salle capitulaire largement ouverte sur le cloître en est le meilleur témoin.


Sugeon abondant appelé “Fontaine qui guerit” qui donna son nom à l'Abbaye, “Fontaine-Guérard”.

Il ne reste aujourd’hui pratiquement rien des bâtiments extra-claustraux, sinon, au nord, le cellier voûté que surmonte la chapelle St Michel. Par contre, s’articulant avec les ruines de l’église abbatiale, le bâtiment claustral fermant à l’est le quadrilatère conventuel est pratiquement intact. Il constitue un ensemble homogène de haute qualité, avec notamment ses deux belles salles du rez-de-chaussée (salle capitulaire et salle de travail des moniales) et son dortoir à l’étage. Il s’agit là d’un excellent témoignage à la fois de l’architecture monastique anglo-normande du début du 13e siècle et du plan généralement adopté dans les abbayes cisterciennes. De plus, les bâtiments conservés n’ayant subi aucune modification, le visiteur découvre l’abbaye sous son apparence médiévale.
 
Historique :
Vers 1135, Amaury de Meulan, seigneur de Gournay, fonde un prieuré de femmes sur ses terres de Fontaine-Guérard. Vers 1190, sur la demande de Gautier de Coutances, archevêque de Rouen et grand bienfaiteur de monastères, Robert «Aux mains blanches», comte de Leicester et cousin d’Amaury de Meulan, fait un don important assurant la renaissance de l’établissement.
 
Avant 1207, les moniales s’affilièrent à l’Ordre de Cîteaux et une bulle du pape Innocent III en ratifie les privilèges. L’église est consacrée en 1218 par Robert Poulain, archevêque de Rouen. Tous les bâtiments réguliers sont construits en 1253, lorsque la première abbesse Ida en prend possession.
 
Beaucoup d’abbesses appartenaient à l’aristocratie du pays. Dans la liste, quelques noms dominent. On cite Élisabeth de Maromme qui gouverna l’abbaye pendant quarante-quatre ans (1496-1540) et fit exécuter des travaux importants. On parle surtout d’Élisabeth de Bigards de la Londe, abbesse pendant quarante-deux ans (1619-1661).
 
A la Révolution Française, les bâtiments sont vendus comme biens nationaux. La dernière abbesse fut Marie Madeleine-Eléonore du Bosc de Radepont. Nommée en 1777, elle se retire dans sa famille à Radepont en 1790 lors de la dispersion des moniales.
 
A la destination religieuse des lieux allait succéder leur utilisation industrielle. Le 12 mars 1792, François Guéroult devient acquéreur des bâtiments. Dès lors, il décide de créer une vaste filature de coton. C’est ainsi qu’il va utiliser l’abbaye comme carrière de pierre pour la construction de la première filature. En 1822, M. Guéroult vend le domaine industriel au baron Levavasseur, propriétaire de nombreuses filatures en Normandie.
 
Au début du 20e siècle, les descendants du baron Levavasseur vendent le domaine monastique. Plusieurs acquéreurs se succèderont jusqu’en 1937, date à laquelle le dernier propriétaire, qui n’avait pas d’héritier, légua son domaine à l’Armée du Salut. Après la seconde guerre mondiale, l’Armée du Salut met en place un programme de restauration des bâtiments conventuels en accord avec les Monuments Historiques.
 
Aujourd’hui, l’abbaye est devenue un site touristique important dans le Pays du Vexin Normand. Afin de valoriser le patrimoine architectural, la Fondation de l’Armée du Salut a mis en place des chantiers d’insertion à objet culturel permettant ainsi de lutter à la fois contre l’exclusion sociale et contre l’exclusion culturelle.