La "Médaille miraculeuse" victime de détournement
FRAUDE : L'association "Tradition, Famille, Propriété" sollicite des dons de chrétiens en utilisant la médaille miraculeuse de la chapelle de la rue du Bac à Paris
Elle en a l'apparence, la couleur, la forme et la taille. Depuis plusieurs mois, de nombreux foyers reçoivent chez eux un tract les invitant à une neuvaine de prière, avec, en cadeau, une petite médaille, identique en tout point à celles que l'on peut trouver à la chapelle de la Médaille miraculeuse, rue du Bac à Paris. La lettre propose d'aider à la diffusion de cette médaille, en envoyant des dons d'un montant relativement important (20 à 175 €). Elle est signée par la "Société française pour la défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété" (TFP), mouvement considéré comme secte dans un rapport parlementaire (1996) et, en tout état de cause, en aucune manière reconnu par l'Église catholique. L'épiscopat français avait d'ailleurs, dès 1989, dénoncé "la campagne de dénigrement menée par TFP à l'égard de l'Église catholique et des autres religions", notamment par le biais de l'association "Avenir de la culture", et mis en garde les catholiques.
Il est difficile d'agir juridiquement contre une telle contrefaçon. "Des gens sont abusés car ils pensent nous envoyer de l'argent. Or nous n'avons rien à voir avec cela. Ce sont des sommes importantes." Choqué, le P. Daniel, Planchot, Prêtre de la mission, chapelain de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, évoque "les avalanches de lettres qui arrivent rue du Bac, de personnes qui protestent, ou demandent des explications. "Nous avons tout un service courrier, uniquement pour cela ! "
Au plan juridique, il est difficile d'agir contre une telle contrefaçon : il n'existe pas de copyright sur la médaille. L'association TFP a pris ses précautions. En toute petite note, elle précise, que le donateur "laisse Tradition, famille, propriété" seule juge de l'utilisation de (son) don pour cette campagne ou pour la réalisation de ses buts statutaires". TFP est d'ailleurs coutumière du fait, puisqu'il y a quelques années, elle utilisait l'image de Notre-Dame& Fatima. " D'ailleurs, la popularité de la médaille est telle qu'elle est fabriquée un peu partout et qu'il serait difficile d'en contrôler la production, estime encore le P. Planchot. Ce n'est pas un produit commercial." Le chapelain a donc diffusé une note (lire ci-dessous), pour mettre en garde les personnes qui reçoivent la lettre et éviter les confusions. Reste à savoir comment l'association se procure les fichiers qui lui permettent de cibler ainsi ses envois.
Isabelle de GAULMYN
Quotidien «La Croix», mardi 10 décembre, p. 20
![]() |
La
mise en garde du P. Daniel Planchot
|