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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
22 décembre En 1795, à Brouage, mort en captivité pour la Foi de M. Frayssé. (R) En 1800, à Paris, Chaptal, ministre de lintérieur, signe le décret qui rétablit officiellement en France les Filles de la Charité quil qualifie d' institution sublime. Afin que la Compagnie puisse former de nouvelles recrues des élèves pour le service des hospices, comme sexprime le décret, le ministre met à la disposition des Surs la maison hospitalière des orphelines, rue du Vieux-Colombier. Cest de cette bonne vieille rue parisienne, lactuel n° 11, devenu caserne de pompiers Un retour officiel à la vie voilà ce que le décret Chaptal accorde aux Filles de Monsieur Vincent. En fait, elles nont jamais cessé dexister : au moment de la Révolution, il y avait, en France, environ quatre mille trois cents Surs et quatre cent cinquante maisons. Pendant la tourmente, cent cinquante établissements continuèrent à fonctionner. La Très Honorée Mère Deleau navait-elle pas, le 7 avril 1792, donné à ses filles la très noble et très sage consigne de ne pas abandonner le service des pauvres (1) ? En 1842, un second groupe de Surs arrive à Alger
pour la Miséricorde : soit le service de trois classes communales.
une salle dasile et la visite des Pauvres à domicile. La
Maison deviendra Maison Provinciale quand, en 1851, M. Etienne érigera
la Province dAlgérie. En 1855, cette Province compte 24 Maisons
et 32 en 1877. Mais surviennent les laïcisations et beaucoup de Maisons
sont réduites à la plus extrême pauvreté. Il
faut trouver un moyen de vivre à Hussein-Day, elles firent la cueillette
des fleurs doranger pour les vendre au pharmacien ; à
El-Biar, elles deviennent blanchisseuses et même entreprennent le
service de la voirie municipale : à Saint-Michel, on cultive
et on vend des légumes, etc
En 1955, à linfirmerie de la Maison-Mère, au début de la nuit, Frère Louis Bernier meurt, discrètement, comme il a vécu. Sur quatre-vingt-deux années dâge et soixante et une de vie religieuse, il en a consacré cinquante-quatre à la Maison-Mère, et plus de cinquante au service actif de la propreté. Sa vie donne limpression dun chapelet calmement égrené. Tant que ses forces physiques le lui permirent, il a ajouté lune à lautre, comme les grains dun rosaire - car il les accomplissait pour le bon Dieu chacune de ces multiples activités qui constituent loffice si important de la propreté. Si, comme il advenait fréquemment on le dérangeait dans sa présente occupation, un léger tressaillement musculaire laissait à peine deviner leffort quil simposait pour Être aimable et qui était, dans le chapelet de ses actions, le gros grain, le Gloria Patri méritoire. Quand, ses divers labeurs terminés, il pouvait sarrêter, ses doigts, durcis au contact dinstruments variés, se reposaient, avec son âme, sur les grains de son vieux chapelet La souriante serviabilité dont le Frère Bernier laisse lagréable souvenir, était chez lui une vertu acquise et non un penchant inné ; cette constatation, à elle seule, suffirait à montrer avec quelle raison, en parlant de ce Frère de la Mission, économe au point dêtre devenu le conservateur dun tas dobjets hétéroclites dont lutilité se révélait un jour ou lautre, serviable jusquà être, la souriante victime des importuns, discret comme lest tout homme qui vit en Dieu, on a pu dire : le saint Frère Bernier (2).
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