|
ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
5 décembre En 1878, arrivée à Kéren (Ethiopie) de la Mère Lequette qui ayant achevé son généralat veut finir ses jours en mission. Mais en 1894 les Surs se retirent pour donner la place à des religieuses italiennes. Quelques-unes iront à Madagascar. (R) En 1896, à Lisbonne, M. Eugène-Emile Miel, premier recteur lazariste de Saint-Louis-des-Français et premier visiteur du Portugal, meurt vers les quatre heures du matin. Entre lui et saint Vincent, il y a une étonnante ressemblance dans les méthodes daction. Cest la misère qui lança M. Miel dans le charitable apostolat qui fit de lui, pendant près de quarante ans, linstaurateur de la vie chrétienne authentique à Lisbonne. Il y vint, parce que, en 1856, la capitale était ravagée par le choléra, auquel succéda, en 1857, la fièvre jaune qui devait faire dix mille victimes. Or, depuis lordonnance royale de 1831, il ny avait plus aucun ordre religieux au Portugal. Entraînées par limpératrice douairière du Brésil, des dames se dévouaient, mais, débordées, elles lancèrent un appel au Père Etienne. Comprenant quel beau champ daction souvrait aux enfants de saint Vincent, le supérieur général envoya aussitôt un groupe de Filles de la Charité avec trois missionnaires parmi lesquels M. Miel. Au séminaire de Châlons, doù lobéissance lenlevait, il sétait fait remarquer dans les divers emplois quil y remplissait depuis 1846, année de son ordination. Un an après son arrivée sur les bords du Tage, ce bourguignon se révèle déjà créateur duvres de charité et de piété. Il plaide dabord la cause des enfants que les épidémies ont fait orphelins ; à sa voix, des asiles et des hôpitaux souvrent, et les grandes familles de la ville contribuent à leur existence. Par suite du départ des Prêtres de lOratoire, voici M. Miel chargé du rectorat de Saint-Louis ; il ny trouve que des murs et une chapelle au toit percé. Et surtout il constate que dans Lisbonne la piété est à peu près inexistante. Il lance le mois de Marie, et, pour le clôturer, la cérémonie de la communion solennelle, deux pratiques absolument inconnues dans la capitale. Et bientôt, dans sa vie comme dans celle de Monsieur Vincent, les uvres sappellent lune lautre : uvre du Vestiaire, pour les premiers communiants pauvres, uvre des Soupes, uvre des Catéchismes, Dames de la Charité, Enfants de Marie, lUnion de prières aux Curs souffrants de Jésus et de Marie, dont Pie IX voulut être lun des premiers membres inscrits et qui comptera bientôt cinquante mille associés. M. Miel lance aussi la Maîtrise qui, tout en permettant de donner aux chants et aux cérémonies plus de dignité, fait éclore des vocations sacerdotales. Et le petit hôpital quavec trois Filles de la Charité il installe sous la protection du drapeau français, sera, quand la politique aura obtenu le départ des soixante-dix Surs implantées au Portugal, la cellule vivante doù la vie vincentienne reprendra, un jour En vérité, cest bien à M. Miel que Saint Louis-des-Français doit dêtre un centre de vie chrétienne et la double famille dêtre encore aujourdhui au Portugal (1). En 1951, le cercueil de M. I est transporté au cimetière
de Chala. Ce missionnaire avait été arrêté
le 25 juillet et est mort martyr. Il avait été désigné
comme pro-visiteur en prévision de lexpulsion des étrangers.
|