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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
4 décembre En 1648, arrivée des premiers Missionnaires à Madagascar. En vingt-cinq ans, y furent envoyés 17 prêtres, 10 frères, et quatre prêtres séculiers. Un prêtre Lazariste, M. Etienne, et trois frères y sont morts martyrs. En 1848, à Pékin, mort de Mgr Moula, un des plus grands Evêques Missionnaires de la Congrégation de la Mission. Il avait proposé à Rome la nomination dun prêtre chinois pour lépiscopat, mais sans succès, dès 1840. En 1868, à Pékin, vers les sept heures du soir, Mgr Joseph Martial Mouly, vicaire apostolique du Tchély-Nord, meurt à lâge de soixante et un ans, usé par ses trente-cinq ans de labeur en Chine. Cet évêque sapparente aux grands pontifes qui firent lÉglise, alors quelle sortait des Catacombes. Mgr Mouly est arrivé en Chine à une époque où la proscription sexerçait, sévère, contre les missionnaires ; et une dizaine dannées avant sa mort, il pouvait saluer le triomphe de lÉglise dans le Céleste Empire. Quand, après trois ans de professorat au collège de Roye, en Picardie, il débarque à Macao, en 1834, il consacre quelques mois à préparer sa vie de missionnaire traqué ; puis, déguisé, il traverse toute la Chine pour gagner la Mongolie dont il doit évangéliser un territoire qui mesure six cent cinquante kilomètres du nord au sud et qui compte deux cents villages, cinq prêtres chinois et lui, tout seul, comme prêtre européen. Mouly ne révolutionne pas : il agit modestement, mais avec une flamme qui se communique, et peu à peu des innovations apparaissent qui indiquent le travail accompli : restitution du chant des offices, admission des femmes dans les églises, institution de prédicateurs ambulants, création décoles pour les enfants, même pour les filles. En 1842, il est évêque et chargé de la Mongolie érigée en vicariat ; cest cependant la même vie missionnaire quil continue à mener, circulant par monts et par vaux pour entrer en contact direct avec ses chrétiens. En 1856, la province de Pékin est divisée en trois vicariats ; Mgr Mouly reçoit en héritage le Tchély-Nord ; mais il ne peut établir sa résidence à Pékin ; il doit même se cacher dans une chrétienté aux abords de Tien-tsin. Les événements diplomatiques et militaires qui aboutissent au traité de Tien-tsin, lui permettent de faire valoir près de la Cour impériale les droits des missionnaires. Et alors cest le triomphe, la vie au grand jour. Églises et cimetières de Pékin sont rendus aux catholiques ; et quand tout est réglé de ce côté, Mgr Mouly vient en France chercher des missionnaires et des Filles de la Charité. Revenu avec le renfort désiré, il installe les Surs à Pékin et à Tien-tsin, il bâtit le Pétang ; aux dix-huit mille chrétiens quil a trouvés dans son vicariat il en ajoute six mille, et son souci du clergé indigène a été si grand quil peut - déjà ! - proposer un prêtre chinois pour lépiscopat Sens de ladministration, ténacité paisible, fermeté sans rudesse, finesse sans duplicité, cet ensemble de qualités humaines animé par un zèle ardent, mais équilibré, ont fait de Joseph Martial Mouly le type même de lévêque-missionnaire, lapôtre dont chaque pas fait avancer lÉglise (1). En 1938, le Cardinal Pacelli, futur Pie XII prononce le
panégyrique de saint Vincent de Paul en léglise Saint-Joachim
à Rome : Cest au milieu même des Pauvres et
des misérables recherchés et aimés par lui quil
envoya et dispersa hors du cloître ses Filles de la Charité.
Il suffisait que de leur cur elles fussent un cloître de Foi
et dAmour résistant aux vents du monde tandis quelles
sortiraient à la vue des hommes avec la lumière de leurs
multiples bonnes uvres pour faire glorifier notre Père qui
est dans les Cieux
Dans le jardin de léglise, les Filles
de la Charité apparaissent comme une semence qui devient une fleur,
une fleur qui se change en fruit.
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