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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
1 er décembre En 1836, naissance de Sur OSullivan qui sera une des dix martyres de Tien-Tsin. Elle était la première Fille de la Charité dIrlande. Entrée à la Communauté le 21 janvier 1856, elle fut placée à Boulogne puis à Drogheda où elle fit les Saints Vux, et ensuite à Bulligham doù elle partit pour la Chine. A seize ans, elle avait prédit à une de ses amies quelle irait dans ce pays et y subirait le martyre En 1907, à Trujillo, au Pérou, M. Théophile-Jean Gaujon. confrère, né à Carcassonne, le 21 février 1852, mérite bien une mention spéciale. Donné à lEquateur, en 1875, année de son ordination, il sy montra, comme, par la suite en Amérique centrale, excellent professeur. Ce nest certes pas par ce seul côté quil a droit déchapper à loubli. M. Jean Gaujon a eu un violon dIngres qui nétait pas quune marotte. Pendant sa dernière année détudes à Paris, M. Jean Gaujon fut lélève notre célèbre confrère, Armand David qui, rentré de sa troisième expédition scientifique en Chine et professeur de sciences naturelles, éveilla la vocation de naturaliste qui sommeillait en notre Carcassonnais. Dans le vaste domaine de lhistoire naturelle, M. Gaujon sut fixer son choix : il se cantonna dans létude des papillons. Avec ses élèves, ou bien seul, pendant les vacances, il se mit à la recherche de ces fleurs vivantes et parcourut ainsi toute la campagne de Loja où nous venions douvrir un petit séminaire. Rien ne larrêta le pays où nexistait aucune voie de communication routière ou ferrée ; ni les blâmes ou les ironies de ceux - confrères ou autres - dont lindolence naturelle se satisfait en dévotes épousailles avec dame Routine et son minimum de cas. Au grand scandale de cette catégorie humaine, M. Gaujon neût-il pas, un jour, lidée de transformer lune des chants de la maison en une sorte de magnannerie où il éleva toutes sortes de chenilles : en effet, le respect de la Règle lempêchant de se procurer certaines espèces de papillons qui ne volent que la nuit, il imagina de les obtenir par lélevage de leurs chenilles. Et son entreprise réussit à merveille. Quand il eut épuisé les ressources de la campagne environnante, M. Gaujon étendit le rayon de ses recherches jusque dans les terres où vivaient en sauvages de terribles Indiens dont il gagna lamitié, en particulier celle des Jivaros qui, jusquau début de ce siècle, résistèrent à toute tentative de conquête ou decivilisation. Les patientes et parfois périlleuses recherches de M. Gaujon lont amené à découvrir, reconnaître et classer douze cents espèces de papillons. Il en expédia une partie à M. David pour le musée de la Maison-Mère ; elles ont été données à lInstitut catholique, lorsque, vers 1905, on craignit dêtre chassé de la rue de Sèvres. Mais la plus grande partie de ses découvertes, M. Gaujon la céda aux frères Oberthur, de Rennes en payant fort cher ses spécimens, lui fournissaient largent nécessaire aux expéditions qui comblaient ses vacances professorales En poursuivant les papillons aux ailes de pourpre et dazur, M. Gaujon a, non seulement servi la science mais ajouté à ses autres bons exemples, celui de la ténacité (1).
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