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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
29 novembre
En 1633, à Paris, en la maison de Mlle Le Gras, proche
Saint-Nicolas du Chardonnet rue des Fossés-Saint-Victor
trois ou quatre filles sassemblent pour apprendre à
servir les pauvres
Cest une considération dutilité
pratique qui est à lorigine de ce petit fait : les détails
concrets et peu ragoûtants de la Charité en exercice apparaissaient
aux Dames des Confréries parisiennes de la Charité, comme
incompatibles avec leur haute condition sociale. Elles avaient donc confié
ces basses besognes à leurs servantes ; mais cétait
là un supplément de travail qui ne plaisait guère
à ces filles
Monsieur Vincent a prié, réfléchi
Pourquoi ne pas confier à Mlle Le Gras alors supérieure
de la confrérie de la Charité de sa paroisse le soin
de dresser (le mot est de lui) quelques filles à
laccomplissement surnaturel de ce service matériel des pauvres ?
Cest cette idée qui, aujourdhui, entre dans la voie
des réalisations. Et cest ce jour qui est bien le jour de
naissance de la petite Compagnie des servantes des pauvres malades. Il
ne nous en reste aucun acte officiel de fondation ; nous ignorons
le nombre exact et le nom des premières filles qui commencent,
à cette date, leur probation sous la conduite de Mlle Le Gras.
Quimporte ! luvre réussira en raison même
de lhumilité de ses commencements. A lanonymat des
premières servantes des pauvres, linspiration populaire suppléera
en leur donnant le beau nom de Filles de la Charité (1). En 1688, au petit hôpital dAult, bourg proche dAbbeville, arrivée de Sur Adrienne Froissard et Sur Marie Martin, envoyées pour soigner les malades tant du dedans que du dehors de lhôpital. Un procès verbal de leur arrivée est rédigé et signé par les Administrateurs et expédié à la Maison Mère à Paris. (C) En 1696, lEvêque de Senlis, comme administrateur de lHôtel Dieu de sa ville signe avec Mère Mathurine Guérin et les Surs officières le contrat détablissement de trois Surs pour le service des malades de lHôtel Dieu. (C) En 1700, devant les notaires du Châtelet de Paris, un contrat est signé dune part par Monsieur Gazane, prêtre de Bordeaux, délégué du Curé de la paroisse Saint-Michel et de la Présidente des Dames de la Charité, et la Compagnie des Filles de la Charité représentée par Mère Julienne Laboue et ses officières, Surs Louise Texier, Marie Chevalier et Geneviève David, et par Monsieur Nicolas Pierron. Les Surs envoyées pour le service des malades de la paroisse Saint-Michel de Bordeaux sont arrivées lannée précédente. (C) En 1909, à Paris, chez les Filles de la Charité de la rue des Bernardins, trente jeunes filles se réunissent : quinze dentre elles appartiennent à des familles aisées, les quinze autres viennent du patronage des Surs. Elles veulent se former à la pratique de la Charité, par la visite des pauvres à domicile. Cest labbé Lenert, curé de Saint Nicolas du Chardonnet, qui a eu lidée de mettre laccent sur ce que saint Vincent a inscrit dans le règlement de la Confrérie de la Charité approuvé en 1617 par larchevêque de Lyon : il y était dit que luvre se composerait de femmes, mariées ou veuves, et aussi de jeunes filles Labbé Lenert préside cette première réunion, tenue en ce jour en souvenir du 29 novembre 1633, en cette même paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnet. M. Villette, procureur de la Mission, et sous-directeur général des Dames de la Charité, donne lecture des lettres approuvées par larchevêque de Paris, et qui agrègent la nouvelle association à la grande famille de saint Vincent de Paul Ainsi naquit luvre des Louise de Marillac. LAssociation, actuellement répandue dans tout lunivers est le rameau verdoyant qui, poussé sur le tronc séculaire de la Charité vincentienne, lenrichit de fleurettes de qualité (2).
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