ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

  16  novembre

En 1654, Marie Joly qui est enfin arrivée à Paris (cf. 9 octobre 1654) ne peut résister à la tentation qui la tenaille. Après le repas, elle prend ses affaires et sans rien dire, quitte la Maison Mère. Avant de monter dans le coche, elle s’interroge sur son comportement. Le remords est plus fort que la tentation. Elle fait demi-tour et rentre à la Maison Mère. (C)

En 1793, Mort de M. Bailly, emprisonné pour la Foi à Amiens. (R)

En 1841, au Pellerin, petite paroisse du diocèse de Nantes, naissance d’Emile Coitoux… Un jour, l’évêque de Nantes, Mgr Fournier, convoque en son palais épiscopal l’un de ses prêtres. Celui-ci a trente-trois ans ; après avoir été vicaire à Montoiro, près Saint-Nazaire, il remplit actuellement les mêmes fonctions à la cathédrale. “M. Coitoux, dit Mgr Fournier, j’ai besoin d’un supérieur qui puisse sortir mon petit séminaire de Guérande, de la crise qu’il traverse. C’est vous que je nomme à ce poste” “Monseigneur, je refuse”, déclare tout de go l’abbé qui est bien connu pour ses réparties tranchantes. Et comme l’évêque insiste, M. Coitoux ajoute : “Monseigneur, j’ai entendu l’appel de Dieu et je me propose d’entrer chez les Lazaristes, dès que mon père sera mort.”  — “Eh bien, à ce moment-là, déclare Mgr Fournier, je vous rendrai votre liberté. Mais, pour l’heure, vous êtes supérieur de Guérande.” Sept ans plus tard. Dans le même décor, les deux mêmes personnages se retrouvent. L’abbé Coitoux a remis le séminaire de Guérande dans la bonne voie, et son père vient de mourir. Tout en déposant sur le bureau épiscopal ses registres et sa caisse, le supérieur articule tranquillement : “Monseigneur, dès la semaine prochaine, je me rends à la Maison-Mère des Lazaristes.” “Mais j’ai besoin de vous, s’écrie Mgr Fournier, et je ne vous donnerai pas la permission de partir !”“Monseigneur, rétorque M. Coitoux, qui est tout aussi Breton que son prélat, vous avez donné votre parole et un évêque n’a qu’une parole.”… Dans ces deux scènes, M. Coitoux est tout entier : netteté du verbe qui dénote une pensée sans bavure ; énergie qui sait, envers et contre tout, tenir une résolution, quand il la sait agréable à Dieu ; désir de sainteté. Les séminaristes de Cambrai, et surtout ceux d’Albi et de Dax bénéficieront de ses extraordinaires qualités et de la plénitude de son élan dans la vertu, en même temps que de son lumineux enseignement de moraliste. De 1887 à 1903, Albi a le privilège de le posséder. D’une même main, il pousse à la croissance l’âme de ses clercs albigeois et il agrandit les bâtiments du séminaire, selon ses propres plans, et sans qu’il en coûte un centime au diocèse. Lorsque Combes, — qui se prénommait Emile, lui aussi, et qui avait été congédié du séminaire d’Albi, — l’obligea à quitter “son” séminaire, M. Emile Coitoux — malgré ses soixante-deux ans — s’offrit au Père Fiat pour travailler n’importe où, et même à l’étranger, “sans condition”. Notre-Dame du Pouy le garda, pour le plus grand bien spirituel et intellectuel de ses étudiants, et puis, des pénitents qui assiégèrent le confessionnal, son dernier champ d’action. Énergique jusqu’au bout, M. Coitoux refusa tout soulagement à ses souffrances, avant de franchir, l’âme pleine de mérites, le seuil de l’éternité, le 9 novembre 1922 (1).

l) Annales, t. 88, pp. 147-162 ; t. 102, pp. 71-73 ; 342-351.