ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

 15  novembre

En 1881, mort de Sœur Gain, fondatrice d’un hôpital ottoman à Constantinople. Partie en Mission avant ses Vœux, elle fit merveille à la visite des Pauvres. Lors de l’épidémie de choléra en 1865, on amène les contagieux dans un café turc où il faut organiser une ambulance. Mais il y a 30 lits et plus de 40 à 50 malades chaque jour… Le Docteur sans autre personnel qu’un infirmier de fortune se désespère. Quand il voit passer Sœur Madeleine, il la retient et pendant près d’un mois avec une autre Sœur, elles vont se dépenser sans compter. Chaque jour, il y a huit ou dix morts bien vite remplacés par d’autres malades. Une tente est prêtée pour permettre d’en recevoir davantage. Il en passa ainsi plus de 500 et la Municipalité fut si contente des Sœurs qu’elle résolut de leur confier l’hôpital ottoman où ne sont reçus que des malades turcs, plus de 1500 en trois ans. Là ne s’arrête pas la charité de notre Sœur qui ne cesse de se donner aux Pauvres quelles que soient leurs misères. (R)

En 1916, à Paris, dans la chapelle de la Maison-Mère, sous la présidence du cardinal Amette et en présence des plus hautes personnalités ecclésiastiques, civiles et militaires, M. Louwyck, vicaire général, célèbre le service funèbre du T.H.P. Villette, dont les obsèques se sont déroulées à Buglose et au Berceau-de-Saint-Vincent, le 10 novembre… Au diocèse de Cambrai qui, après l’avoir vu naître à Somain en 1855, lui donna Emile Villette, la petite Compagnie a exprimé sa gratitude en lui redonnant, en 1877, comme supérieur du séminaire de philosophie de Solesmes, M. Villette dont le grand séminaire d’Oran avait été, pendant quatre ans, le terrain d’apprentissage. Il n’a alors que trente et un ans. Mais on eut raison d’espérer en lui. De Solesmes, M. Villette fait, en même temps qu’un laboratoire de brillantes études, un véritable noviciat de vie cléricale. Neuf ans après, revêtu du titre de vice-supérieur du grand séminaire de Cambrai, il est chargé d’épauler la patriarcale vieillesse de l’illustre M. Sudre, en attendant de lui succéder. L’héritage était lourd, du fait de l’immense prestige dont jouissait M. Sudre, supérieur de Cambrai depuis quarante et un ans. Mais, avec sa silhouette imposante, son aimable gravité, sa compréhension des formes neuves d’apostolat, et, par-dessus tout, par sa haute idée du sacerdoce, M. Villette plut et marqua profondément le clergé cambrésien. Peut-être eût-i1 connu, à la tête de ce séminaire, un long règne, comme M. Sudre. Mais l’année 1903, en fermant les vingt-trois séminaires de France dont nous avions la charge, fit de M. Villette le procureur général de la Compagnie. Sa sagacité, son tact le prédisposaient à être le digne représentant du T.H.P. Fiat, dans les visites officielles qu’il fit aux Etats-Unis, en Orient, en Autriche, en Pologne, en Allemagne, en Espagne et en Italie. Tout en servant bien l’Église et la petite Compagnie, en ces occasions, il fut, grâce à son intelligence des intérêts supérieurs de son pays, un bon serviteur de la France ; et le ministère des Affaires étrangères eut pour lui une estime toute particulière. Dès lors, la spontanéité avec laquelle la vingt-septième Assemblée générale le choisit comme successeur du Père Fiat, s’explique fort bien. Et la double famille de saint Vincent qui, avec toute l’Europe, se trouvait, au même moment, engagée dans la première guerre mondiale, était persuadée qu’en cet homme de cinquante-neuf ans, riche de qualités et d’expérience, et d’une santé solide, elle avait reçu de Dieu le chef qui lui permettrait de traverser sans encombres les circonstances les plus critiques. Hélas vingt-huit mois après son élection, le T.H.P. Villette mourait au Berceau-de-Saint-Vincent-de-Paul, où, sur l’ordre des médecins. il était allé se reposer. Il avait soixante et un ans (1).

1) Annales, t. 82 pp. 18-34.