ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

  6 novembre

En 1640, départ des premières Filles de la Charité pour l’hôpital de Sedan. Un autre groupe partira en 1654 : “Voyons leur dit saint Vincent, voyons ce que vous devez faire pour que Dieu soit honoré. Je crois, mes Soeurs, qu’il ne faut autre chose que la pratique des vertus qui composent votre esprit : la charité, l’humilité et la simplicité”. (R)

En 1781, à Paris, sur les neuf heures du matin, le T.H.P. Antoine Jacquier, neuvième supérieur général, meurt à l’âge de quatre-vingt-un ans. Il y a vingt-cinq ans que la treizième Assemblée générale lui a confié le gouvernement de la double famille de saint Vincent. M. Jacquier a été élu par trente-trois voix contre trois ; l’unanimité presque totale de ce vote laisse deviner l’excellente renommée dont jouissait alors dans la Compagnie son bénéficiaire. Et, de fait, la première partie de la vie religieuse de M. Jacquier est une ascension continue dans les charges : directeur du séminaire interne de Lyon, supérieur du grand séminaire de Manosque, visiteur de la province de Lyon, puis de celle d’Aquitaine, visiteur qui donne à chacune de ses maisons l’impression qu’elle est l’unique maison de sa circonscription, tant il se consacre à chacune, assistant du supérieur général, M. de Bras, toutes ces fonctions ne font qu’exalter les éminents talents d’Antoine Jacquier… M. Pertuisot, le vicaire général qui assura l’interrègne avant l’élection de M. Cayla, successeur de M. Jacquier, — a, dans sa circulaire du 1er janvier 1788, assemblé en une gerbe impressionnante toutes les qualités qui fleurissaient l’âme, l’esprit et le cœur du huitième successeur de saint Vincent, et qui firent de M. Jacquier, — selon les mots de M. Pertuisot — “l’idole de la Congrégation”. D’ailleurs, les Jésuites ne s’y étaient pas trompés en leur collège de Lyon, ils eurent pour élève ce jeune homme, originaire de Saint-Héan, et sur lui ils concentrèrent leurs espoirs un moment, Antoine Jacquier songea à se donner à la Compagnie de Jésus ; mais bientôt son attrait pour la petite Compagnie fut plus fort… Quand, en 1762, il inaugura son généralat, l’atmosphère du temps était empoisonnée par les philosophes et par la lutte sournoise que Voltaire menait contre la Religion. Par ses directives, M. Jacquier mit ses fils en garde contre la contagion, tant et si bien que l’arbre vincentien continua à se garnir de branches nouvelles. Tandis qu’à Saint-Lazare un abondant recrutement emplissait la Maison-Mère qui, par exemple, en 1775, comptait soixante quinze étudiants et cinquante séminaristes, la Compagnie se chargeait de huit nouveaux grands séminaires en France et de quatre en Italie. Avec la suppression des Jésuites, elle se voyait confier les missions du Levant et de Chine. À la mort de M. Jacquier on enregistrait vingt-deux établissements nouvellement fondés. Parmi les plus graves soucis de son généralat, prirent place les difficultés créées à nos confrères par le partage de la Pologne et par le dey d’Alger. Pendant les vingt-cinq ans de gouvernement de M. Jacquier, trois Assemblées générales et deux Assemblées sexennales se sont tenues ; mille deux cent quatre-vingt-quatre prêtres ou clercs et quatre cent quatorze frères coadjuteurs firent les Vœux dans la petite Compagnie (1).
Il travailla pour la petite Compagnie avec Sœur Lemaistre, Sœur Gest, Sœur Hesnard, Sœur Malville, Sœur Drouet et Sœur Dubois, comme Supérieures Générales, et MM. Joubert et Bourgeat comme Directeurs.

En 1819, à l’hôpital de Clermont, décès de Sœur Mousteyro, 24e Supérieure Générale, qui donna sa démission plutôt que de voir les Filles de la Charité reconnaître un autre Supérieur que le Général de la Mission, qui était alors M. Hanon.

En 1951, arrestation de M. Paul Tchao, Lazariste, Directeur de la Légion de Marie à Hanchow. (R)

1) Circulaires, t. II, pp. 1-9 ; Annales, t. 89, pp. 987-1026.