ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

 3  novembre

En 1645, un contrat est passé devant notaire entre Monsieur François du Marché, curé de la paroisse de Serqueux (en Normandie) et les Filles de la Charité sous l’autorité de Monsieur Vincent et Mademoiselle Le Gras, leur Supérieure. Une maison entourée d’un terrain planté d’arbres fruitiers leur est donnée comme demeure afin que les deux Sœurs puissent “enseigner et instruire les filles tant de Serqueux que des villages circonvoisins en la foi catholique, apostolique et romaine, les faire lire et écrire[...], et assister les malades .” (C)

En 1699, Monsieur Jean Hénin, nouveau Directeur des Filles de la Charité, réunit les Sœurs pour sa première conférence. Le thème en est la nécessité de travailler à sa propre perfection. (C)

En 1724, décès de M. Claude Mourguet, deuxième Directeur des Filles de la Charité. Il travailla pour la petite Compagnie avec M. Bonnet comme Supérieur Général et les Sœurs Jeanne Chevreau et Sébastienne Mazurier comme Supérieures Générales. Pendant qu’il était Directeur, il aida M. Bonnet à la rédaction des Statuts administratifs de la Compagnie promulgué en 1718. (R)

En 1724, suite à l’ordonnance du Roi demandant le renfermement des mendiants, les administrateurs de l’hôpital Saint-Charles d’Amiens, demandant deux Sœurs en plus des douze déjà présentes à l’hôpital. Ils déclarent que la pension de ces deux Sœurs devra être payée par le Roi. (C)

En 1848, décès de M. Grappin, 28e Directeur des Filles de la Charité. Il rédigea pour elles des Avis aux Sœurs Servantes et donna une nouvelle édition des Conférences de saint Vincent. (R)

En 1912, à Yao-tchéou, la chapelle des Filles de la Charité voit se dérouler le sacre de notre confrère, Mgr Louis Clerc-Renaud, vicaire apostolique du Kiang-si oriental. Il a quarante sept ans. Le prélat consécrateur est Mgr Reynaud. Il est assisté de deux autres évêques lazaristes : Mgr Cicéri, vicaire apostolique du Kiang-si méridional, et Mgr Fatiguet, vicaire apostolique du Kiang-si septentrional. En somme trois évêques et… trois points cardinaux de la même province chinoise (1).

En 1931, à Constantinople, M. François-Xavier Lobry meurt dans sa quatre-vingt troisième année. Professeur au petit séminaire de Montpellier où de la Maison-Mère, sa santé le fait venir en 1875 et où il est ordonné prêtre par Mgr de Cabrières ; supérieur du petit séminaire de Soissons, de 1881 à 1886 ; supérieur du Collège Saint-Benoît de Constantinople, de 1886 à 1903 ; Visiteur des confrères et directeur des Sœurs de Turquie pendant quarante-trois ans. Telle est la chronologie, sèche, et pourtant éloquente d’une longue et belle carrière… Gloire de Ghissignies où il vit le jour le 22 février 1848, et bien servi par sa bonhomie tempérant l’impérieux de son commandement, sa bonté que dissimulait un abord froid, un jugement dont la sûreté s’exprimait dans la plus grande sérénité, ce fils du Nord a exercé sur l’Orient, selon le joli mot de Georges Goyau, “une royauté morale”. Le collège Saint Benoît lui doit l’élan qui de cent portera à six et même huit cents le nombre de ses élèves. A ce visiteur qui, quoique bien souvent éprouvé dans sa santé, ne redoutait aucun voyage, Lazaristes et Filles de la Charité doivent l’esprit fraternel qui les unit et le vivifiant esprit vincentien qui les soutint dans les circonstances les plus difficiles. Oracle bien connu au ministère des Affaires étrangères, François Lobry, dans ses rapports avec les ambassadeurs de France ou les délégués apostoliques à Constantinople, qui avaient recours à sa parfaite connaissance du pays et des gens, en ne voulant être que le fils de l’Église, a tellement bien servi la France en Orient que le gouvernement l’a fait commandeur de la Légion d’honneur, — distinction très rarement accordée à un ecclésiastique, — et qu’à l’annonce de sa mort, il a adressé aux confrères de M. Lobry des condoléances officielles par l’intermédiaire d’Aristide Briand… La simple énumération des activités qui remplirent cette vie sacerdotale garnirait des pages ; et l’on ne peut s’empêcher de penser que François Lobry a été le digne fils de Monsieur Vincent dont l’existence fut si pleine et dont l’âme, au milieu de tous les tiraillements extérieurs, demeura pourtant si paisible (2).

En 1932, au Honduras une révolution commence. A San Pedro Sula, à 8 heures du soir, la Sœur Servante distribue la Sainte Communion à ses compagnes, au bruit des mitraillettes. Les blessés sont amenés aux Sœurs qui les installent où elles peuvent. La cuisine et l’amphithéâtre semblant moins exposés, c’est là qu’elles les soignent. Cinq Franciscaines allemandes viennent aussi demander l’hospitalité. Le 8 décembre, la ville était encore en état de siège. (R)

(1) Annales, t. 78, pp. 287-290.
(2) Annales, t.1936, 1937, 1938, 1939, 1940.