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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
26 octobre En 1658, sainte Louise écrit aux Filles de la Charité, Servantes des Pauvres Malades à lhôpital dUssel en Limousin. Entre autres recommandations, elle dit : Je vous prie, ma Sur Avoie, que quand vous chanterez pour vous divertir ensemble, de prendre garde que les personnes du dehors ne vous entendent pas. Je crois bien que vous montrerez tout ce que vous pourrez aux pauvres filles et vous souviendrez que le plus nécessaire est ce qui regarde la connaissance de Dieu et son amour. Aussi, ma chère Sur, comme une vraie Fille de la Charité, vous prendrez tout ce qui vous sera dit par celle que vous regardez sur terre pour vous représenter celle qui lest véritable au ciel, sans aucune double explication, mais dans la simplicité que Notre-Seigneur vous recommande. (R) En 1671, de Fort-Dauphin, M. Roguet écrit à
M. Alméras, une lettre qui dépeint la situation de la mission
peu de temps avant que ne sachève dans le sang le premier
essai dévangélisation du sud de Madagascar. Léquipe
vincentienne compte trois prêtres et quatre frères. Les prêtres
Marin Roguet, lauteur de la lettre, Jean Jourdié et
Michel Montmasson appliquent leur zèle au fonctionnement
dun séminaire et au soin des Français. Dès
1663, M. Nicolas Etienne a commencé à mettre sur pied,
modestement, mais avec une belle hardiesse une uvre de formation
pour futurs prêtres. Malgré lassassinat lannée
suivante de son fondateur, létablissement qui tient évidemment
plus du petit que du grand séminaire, a atteint un développement
assez impressionnant, puisque huit ans après, comme le constate
M. Roguet dans sa lettre, et bien quune quarantaine délèves
aient dû partir, en raison des troubles qui agitent le pays, il
reste encore une vingtaine denfants au séminaire. A propos
de cette uvre, M. Roguet rapporte mi fait dont le tragique est quelque
peu atténué par un détail qui fait sourire les lecteurs
dun temps où la technique a tout perfectionné :
un Français ayant voulu enlever un garçon élevé
au séminaire et ayant tiré un coup de pistolet sui, les
autres enfants qui voulaient contrecarrer son dessein, le frère
Guillaume Lebrun, après plusieurs sommations à ladresse
du Français, «lui lâcha un coup de fusil, en visant
les jambes». Ce sont là les propres termes de M. Roguet,
qui continue : «Mais comme le fusil nétait pas
droit. il ne porta pas jusquà lui, et le plomb portant sur
leau, se releva, latteignit à la tête et lui
perça la cervelle» (celle du Français, bien sûr,
pas celle du Frère !) En 1688, un procès oppose les trois Filles de la Charité de Bléré à lhéritier de Monsieur Cantinat. Celui-ci réclame une indemnité prise sur les rentes de la maison et des terres léguées par son oncle. Les Surs devront payer cette indemnité. (C) En 1718, les Dames de la confrérie de la Charité dite de la Marmite de la paroisse Saint-Pierre de Langres ont délégué leur procureur pour signer à Paris avec Mère Sébastienne Mazurier et les Surs officières, le contrat détablissement de trois Surs sur cette paroisse, pour le service des pauvres malades et des prisonniers malades. Les Surs quittent Paris le 5 novembre. (C) En 1722, les Surs attendues à Yvré-lEvêque (cf. 9 septembre 1716) ne sont toujours pas arrivées. Le Curé ne pouvait subvenir aux frais, car les rentes ont toutes été réduites à 2% du fait des guerres. La situation étant meilleure, il demande lenvoi des Surs pour Pâques prochain. (C) En 1726, devant les notaires du Châtelet de Paris, Mère Julienne Jouvin et les trois officières font appel de la sentence rendue le 22 juin précédent à Bayeux. Monsieur dIsigny qui a racheté les terres de lévêque de Bayeux refuse de payer aux Surs la rente liée à ces terres. Ce nest que le 2 août 1727 que le parlement de Rouen obligera Monsieur dIsigny à verser la rente prévue avec tous les arrérages. (C) En 1864, après avoir été en prison durant
six mois à Vilna, Sur Dombrowska est exilée
en Sibérie avec 250 Polonais. Dans ce voyage de près de
5 000 kilomètres, elle endure avec eux la faim et le froid. Quand
elle ne pouvait plus marcher, on la mettait sur un traîneau mais,
se renversait-il, elle devait aider à le relever à force
de coups. Elle arriva enfin à Tomsk, à 800 kilomètres
de Tobolsk, près de la Mongolie. De là, on lembarqua
avec un soldat sur un bateau qui devait la conduire à Narim :
400 kilomètres encore sur la rivière Obi, voyage de trois
semaines. Et dans cette ville de Narim, elle est mise à la rue :
Va où tu veux et crève de faim et de misère.
Dieu aura compté tous ses maux ! (R)
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