qui touche au Calvaire et qui soulagera tant de pauvres de tous genres : aveugles, insensés, vieillards, orphelins et orphelines, etc…
ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

  19  octobre

En 1641, à Paris, après trois ans d’études et d’hésitations, l’archevêque Jean-François de Gondi, finit par approuver les Vœux simples, tels que Monsieur Vincent les désire voir émis par sa petite Compagnie (1).

En 1659, saint Vincent dit aux Premières Sœurs :
“Dieu vous fasse la grâce d’augmenter de plus en plus en cette vertu de charité les unes envers les autres, ce qui vous empêchera de vous plaindre les unes des autres… Si vous voyez des défauts, ne vous en étonnez pas : qu' est-ce qui n’en a pas ? Excusez-les comme vous voulez que Dieu excuse les vôtres…"

En 1704, après plusieurs années passées à l’infirmerie de la Maison Mère, Mère Mathurine Guérin meurt à trois heures de l’après-midi en ce dimanche. Elle est âgée de 75 ans et a vécu 56 ans dans la Compagnie des Filles de la Charité, dont 21 comme Mère Générale. Son message peut se résumer dans ce conseil qu’elle donna un jour à une Sœur : “Réglez-vous toujours sur le niveau de la Charité.”  C’est sous le généralat de Sœur Mathurine Guérin que le légat du Saint-Siège, Cardinal de Vendôme, donna son approbation à la Compagnie (8 juillet 1668). (R-C)

En 1890, à Jérusalem, où, sous la direction de Sœur Sion, les Filles de la Charité se sont établies voici quatre ans, a lieu la bénédiction de la première pierre de l’hospice Saint-Vincent-de-Paul qui touche au Calvaire et qui soulagera tant de pauvres en tous genres : aveugles, insensés, vieillards, orphelins et orphelines, etc… (2).

En 1906, à l’hôpital de Shanghai où, faisant route vers l’Europe dans l’espoir d’y refaire sa santé compromise, il est entré quelques jours plus tôt, Mgr Jules Bruguière, évêque de Cina, et vicaire apostolique du Tchély Sud-Ouest, meurt à l’âge de cinquante-six ans. Avec sa belle carrure, son large front, ses yeux francs, sa voix claironnante, cet homme qui avait l’étoffe d’un officier de cavalerie et 'qui portait la mitre avec tant de dignité, conquérait d’emblée la sympathie de tous. Aussi quand la nouvelle de sa mort parvint à sa résidence de Tcheng-ting-fou, les païens furent tout aussi empressés que les chrétiens à réclamer sa dépouille… Toute sa vie, ce fils du Rouergue — il y est né le 12 août 1851 — ne s’est laissé guider que par le devoir. Arrivé en Chine en octobre 1877, sitôt l’ordination qu’il a reçue a la Maison-Mère. il est donné au Tchély Sud-Ouest. qui va absorber ses vingt-neuf ans de vie missionnaire dont quinze d’épiscopat. Soucieux du recrutement sacerdotal, il ouvre un petit séminaire et bientôt il aura la joie d’ordonner des prêtres chinois dont l’effectif dépassera celui de ses missionnaires européens, et il encourage l’établissement de la Société Saint-Paul qui groupe en une association religieuse les hommes désireux d’aider le clergé dans toutes ses œuvres. L’épiscopat de Mgr Bruguière est marqué aussi par la terrible insurrection des Boxeurs : à Tcheng-tinc-fou. point de jonction de plusieurs provinces, le vicaire apostolique avec le concours de quelques ingénieurs du chemin de fer, met sa résidence en état de défense et, pendant cinq mois de siège, toute une population s’y abrite. Mgr Bruguière sut entretenir autour de lui un lei entrain apostolique que, malgré les bouleversements, malgré les ruines, malgré une épidémie de choléra, le nombre de ses catholiques, l’année de sa mort, s’était augmenté de dix mille unités, cinq mille élèves fréquentaient trois cent quarante catéchuménats, et quatre-vingt-onze écoles donnaient l’instruction à mille quatre cent quatre-vingt-dix garçons ou filles. Mais lui, l’évêque, il y laissa la vie (3).

1) Coste, II, p. 24.
2) Annales, t. 56, p. 493. ; J. Baeteman : Les Filles de la Charité en Missions, t. I, pp. 243-259.
3) Morelli : Notes d’histoire sur le Vicariat de Tcheng-ting-fu, pp. 107-122 ; Annales. t. 72, pp. 99-102 et 196-200.