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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
5 octobre
En 1716, à la suite du scandale donné par une Sur, Monsieur Bonnet envoie une circulaire défendant expressément de faire de la contrebande en quoi que ce soit. Il demande dobéir aux lois et de payer les impôts. (R-C) En 1672, signature du contrat pour létablissement de trois Surs pour le service des pauvres malades reçus à lhôpital de Liancourt. (C) En 1696, le procureur du Curé de léglise Saint Romain de La Ferté-Gaucher et des habitants de la ville signe avec Mère Mathurine Guérin et les trois officières un contrat pour létablissement de deux Surs pour le service corporel et spirituel des malades de la ville et des habitants. Ce contrat ne sera pas ratifié par le Supérieur général Monsieur Jolly, car le travail nécessite une troisième Sur que les habitants refusent. (C) En 1910, à Lisbonne, la révolution qui a
éclaté hier, proclame la République, ce matin à
10 heures. Pour sétablir, le nouveau régime a armé
la racaille qui, inévitablement sattaque à tout ce
qui, de près ou de loin, sent le Jésuite. Cest ainsi
quune bande de cinq cents hommes armés de fusils, de piques
ou de pierres, se porte vers le faubourg dArroios où se trouve
la maison de nos confrères : neuf prêtres, six frères,
quatre ou cinq domestiques, vingt-quatre élèves y logent.
Vers les six heures du soir, la résidence est envahie ; des
coups de fusil sont tirés dans toutes les directions. Le visiteur,
M. Alfred Fragues donne à sa communauté labsolution
générale, et, son crucifix des vux à la main,
sen va vers les envahisseurs. «Pour lamour de Dieu,
ne tuez personne !» leur crie-t-il. Mais des balles partent ;
le visiteur est tué, et son cadavre est percé de coups de
piques. M. Fragues avait cinquante-quatre ans. Il était
né à Linxe, dans les Landes, en 1856. Reçu dans la
petite Compagnie en 1877, il avait été trois ans plus tard
donné à la terre portugaise. Avant dêtre nommé
Visiteur pour succéder à M. Miel, M. Fragues avait
rempli les fonctions de supérieur à Santa-Quitéria
pendant dix ans, de 1884 à 1894
Ce même 5 octobre 1910,
un autre prêtre, de nationalité portugaise, M. Barros-Gomès,
directeur de la Sainte-Enfance, est tué lui aussi. Les autres habitants
de la maison sauveront leur vie. En 1930, Mgr Mignani et deux missionnaires sont arrêtés après la prise de la cité de Kianfou. Lhôpital est visité et les Surs, qui ont dû quitter la cornette, sommées daller à lEvêché transformé en ambulance soigner les blessés. Mgr Mignani est promené dans la ville et frappé à coups de barre de fer, puis attaché au pied dune table en rentrant dans sa prison. Deux Lazaristes chinois sont mis à mort : Jai fait à Dieu le sacrifice de ma vie, dit M. Mathieu Kin, Lazariste, je suis content de mourir pour Diéu et pour le Vicariat. (R) En 1934, la grève générale est déclarée à Oviedo (Espagne) Nos Surs restent sans lumière, sans pain et sans eau au milieu des mitrailleuses et des canons. A la Maison de Charité, les rebelles sinstallent le 6. Le 11, les Surs avec leurs enfants fuient à lHospice où sont hospitalisés 230 vieillards hommes et femmes. Il faut bientôt installer ceux-ci dans les caves : à linfirmerie on compte 108 impacts de balles. Le 15, les Surs du dernier étage restent cinq heures étendues par terre sous des matelas. A travers les balles, elles essaient de descendre les derniers malades toujours au milieu de la fusillade et consomment les Saintes Espèces. A lHôpital civil, durant ce temps, les blessés affluent : 100 soldats, 40 policiers, 36 gendarmes et 287 civils. (R) En 1944, àla Maison Provinciale de Cologne, mort de Sur Thuel, vicitime du bombardement. (R) En 1951, à Kouba se réinstalle le grand séminaire dAlger. Une cérémonie inspirée par la plus émouvante délicatesse marque cette reprise de possession : le corps de M. Joseph Girard, «le Père Éternel» retrouve le caveau où, soixante-douze ans auparavant, il a été inhumé, au centre de la chapelle, et doù les événements de 1908 lavaient fait retirer. A 17 h. 30 donc, en ce jour, le Père Girard, devant une nombreuse assistance de prêtres, de Filles de la Charité et de Surs Blanches, revient dans son séminaire. Et larchevêque dAlger, Mgr Leynaud qui jusquà son dernier souffle unit dans un même culte le cardinal Lavigerie et le Père Girard, chante une fois de plus les louanges de ce fils de saint Vincent qui, malgré les pires difficultés, mena à bien sa tâche de constructeur. Avec sa coupole, ses deux ailes de soixante-treize mètres de longueur et ses deux cents chambres, le séminaire de Kouba, dans ce site merveilleux qui couronne la rade algérienne, inscrit la hardiesse triomphante que le Père Girard puisa dans son amour du sacerdoce en général et du clergé dAfrique en particulier (2).
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