ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

9 septembre

ozanam

Fête du Bienheureux

Frédéric
OZANAM

Cofondateur de la Société
de Saint Vincent de Paul

 


Au lendemain des guerres napoléoniennes, la famille Ozanam s’établit provisoirement en Italie. Frédéric est le 5e de 14 enfants dont 4 seulement ont survécu ; mais c’est à Lyon, d’où la famille est originaire, qu’il passe son enfance et son adolescence (1816-1830). Au collège Royal, l’abbé Noirot forme Frédéric à la réflexion personnelle, à la philosophie, à la rigueur intellectuelle et lui fournit les repères pour structurer son intelligence, sa vie, sa foi.

L’UNIVERSITAIRE. Bachelier (1819), Frédéric embrasse la carrière universitaire à Lyon, puis à Paris, logeant chez le savant André-Marie Ampère. Il est licencié-es-lettres (1825), docteur en droit (1836), docteur-es-lettres (1839) avec une thèse sur Dante et la Philosophie catholique au XIIIe siècle, agrégé de Lettres (1840), professeur titulaire de littérature à la Sorbonne (1846). Frédéric est un laïc chrétien engagé qui met son intelligence et sa foi au service de la vérité. La Conférence d’histoire, les cours magistraux à la Sorbonne, les leçons en province et à l’étranger, les publications scientifiques, comme les Conférences de Notre Dame de Paris par le Père Lacordaire, tendent à démontrer la vérité du christianisme dans l’environnement culturel, social, politique né des institutions de la République.

LE CHRETIEN SOCIAL. Des courants laïques reprochent aux jeunes de la Conférence d’histoire de parler au lieu d’agir. Pour relever le défi, six d’entre eux dont Frédéric, vont lancer la conférence de Charité le 23 avril 1833. Ils ont entre 19 et 23 ans, Frédéric a 20 ans. Emmanuel Bailly du journal La Tribune Catholique sera leur guide, Sœur Rosalie Rendu, fille de la charité, leur conseillère. Être amis pour aimer ; témoigner de la justice et de la miséricorde dans la ligne de Saint Vincent de Paul. Pour ce faire, il faut se donner à Dieu, lui dire un OUI sans réserve et se laisser aimer et guider par lui.

Le 23 juin 1841 Frédéric épouse Amélie Soulacroix, fille du Recteur de l’université de Lyon. Ils ont une fille, Marie. Le foyer est - aux dires des contemporains - exemplaire et la famille constitue une petite Église (cf. sa Correspondance). Le travail universitaire, l’engagement militant et les obligations de sa vie de famille provoquent un surmenage et ébranlent sa santé. Frédéric tombe gravement malade à Pise. Rapatrié d’urgence en France, il meurt à Marseille le 8 septembre 1853 après avoir livré le secret de sa vie (cf. sa Prière de Pise).

Le vendredi 22 août 1997 dans le cadre des 12e Journées Mondiales de la Jeunesse et en la cathédrale Notre-Dame de Paris, Jean-Paul II béatifie Frédéric Ozanam.

En 1673, Madeleine de Lamoignon, au nom des Dames de la Charité de Rennes signe avec Mère Nicole Haran, Sœur Françoise Carcireux, assistante et Sœur Barbe Bailly, économe (la dépensière vient de mourir) le contrat d’établissement de trois Sœurs pour servir les pauvres malades et non les personnes riches de la ville de Rennes. Les Dames de la Charité s’engagent à verser une indemnité aux Sœurs pour leur entretien. (C)

En 1674, en rade de Fort-Dauphin, tous les Français du sud de Madagascar s’embarquent sur le Blanc-Pignon pour regagner la métropole. L’abandon de l’île par la Compagnie des Indes et l’intérêt moins grand que le Gouvernement de Louis XIV porte à la colonie, ont encouragé l’esprit de rébellion des indigènes et même l’indiscipline chez les Français que le gouverneur, M. de la Bretesche, a eu du mal à contenir. De plus, dans les derniers jours d’août 1674, les Malgaches viennent de massacrer nos compatriotes installés dans le pays de l’Anosy : deux Frères de la Mission, Guillaume Gallet et Pierre Pilliers sont au nombre des victimes. Parmi les soixante-trois passagers qui, en ce jour, montent à bord du Blanc-Pignon, se trouvent deux Prêtres de la Mission, MM. Marin Roguet et Michel Montmasson, et deux Frères, Jean Bourguin et Gérard Minser. Le rappel de nos confrères a été décidé dès 1671 : M. Alméras, devant les fâcheuses nouvelles qui lui parvenaient de Madagascar et devant la somme de désastres que représentaient vingt-quatre années d’évangélisation dans le sud de la grande île, avait demandé leur avis à ses assistants et aux Visiteurs que la deuxième Assemblée, générale avait réunis à Paris. Le voyage de retour du Blanc-Pignon dura près d’un an, et la seule traversée du Mozambique demanda sept mois au cours desquels les deux Frères de la Mission succombèrent. Désormais, il faudra attendre deux cent vingt-deux ans avant qu’une nouvelle équipe de Fils de saint Vincent, avec Mgr Crouzet, retourne à Madagascar (1).

En 1716, le Curé d’Yvré l’Evêque, dans la banlieue du Mans, signe avec Mère Jeanne Chevreau et les Officières le contrat d’établissement de trois Sœurs pour le soin des malades et l’instruction des petites filles dans la paroisse. La fondation , faite par le vicaire, connaîtra de nombreux problèmes de succession. Les Sœurs ne pourront arriver qu’en juin 1723. (C)

En 1731, le Cardinal Henri de Bissy, alors évêque de Meaux, signe avec Mère Pâque Carlier et les Sœurs officières, un contrat d’établissement de trois Sœurs sur ses terres à Pierre-de-Bresse (diocèse de Besançon) pour le soin des malades et l’école aux petites filles. Le Cardinal a établi des rentes pour permettre le service et prévu le logement des Sœurs. Les trois Sœurs ne partiront que le 21 avril 1732. (C)

En 1769, Mère Hesnard et les trois officières signent avec le procureur des administrateurs de l’hôpital général de Narbonne le contrat d’établissement de cinq Sœurs : elles auront, outre le service des malades, celui des vieillards et des infirmes, auront seules le soin de l’apothicairerie, et seront chargées de l’instruction des enfants et de la surveillance de l’ouvroir. Ces Sœurs sont envoyées le mois suivant. (C)

En 1786, dans le pays de Gex qui appartient alors au diocèse d’Annecy en attendant de passer sous la crosse de l’évêque de Belley à Confort, dans l’une des trois maisons qui composent alors ce modeste hameau, naît une petite fille. Ce même jour, elle est baptisée par l’abbé Génolin. Son parrain par procuration est un ami de la famille, l’abbé Emery, Supérieur général des Prêtres de Saint-Sulpice, qui aura l’occasion plus tard d’exercer, par ses lumières et son appui, son parrainage sur sa filleule, quand, laissant le prénom de Jeanne-Marie, reçu en ce jour, elle sera devenue Sœur Rosalie et fera circuler dans Paris un intense courant de Charité (2).

En 1914, à Paris, le cardinal Mercier, archevêque de Malines, au retour du conclave qui a élu Benoît XV, est l’hôte de la Maison-Mère. On a beaucoup remarqué que le primat de Belgique a, durant son séjour, passé une heure et demie en prières devant la Vierge de la Médaille Miraculeuse, en la chapelle des Apparitions : la Belgique à ce moment venait d’être envahie par les Allemands en face desquels le cardinal Mercier allait se dresser en grand évêque, défenseur de l’Église et de l’humanité (3).

1) Annales t. 89, p. 793, et Mémoires C.M. t. IX. pp. 582-591.
2) H. Desmet, Sœur Rosalie, pp. 19-20.
3) Annales, t. 79, p. 51,2.