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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
5 septembre En 1652, Monsieur Vincent explique aux trois Surs qui doivent partir en Pologne , comment il a pris son temps pour discerner si cet appel était bien de Dieu. «Il y a plus de deux ans que la Reine de Pologne, très vertueuse princesse, me presse de lui envoyer des Filles de la Charité, pour en établir dans son Royaume, en la manière qu'elle les a vues exercer en France. Il a été nécessaire de donner du temps pour l'épreuve de cette vocation, pour reconnaître si elle était de Dieu. Maintenant, il n'y a plus d'apparence d'en doute [...]. Ô quel bonheur, mes chères filles, que l'assurance de cette vocation pour toute la Compagnie, mais, quel bonheur que vous ayiez été choisies entre tant d'autres qui sont dans la Compagnie.» (C) En 1687, Mère Mathurine Guérin, les officières, Sur Marie Pellegrin, Sur Marie Moreau et Sur Madeleine Paumier, le représentant des Echevins de la ville de Boulogne-sur-Mer signent, devant les notaires du Châtelet de Paris, le contrat détablissement de deux Filles de la Charité à lhôpital de cette ville. Les Surs partiront le 23 septembre. (C) En 1792, «lan IV de la liberté et de légalité», à Fontenay-le-Comte, le district révolutionnaire décrète que les prêtres de la «ci-devant Congrégation de la Mission» seront déportés (1). En 1870, à Paris où dans la journée dhier, après la capitulation de Sedan, la République a été proclamée, le Père Etienne, malgré ses répugnances personnelles et sur les instances de son Conseil qui craint, à juste titre, que le Supérieur général ne soit privé de toute communication avec les autres maisons de la Compagnie, prend la route de Lille. Il se fixera à Bruxelles et y restera jusquau 8 juin 1871. A son premier Assistant, M. Vicart, il a confié la direction des missionnaires et des surs restés à Paris. A partir du 17 septembre, la capitale est entièrement coupée davec le reste du monde. La Maison-Mère se transforme en ambulance et arbore à son clocher le drapeau de la Croix-Rouge. Bientôt les parloirs servent de poste de garde à un corps auxiliaire de, la police ; et au 97, quatre Surs de Gentilly sinstallent avec leurs vieilles femmes. Du coup, la Maison-Mère, dont M. Gabriel Perboyre, cousin du Bienheureux, est lAssistant, compte environ cent cinquante personnes, malgré le départ des séminaristes et des étudiants pour le Berceau. Et pendant quatre mois et demi, Paris, comme écrit alors Victor Hugo, «Paris terrible et gai combat». De cet héroïque siège, le tome 36 des Annales a gardé le journal très intéressant et non dépourvu de cette gouaillerie qui pimente lesprit parisien. Tandis que des hauteurs qui ceinturent Paris, les canons Krüpp crachent des milliers et des milliers dobus ; que les vivres rationnées se font de plus en plus rares ; que, en monnaie dépoque, un lapin coûte vingt francs, un chat huit francs, et lâne cinq francs la livre ; que le frère cuisinier réalise des prodiges en donnant au cheval le goût du buf, et que comble de misère pour la Maison-Mère ! il ny a plus de fromage, quelques frères coadjuteurs font bravement leur devoir de soldats et les confrères assurent de leur mieux leur ministère ; certains, tel le Procureur général dalors, M. Mailly, ancien officier dartillerie à qui la poudre ne fait pas peur, ou M. Meugniot, sexposent à toutes sortes de dangers pour aller réconforter les Filles de la Charité qui par centaines se dévouent dans les hôpitaux et les ambulances. Il ny aura pas une seule victime parmi les confrères et les Surs restés dans ce Paris qui narrête pourtant pas densevelir ses morts. Et tandis que la Maison-Mère des Surs reçoit plusieurs obus, la nôtre nest atteinte par aucun éclat. Cependant les Prussiens ne se sont pas privés dexpédier sur le quartier leurs «dragées» de quatre-vingt-dix kilos ! (2)
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