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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
31 août
En 1915, à la Maison-Mère, dans la soirée,
les médecins appelés en consultation, laissent entendre
que le T.H.P. Fiat est proche de sa fin. Le lendemain matin, vers
7 heures et demie, le quinzième successeur de saint Vincent meurt
Les brebis paternelles quau sortir de ses classes, il menait paître
dans la rocaille des monts du Cantal empanachés du feuillage des
bouleaux, furent le premier petit monde dAntoine Fiat. Après
son entrée au Séminaire, le 26 février 1857, et lordination
quil reçut à Saint-Sulpice, le 29 mai 1858, son deuxième
petit monde, ce furent les séminaristes de Montpellier auxquels
pendant huit ans, il enseigna lhistoire de lÉglise
et lécriture sainte. Lannée 1866 élargit
son univers en le ramenant à la Maison-Mère où il
devient sous-directeur du Séminaire : il lui fallut alors,
dans le rayonnement de M. Chinchon, faire monter vers les cimes de la
perfection un petit monde de quatre-vingts étudiants et cinquante
séminaristes.
De sous-directeur du séminaire, M. Fiat est fait, en 1871, assistant
de la Maison-Mère ; ses responsabilités saccroissent ;
visiteur de France en 1876, vicaire général à la
mort de M. Boré, le 3 mai 1878, cest à lui que la
vingt-quatrième Assemblée générale confie,
après tant de petits mondes bien gérés, lunivers
vincentien.
Pendant trente-six ans le plus long généralat de
notre histoire le Père Fiat a été le bon pasteur.
Son gouvernement a été marqué par de grandes joies,
très douces pour son âme si pieuse : la proclamation
du patronage de Saint Vincent, les fêtes du troisième centenaire
de lordination de notre bienheureux Père, la béatification
de Jean-Gabriel Perboyre et de François-Régis Clet, le couronnement
de la Vierge de la rue du Bac, létablissement de la fête
de la Médaille, la prospérité de.nos uvres
et louverture de plus dune centaine de maisons nouvelles.
Les peines aussi nont pas manqué au Père Fiat :
linsurrection des Boxers en Chine, la révolution de 1910
au Portugal, et surtout les lois laïques qui fermèrent sur
la terre de France nos grands et petits séminaires.
Mais, dans les heures claires comme dans les heures sombres, le Père
Fiat resta toujours le Père Fiat. Il fut avant tout «le Père»
aimant. Son cur de Père avait une dilection particulière
pour la jeunesse, et cest peut-être là le signe le
plus évident de la durable fraîcheur de son âme denfant.
Des Règles et les Constitutions, il fut le gardien vigilant qui,
dans son gouvernement, consulte et consulte encore pour nagir quen
toute prudence. La surdité physique qui lavait atteint depuis
de longues années avait pour pendant cette surdité qui le
rendait insensible à toutes les voix qui nauraient été
que lexpression de la vanité ou de la petite nature humaine
trop encline à la facilité. Il est cependant une voix quil
écouta toujours : celle de lavenir ; le Père
Fiat voulut que la double famille de saint Vincent, pût être
de plus en plus belle (1).
1) Annales, t. 115,
pp. 3-56, et t. 80. pp. 586-606.

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