|
ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
30 août
En 1656, Marguerite Chétif (35 ans et 7 de vocation ) et
Radegonde Lenfantin (19 ans et 4 de vocation) reçoivent de Monsieur
Vincent leur envoi en mission. Elles partent pour Arras,
appelées par des Dames dArras, pour les aider à mettre
en place la Confrérie de la Charité dans leur ville. Comme
cette ville, dévastée par la guerre, est pauvre, ces Dames
ont demandé aux Dames de la Charité de Paris de les soutenir
financièrement. Comme elle le fait souvent, Louise de Marillac
a rédigé pour les deux Surs un règlement
de vie. (C)
En 1665, le sujet de la conférence de ce jour est sur le
bon usage des peines intérieures. Monsieur de Horgny parle
des difficultés qui peuvent survenir, parfois sous forme de violentes
bourrasques. Le serviteur ne sera pas mieux traité que
son Maître. Le Directeur invite les Surs à
contempler Jésus Christ en Croix, et à savoir recourir aux
Supérieurs. (C)
En 1668, à Paris, M. Pierre Chomel, prêtre et précédemment
conseiller au Parlement, donne une rente perpétuelle de mille livres
pour que puisse être fondée, dans le diocèse de Lyon,
une maison de missions. Le digne ecclésiastique ajoute à
ce don dix mille livres pour acheter une maison à Lyon, et mille
livres pour la meubler. Enfin, il laisse M. Alméras libre dy
envoyer le nombre de prêtres quil jugera à propos.
Le premier supérieur de cette résidence fut M. Thomas Berthe
(1).
En 1670, envoi de trois Surs pour le nouvel établissement
à lhôpital de Saint-Méen en Bretagne.
(C)
En 1687, arrivée à Maintenon des Surs
Françoise Moreau et Gilette Lebas pour le service des malades
de lhôpital. Elles sont envoyées à la demande
de lEvêque de Chartres. (C)
En 1690, Monsieur Edouard Colbert, marquis de Villacerf, signe
avec Mère Mathurine Guérin et les Surs officières
le contrat détablissement de deux Surs pour le service
des malades et linstruction des petites filles à Villacerf,
Savières et autres villages dépendant du marquisat.
Sur Marie Goyer et sa compagne partent le 1er septembre. (C)
En 1726, le curé de la paroisse Saint-Pierre de Cahors,
ayant procuration du Consul et des administrateurs de lHôtel-Dieu
de la ville de Gourdon, signe avec Mère Julienne Jouvin et les
trois Surs officières le contrat détablissement
de trois Surs à lHôtel-Dieu de Gourdon. Les
Surs sont parties dès le 21 août. (C)
En 1770, les Administrateurs de lhôpital général
dAbbeville ont, avec laccord de lEvêque,
donné procuration à un prêtre dAmiens pour établir
et signer avec Mère Angélique Hesnard et les officières,
le contrat détablissement de trois Filles de la Charité
dans leur hôpital. Ils sengagent à fournir logement,
indemnité aux Surs : celles-ci auront le soin des malades
et des vieillards de lhôpital et la charge dinstruire
et de former au travail les filles recueillies dans cet hôpital.
(C)
En 1855, Bienheureux
Ghébré Michaël
|
Ghébré
Michaël

|
Il est difficile de connaître avec précision la date
et le lieu de naissance de Ghébré Michaël.
Est-il né en 1788 ou en 1791 ? à MERTULÉ MARIAM
ou à DIBO-KIDANE-MEHERET (Ethiopie) ? Seule certitude ces deux
villages sont situés dans le GODJAN en Éthiopie. Ghébré
Michaël - dont le nom signifie "serviteur de lange
Michel" - est baptisé dans une communauté chrétienne
monophysite dont il devient moine. En recherche de la Vérité,
il est impressionné par la prédication de lÉvêque
catholique dAbyssinie, Mgr Justin de Jacobis (cf. Propre au
30 juillet). Il trouve en lui un maître et un père spirituel.
En 1844 dans le TIGRÉ, Ghébré Michaël opte
pour lÉglise Catholique. Il accompagne Mgr de Jacobis
à Jérusalem et à Rome où ils sont tous
deux reçus par le Pape. Le 1er janvier 1851, Ghébré
Michaël est ordonné prêtre par Mgr de Jacobis. Il
demande alors de postuler pour entrer dans la Congrégation
de la Mission ; mais en 1853 lempereur Théodoros lance
une persécution qui décime la communauté catholique.
Abba Ghébré Michaël, arrêté au cours
dune rafle par Abouna Salama, est incarcéré.
Au cours dune campagne militaire, larmée transfère
les chrétiens prisonniers dans le OUELLO (Ethiopie). Les sévices,
les tortures endurés pendant deux ans ont épuisé
Abba Ghébré, la marche forcée lanéantit.
Il meurt le 28 août 1855, alors quil venait dêtre
reçu dans la Congrégation de la Mission. Il est béatifié
par Pie XI le 3 octobre 1926. |
En 1954, à Hong-Kong, M. René-Joseph Flament,
meurt à lâge de quatre-vingt-douze ans.
Né à Pérenchies, dans le Nord, le 14 juillet 1862,
il avait vingt-quatre ails quand il entra au séminaire interne,
et vingt-huit ails quand il fut ordonné prêtre. Ce qui frappe
dans cette longue vie, cest lactivité multiforme qui
la remplit. La première période semblait indiquer que M.
Flament serait voué à lenseignement, dans les grands
séminaires : Montpellier, en effet, le reçut dès
son ordination et le garda dix ans. M. Verdier y était alors supérieur.
Dans ce premier poste, M. Flament se montre déjà capable
denseigner aussi bien le catéchisme aux petits orphelins
que la physique, lécriture sainte, lhistoire de lÉglise,
et lhébreu aux grands séminaristes ; et il trouve
encore le temps de se livrer à des recherches dans les archives
départementales et de publier, toujours à Montpellier, et
en 1897, son remarquable ouvrage : les Psaumes traduits en français
sur le texte hébreu. En 1901, M. Flament est supérieur du
séminaire de Châlons qui eût été heureux
de garder indéfiniment ce maître et ce vicaire général
honoraire ; mais la persécution contre les Congrégations
était déclenchée. Dans son cur, M. Flament
qui, depuis toujours rêvait daller évangéliser
les païens, dut bénir Émile Combes et ses lois, puisque
leur sectarisme lui valut de partir pour la Chine en 1903. Dans le sud
du Céleste Empire, pendant deux ans, et dans le Nord, pendant quarante-huit
ans, ses talents abondants firent confier à M. Flament une variété
de postes telle quil serait trop long de les citer tous. On peut
avoir une idée une pâle idée de son
génie universel, si lon se rappelle que cest M. Flament
qui imagina de faire peindre une Notre-Dame qui fût vraiment de
Chine, et qui, sous ses traits empruntés à limpératrice
douairière, Tseu-Hi, est devenue la populaire image du si populaire
pèlerinage de Tong-lu ; et cest le même M. Flament
qui rédigea trois volumes de théologie dogmatique et de
savants ouvrages de droit canonique, aussi bien que des recueils de chants
Son abord vraiment nordique et son commerce peu attirant ne diminuent
en rien la valeur sacerdotale et la valeur intellectuelle de M. Flament
qui a droit à toute notre fraternelle admiration (2).
1) Notices, III,
pp. 381-382 : Annales, t. 63, pp. 136-141.
2) Annales, t 119-120, pp. 218-225.

|