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ÉPHÉMÉRIDES
de la Congrégation de la Mission
29 JUIN
En 1662, au château de Joigny, le Père Philippe-Emmanuel
de Gondi, prêtre de l'Oratoire, meurt dans sa quatre-vingt-unième
année.
Jusqu'à son entrée dans la vie religieuse, en 1627, il avait
été couvert de titres glorieux et chargé de fonctions
dont il s'acquitta d'ailleurs avec une conscience digne de sa haute naissance.
Il s'était aussi attaché fortement à Monsieur Vincent.
Quand celui-ci s'était enfui de l'hôtel des Gondi, le Général
des galères avait souhaité son retour aussi passionnément
que sa noble épouse, déclarant qu'il ne pouvait vivre «en
homme de bien, que si cet homme-là» Monsieur Vincent
était avec lui. Secondant généreusement Mme
de Gondi dans ses entreprises charitables, le Général des
galères a signé lui aussi le contrat de fondation de la
Mission. Alors que sa belle prestance, son heureux caractère, son
habileté à manier l'épée et même la
plume lui garantissaient des succès flatteurs, M. de Gondi renonça
à tout, après la mort de sa femme. Pendant trente-cinq ans,
il a édifié ses confrères de l'Oratoire par sa piété
et ses austérités. A Paris, il résida au Séminaire
Saint-Magloire, actuellement l'Institution des Sourds-Muets, rue Saint-Jacques.
Mais sa paix fut troublée par la politique : Richelieu exila à
Lyon le Père de Gondi qui avait prononcé quelques mots imprudents
en voyant le tout puissant Cardinal priver de leurs charges ses deux fils.
Par contre, Anne d'Autriche offrit à l'ancien Général
des galères le poste de Premier Ministre. Il refusa. Rome parlait
de l'élever au cardinalat. Il refusa. Enfin le Père de Gondi
connut une fois de plus l'exil, quand Mazarin se vengea sur lui de la
retentissante évasion du trop fameux Cardinal de Retz, fils
du Père de Gondi. Cette fois, avec un confrère de l'Oratoire,
l'ancien Général des galères se réfugia dans
son château de Joigny et y vécut dans la plus sainte des
retraites jusqu'à sa mort.
Sa dépouille fut cependant ramenée à Paris et inhumée
dans l'église du Séminaire Saint-Magloire (1).
En 1884, à Ning-Po, Mgr Bray, Lazariste, Vicaire
apostolique du Kiang-si, confère la consécration épiscopale
à Mgr Paul-Marie Reynaud, évêque titulaire
de Fussula et Vicaire apostolique du Tché-kiang.
Le nouvel évêque a 30 ans. La cérémonie de
son sacre attire une telle foule aux abords de la résidence que
détail significatif les marchands, pour ne pas s'exposer
à être volés, ferment leurs boutiques. Quand Mgr Reynaud,
à la fin de la cérémonie, fit le tour de l'église
pour donner ses premières bénédictions, les païens
dirent : «Les chrétiens se sont fait un roi !»
Non, certes. Mais ses quarante-deux ans d'épiscopat allaient faire
de Mgr Reynaud un puissant maître d'uvre au service du Roi
des rois (2).
1) Annales, t. 77,
p. 127-142.
2) Petit Messager de Ning-po, sept.-oct. 1935.

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