ÉPHÉMÉRIDES

de la Congrégation de la Mission

et

des Filles de la Charité

 

 22 m a r s

Les Règles de saint Vincent aux Filles de la Charité portent : "Elles supporteront volontiers leurs compagnes dans leurs imperfections ainsi qu'elles voudraient être supportées dans les leurs, et s'accommoderont autant qu'il se pourra à leurs humeurs et sentiments en toutes choses qui ne sont pas péché... faisant surtout une attention particulière à témoigner toujours une grande charité à celles dont l'humeur a moins de sympathie avec la leur, car cette... condescendance jointe avec le support, est un excellent moyen pour entretenir l'union et la paix dans la Communauté". (R)

En 1875, des Filles de la Charité expulsées du Mexique s'installent à Panama. Les Lazaristes y viennent à leur tour en 1877. (R)

En 1933 , à Paris , dans la salle des Retraites de la Maison-Mère des Filles de la Charité, a lieu la reconnaissance officielle du corps de Soeur Catherine Labouré. Le cardinal Verdier préside. Aux nombreuses Sœurs, aux nombreux confrères qui sont là, Son Eminence adresse quelques mots et déclare en particulier : «Soeur Catherine sera au milieu de vous la Sainte de l'humilité.» Puis les deux médecins de la Maison-Mère et celui de Reuilly se mettent au travail. Avec une joie bien douce, on constate que le corps de la Sainte est parfaitement intact, les membres en sont souples. Le coeur de Soeur Catherine est mis à part : il est destiné à sa maison de Reuilly. Puis le corps, entouré de bandelettes est déposé dans un cercueil capitonné qui prendra place dans la salle du Conseil, en attendant la béatification. Et chacun et chacune, à l'issue de cette cérémonie, pouvait emporter, comme bouquet spirituel, les mots de l'Archevêque de Paris : «Il semble que le Bon Dieu ait voulu protéger le corps de sa Bienheureuse, afin que vous puissiez avoir des reliques nombreuses, qui vous seront très chères... Mais ce qui est infiniment meilleur que son corps, c'est son esprit, qu'il faudra garder et dont il faudra vous inspirer» (1).

En 1945, mort de sept Soeurs à Hildeshein (Province de Cologne) victimes d'un bombardement.(R)

En 1953 , à Bédarieux , ont lieu les obsèques de M. Etienne Canitrot, décédé le 20 mars dans cette même ville où il était né le 17 septembre 1872. Ses parents auraient voulu faire de lui un avocat ; mais, lui, préféra plaider la cause de l'Evangile. Il le fit, comme missionnaire, auprès des âmes du diocèse de La Rochelle d'abord, puis, comme professeur, auprès des élèves du Berceau de Saint-Vincent. Mais un jour, ce ne fut plus lui qui plaida : il entendit Crouzet, plaider la cause des Malgaches. L'évêque dut être éloquent, car trois professeurs, M. Benezet, M. Sévat et M. Canitrot quittèrent le Berceau pour Madagascar. Et c'est ainsi qu'Etienne Canitrot fut curé de Fort-Dauphin pendant plus de vingt ans. A la mort de Mgr Crouzet, son grand ami, méridional comme lui, il rentra en France, à bout de santé. Par la publication de son livre si attrayant intitulé Au Sud de l'Ile Rouge, M. Canitrot avait déjà montré quel écrivain alerte et pittoresque il était. Aussi, un jour de 1945, vit-il arriver dans sa retraite, le vicaire général de la Congrégation et le visiteur de Provence ; ces deux personnages venaient demander à M. Canitrot de composer une vie populaire de saint Vincent. M. Canitrot se mit au travail. Et en 1948 paraissait Le plus familier des Saints, Vincent de Paul. Loin de toute source de documentation érudite, M. Canitrot a eu le mérite de rédiger cet ouvrage avec tout son talent certes, mais surtout avec tout son coeur de fils. Cette «biographie vivante et claironnante» — comme s'exprimèrent nos Annales, lors de la parution de l'ouvrage — enferme un chapitre où M. Canitrot a mis toute son âme vibrante : celui de Madagascar (2).

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1) Annales , t. 98, pp. 471-472.
2) Annales , t. 118, pp. 82-87.