ÉPHÉMÉRIDES

de la Congrégation de la Mission

et

des Filles de la Charité

 

 9 m a r s

En 1642, Saint Vincent termine un Entretien sur le Service des Malades par cette prière : "Je supplie Dieu, source de charité, de vous faire la grâce d'apprendre le moyen de servir les Pauvres malades corporellement et spirituellement, en son esprit et à l'imitation parfaite."(R)

En 1654, Sainte Louise écrit à nos Premières Soeurs : "Il faut travailler à acquérir l'égalité d'esprit et la paix intérieure en toutes les rencontres qui se présentent : cela paraît extrêmement difficile, mais nous pouvons nous servir de deux ou trois moyens pour cela qui nous aideront beaucoup (Le premier) c'est de nous habituer de recevoir tous nos petits sujets de mécontentement de la main de Dieu qui est notre Père et qui sait bien ce qui nous est propre. Un autre moyen est de penser que la tristesse en laquelle nous nous sentons ne durera pas toujours, que ces heures passées nous serons dans un autre sentiment que nous ne sommes pour le présent. Et le troisième moyen est de penser que Dieu voit notre état ; que si nous l'aimons pour l'amour de Lui et pour faire sa sainte volonté, cela même qui nous fait beaucoup de peine nous sera un jour à grande consolation et cela très véritablement".(R)

En 1757, décès de M. Poiret à Saint-Cyr, 17e Directeur des Filles de la Charité de 1744 à 1757.

En 1892 , à Smyrne , le journal l'Impartial annonce : «M. Elluin, le vénérable doyen de la Mission des Lazaristes, s'est doucement éteint dans le Seigneur, lundi vers les trois heures de l'après-midi, à l'hôpital de la Marine Française, lui, le vaillant soldat de la foi, le grand champion de la charité... qui n'a jamais séparé, dans sa longue carrière militante, l'amour de son pays et la gloire de son Dieu.» Les débuts de la vie sacerdotale de M. François Elluin se placent à Salonique, à l'île de Naxos et à Constantinople. En 1845, il vient à Smyrne comme professeur de rhétorique au Collège de la Propagande. Il y forme de brillants élèves, mais, voulant s'adonner davantage aux OEuvres du ministère, il sollicite et obtient un poste moins important dans l'enseignement. A tout ce qui a un parfum de pauvreté il se voue. Pendant vingt ans, par exemple, il fut le directeur spirituel d'une population ouvrière, celle du lazaret de Saint-Roch. Il était en même temps directeur des oeuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi. Érudit, il consacra ses rares loisirs à traduire en grec une série de manuels et de livres d'édification. Toute la belle et longue vie de M. Elluin a été animée par une conviction : la foi dans le succès des oeuvres entreprises pour la gloire de Dieu (1).

En 1894 , à Paris , mort du Frère Joseph Génin. Enfant d'une famille modeste et chrétienne de la région de Nancy, ses dix-huit ans le conduisirent à Paris, en 1842. Là, il entra en qualité de jardinier chez les religieuses du Calvaire, rue du Cherche-Midi. Et un beau jour, sa piété lui fit traverser la rue pour demander son admission comme Frère dans la Congrégation de la Mission. Pendant quarante ans, à partir de ses Voeux, il va être portier de la Maison-Mère. Sa vie intérieure qui fut une profonde intimité avec le Bon Dieu, demandait logiquement à déborder au dehors : alors, par un cheminement providentiel, qui est bien dans la ligne vincentienne, le Frère Génin se fit le pourvoyeur des Missions, sans se douter qu'il fondait l'oeuvre actuelle du Bienheureux Perboyre, si belle dans son but d'assistance missionnaire. Grâce à l'humble Frère Génin, la porte de la Maison-Mère devint la Banque des Missions : grâce à lui, des cathédrales, des églises, des chapelles, des écoles, des hôpitaux ont pu se construire en Perse, en Syrie, au Liban, en Abyssinie, à Salonique, en Chine ; et si l'on faisait la liste exacte des sommes que ce bon Frère réussit à faire parvenir aux Missions, on serait émerveillé, et tenté de faire de Joseph Genin, Frère de la Mission, un héros de la Légende dorée. Plus que son dévouement à la cause des ouvriers évangéliques, une sorte d'héroïsme pratiquée par Joseph Génin laisse deviner la sainteté de son âme : nul n'a jamais vu varier le rythme tranquille de sa démarche, ni s'altérer la paix de son visage, ni varier l'affabilité de ses manières (2).

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1) Annales. t. 57, pp 322 sq
2) Annales , t. 59, pp. 481-500.