ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission

9  janvier

En 1632, près de Paris, le prieuré de Saint-Lazare connaît une certaine animation : Monsieur Vincent et une vingtaine de ses fils, — prêtres, clercs et frères, — s'installent dans les appartements qui bordent la route de Saint-Denis. Avant-hier, en effet, en présence de neuf chanoines de Saint-Victor, - les actuels habitants de l'antique léproserie, - en présence aussi de Monsieur Vincent et de deux notaires, a été signé le contrat qui unit le prieuré de Saint-Lazare à la Congrégation de la Mission. Il a fallu bien des démarches et des discussions de part et d'autre pour aboutir à cette signature. Et d'abord, la bonne inspiration du prieur, Adrien Le Bon : ce brave homme de prieur a été mû par deux faits : la difficulté, pour lui, de subvenir aux frais d'entretien de son prieuré, et, surtout, l'état d'opposition dans lequel ses onze chanoines sont vis-à-vis de lui. Mais quand Adrien Le Bon, désireux de donner son prieuré à la petite Compagnie de la Mission qu'il pressent appelée à de grands développernents, est venu, il y a plus d'un an, s'ouvrir de son idée à Monsieur Vincent, le fondateur est tombé des nues : comment pouvait-on songer à offrir un si important domaine à sa si chétive Compagnie ? Un enclos de quatre-vingt-douze arpents de Paris : environ trente-deux hectares (1) ! Un domaine qui englobait, du Paris d'aujourd'hui, l'emplacement sur lequel s'élèvent la prison Saint-Lazare, l'église Saint-Vincent de Paul, la gare du Nord et l'hôpital Lariboisière ! Et où l'on récoltait du blé, de l'orge et de la luzerne ! Il ne faudra pas moins de trente visites d'Adrien Le Bon aux Bons-Enfants, et l'intervention d'André Duval, ce docteur en Sorbonne à l'égard duquel Monsieur Vincent professe une si grande vénération, pour décider notre Fondateur à accepter l'offre providentielle.

La rédaction des clauses du contrat a donné lieu, elle aussi, à de nombreuses discussions : les chanoines de Saint-Victor ne s'étaient-ils pas mis en tête de mêler étroitement leur vie à celle des Prêtres de la Mission aussi bien au dortoir qu'au chœur ! Mais Monsieur Vincent, qui redoutait pour ses enfants la douillette tiédeur de ces bons religieux porteurs de l'aumusse et du domino, a tenu bon, et la séparation a été acceptée ; les bâtiments de Saint-Lazare sont assez vastes pour se prêter à la juxtaposition de deux communautés. Hier, l'archevêque de Paris a donné son approbation au contrat, en précisant qu'il conserve toute sa juridiction, au spirituel et au temporel, sur le prieuré. Il y aura encore bien des chicanes à venir gêner Monsieur Vincent dans sa tranquille possession de Saint-Lazare ; mais, dès le début de ce mois de janvier 1632, la vie de la Mission s'y installe, régulière, et l'antique léproserie se prépare à devenir le quartier général de la Charité, la charité vincentienne qui soulèvera le fardeau de tant de misères corporelles et spirituelles en France et ailleurs (2).

En 1658, Sainte Louise précise au Frère Ducournau ce qu’il faut dire aux aspirantes : “Il est nécessaire de représenter aux filles qui demandent à être reçues à la Compagnie des Filles de la Charité que ce n’est pas un hôpital ni une religion dont il ne faille bouger, mais aller continuellement chercher les pauvres malades à divers endroits, quel que temps qu’il fasse et aux heures bien précises, qu’eltes sont habillées et nourries bien pauvrement… qu’il ne faut pas avoir d’autres intentions, venant en ta Compagnie que cette d’y venir purement pour le service de Dieu et du prochain”. (R)

En 1694, à Paris, décès de Sœur Marguerite Chétif qui, en 1660 succéda à sainte Louise à la tête de la Compagnie. Sous son généralat, on commença à tenir le registre d’état-civil des Sœurs. Elle avait été envoyée en fondation à Arras et désignée pour la Pologne en 1655. (R)

En 1871, Paris continue à être bombardé. A une heure du matin, une bombe tombe chez les Anciennes à la Maison-Mère, sans victime, heureusement. Il en est ainsi dans un grand nombre de Maisons de nos Sœurs : au Val-de-Grâce ; aux Invalides ; à Necker ; à Issy ; aux Incurables (Laennec). Le froid est intense : - 9° au-dessous de zéro. (R)

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1) A titre de comparaison : la propriété de Villebon comprend 26 hectares et demi ; l'Etat du Vatican, 44 hectares.
2) Coste, Monsieur Vincent, I, 189-201.