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M é d i t a t i o n par le Père Alvaro RESTREPO
cm Tu tappelles tu deviendras Préoccupe-toi
de ton nom Le nom de la personne apparaît dans la Bible chargé de signification. Il nest pas seulement une carte didentité dans un sens sociologique, mais devient lidentité plus intime de la personne, le destin quelle porte en soi et qui doit progressivement lamener à son achèvement. On dit souvent que
le nom exprime "la personne elle-même". Nous trouvons
dans Qohelet une affirmation qui nous conduit dans cette direction : "De
ce qui est, le nom a déjà été prononcé."
(6,10) Ceci nous fait comprendre pourquoi dans la Bible, on a un soin particulier pour faire connaître le nom de la personne et expliquer, (parfois de façon très populaire), son sens, pour aider le lecteur à saisir un autre monde plus profond qui se cache derrière le nom. " Tu tappelles
tu es
tu deviendras ". Tu tappelles Jeanne-Marie : De notre Bienheureuse Sur on peut dire : "Tu tappelles Jeanne-Marie, tu deviendras " Connue aujourdhui comme Rosalie Rendu, les biographes nous disent cependant que son nom de baptême était celui de "Jeanne-Marie" et que cest seulement au moment de prononcer ses Vux quelle a reçu celui de Rosalie. JEANNE, (féminin de Jean) nom de saveur biblique (Yohanan) dont le sens littéral est : "Dieu dispense les bienfaits Dieu fait grâce ou Dieu pardonne". MYRIAM-MARIE, "celle qui élève" ; dans la Bible, on se souviendra toujours de Myriam, sur de Moïse car elle est devenue pour le peuple symbole de la résistance et de la vaillance. Dans un foyer où le père a manqué trop tôt, on avait besoin de quelquun comme Jeanne-Marie pour tenir la maison, surtout à titre de fille aînée. Les circonstances de la vie deviennent dans les desseins de Dieu des lieux de formation, des espaces de croissance physique et morale pour un avenir quon ignore mais quon invente dans le silence du quotidien et de la vie simple des familles. Ses biographes signalent trois aspects de sa personnalité habituellement appréciés de ceux qui connaissaient Jeanne-Marie : "sa vivacité, sa foi et son attention aux souffrances des autres" (Claude Dinnat : Sur Rosalie Rendu ou lamour à luvre dans le Paris du XIX° siècle H.Harmattan, p. 25) Lhistoire nous
a dit combien cette femme était devenue canal des bienfaits de
Dieu à légard des pauvres
porteuse de grâces
aux malheureux
pour élever la dignité des autres. Tu deviendras Rosalie : Nombreux sont les endroits où la Bible nous parle de changements de nom de la personne. Un évènement, une mission deviennent très souvent loccasion de le faire : dAbram on passe à Abraham, de Saraï à Sara, de Jacob à Israël. Désigné pour devenir le successeur de Moïse, la Bible nous dit que son nom était "Hoshea", fils de Noun. Il deviendra YEHOSHUA. Mission, responsabilité nouvelle que le nouveau nom indiquera. Au mois de Mai 1807 est signalé pour notre Sur cet autre pas, celui de devenir Sur Rosalie Rendu. Entrée dans une grande famille dans une époque sociologiquement bouleversée, dans une église souffrante des décisions gouvernementales, à un moment où la pauvreté morale, économique et spirituelle progressait sans cesse, elle était sûre de devoir devenir "rose au milieu de beaucoup dépines." Une longue route était donc ouverte pour sa vie dans laquelle elle savancera avec toutes les richesses familiales, augmentées de celles de la Compagnie et cette énergie secrète qui la soutenait, vaillante et généreuse, comme tant dautres femmes dans lhistoire du salut. Avec elle, car elle "a répondu avec amour à lappel damour du Seigneur", la mission auprès des pauvres pouvait se poursuivre. Jeanne-Marie, devenue Rosalie, a su donner un visage à son histoire , son " nom lui survit plus que mille monceaux dor "et nous pouvons aujourdhui la prier dans sa fidélité pour chercher nous aussi, à " répondre avec amour à tant dappels damour de Dieu".
"
Dieu est amour : Les démarches de lEglise pour présenter quelquun ou quelquune comme saint ou sainte, bienheureux ou bienheureuse sont des démarches apparemment juridiques. Mais elles portent plus profondément la possibilité de percevoir comment ce "Dieu damour" qui nous a créés, qui nous aime et nous conduit, a été accueilli, aimé par ceux qui entrent dans la communauté des ces Bienheureux officiellement reconnus par le peuple de Dieu. Les nombreuses pages dun procès de canonisation ne pourront jamais parler entièrement du mystère de la foi, de lappel, de la générosité des hommes et des femmes de lhistoire. Nous restons toujours obligés dobserver une distance car Dieu connaît comment nous vivons, comment nous répondons à la même question centrale de lévangile : "qui suis-je pour toi ? " On ne naît pas saint on le devient : On nous dit que la famille de Rosalie Rendu a été une première école de sa foi. Le sera aussi le contact quelle aura avec des prêtres et religieux quelle trouve petit à petit sur sa route. Mais sûrement quun jour elle se trouve confrontée à la question de la foi et de lamour pour donner une réponse,- la sienne- travaillée dans le secret de son cur, dans le temps silencieux de la grâce, ainsi que Dieu a lhabitude dagir avec nous. Comment Dieu a-t-il
agi avec elle encore à Confort ? nous ne le saurons jamais. Ce
que nous savons, cest quen 1802 elle commence ce pèlerinage
qui signifiait pour elle la même démarche que notre ancêtre
dans la foi : Les blanches cornettes des Filles de la Charité étaient devenues un petit phare qui indiquait la route. Le 25 Mai 1802 la Maison Mère deviendra le nid où la Providence formera la Rosalie Rendu que nous connaissons. Léducation que la Compagnie a toujours essayé de transmettre aux Filles de la Charité demande dapprendre "à vivre en dialogue continuel avec Dieu" (C 2.2) où nos routes sont éclairées par un discernement progressif, où Dieu nous enseigne que "mieux vaut sabriter en YAWH que se fier dans lhomme" (Ps.118,8) et qu "on peut tout en celui qui donne la force " (Ph. 4,13) Devenir ce que Dieu veut de nous et le partager aux autres : "Se tenir entre les mains de Dieu dans la confiance filiale et la soumission à sa Providence" ( C 2.2) sont une école, un chemin de métamorphose continuelle quon doit essayer de vivre et de partager, particulièrement quand, comme dans le cas de Rosalie, on a la responsabilité de lanimation dune communauté. Elle se remet entièrement
à Dieu, elle a une confiance infinie en sa miséricorde :
cest le signe de la perfection de son espérance. Elle construit
sa vie sur cette certitude que Dieu, dans les grandes comme dans les petites
choses, sera toujours à ses côtés. Toutes les personnes
innombrables qui lentoureront, lui apparaîtront comme des
images du Père, comme des frères en Jésus-Christ.
De lEsprit Saint quelle prie souvent elle attend "quil
dispose les curs et les incline au bien". Ajoutons encore cette
réflexion de Sur Rosalie elle-même : Elle savait très bien par combien de chemins de purification on devait passer ; "elle attachée une fois à un soulier de son ancienne sur servante Sur TARDY" pouvait aider ses surs et beaucoup dautres à entreprendre cette route de libération intérieure qui ne finit jamais et qui laisse voir beaucoup mieux "quelle est notre réponse à la question centrale de notre foi : QUI SUIS-JE POUR TOI ?" (Mt.16,15) Réponse quon donne pas à pas car " on ne naît pas saint on le devient par la grâce de Dieu et la disponibilité à son amour ". Visage féminin de Dieu dans les rues de Paris "
En vue de toutes ces friperies Les rêves aussi
sont dans la Bible des façons divines de faire connaître
sa volonté, déduquer les hommes, de les inviter à
des " avance au large " que peut-être on navait
pas imaginés. Ils parcourent tous les livres sacrés à
des étapes différentes de lhistoire du salut. Un charisme qui a fait naître un même amour créatif : "Pour toutes ces friperies, je vous ouvre le ciel" On peut simaginer Dieu avec un langage pareil. Mais Dieu travaille avec ce que nous sommes. Notre argile nest pas plus belle que toutes ces " friperies ". La racine de tous ces "va et vient" de Rosalie, il faut aller la chercher dans les sources charismatiques reçues dans la Compagnie des Filles de la Charité, nourrie par lesprit des Fondateurs pour qui "les pauvres restaient toujours Maîtres et Seigneurs", quil fallait aimer de tout son cur pour pouvoir les servir avec générosité sans limites, comme Rosalie la vécu, nadmettant jamais quun pauvre soit renvoyé rudement. = Ainsi les " friperies " venaient dun cur conscient de la dignité des pauvres comme lévangile lenseigne et comme St. Vincent lavait traduit dune façon très existentielle. = " Friperies " qui arrivaient chez les pauvres aussi parce que Rosalie engageait autour delle des personnes quelle rencontrait en chemin, sans distinction didées, de religion, doptions politiques ou de rang social. Lhomme doit être sauvé, sa dignité rendue, il faut se mettre en marche " comme on va éteindre le feu " avec cette conviction de Saint Vincent partagée par Rosalie : "nous nen ferons jamais assez, mes surs". Elle crée ainsi un "réseau de charité" qui multiplie les bras, car les pauvretés ne font que se multiplier continuellement. Son Fondateur en avait fait autant à une époque où les différences avec la sienne ne sont pas très grandes. Et cette femme, "visage de Dieu dans les rues de Paris du XIX° siècle" devient la semence dun autre foyer de charité : les Conférences de Saint Vincent de Paul. Une promesse rendue réalité : "Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde" (Mt. 25, 34) Si Paul a enseigné "que lappel et les dons de Dieu sont irrévocables" (Rm.11,29), on ne peut avoir aucun doute que la promesse du Royaume faite à ceux qui ont le souci des pauvres ne se réalise.. Intuitif sur les vérités évangéliques, façonné dans son cur au service quotidien des Pauvres, Vincent pouvait avoir la certitude que si Dieu avait promis son Royaume à ceux qui sen occupent, cela arriverait sûrement. De cette conviction il affirme le 11 novembre 1657 : "Ah ! mes filles, si vous saviez quelle grâce cest que servir les pauvres, être appelé de Dieu pour cela ! Nous navons pas les esprits assez clairvoyants pour voir lexcellence de cette grâce au moins tous .. Quand une bonne Fille de la Charité donne toute sa vie au service de Dieu, quelle a tout quitté, quil ny a rien au monde pour elle, ni père, ni mère, ni biens, ni possessions, ni connaissances que Dieu ou pour Dieu, il y a grand sujet de croire que cette fille-là sera un jour bienheureuse". Dieu nous offre une occasion de goûter en famille le don de la sainteté dune de nos surs. "Rendons grâce au Seigneur car il est bon" (Ps. 117), remercions-Le du don de notre bienheureuse sur. Et pourquoi pas ? Demandons aussi au Seigneur, par lintercession de notre sur, les grâces pour notre route, reprenant à notre compte la phrase du Docteur Royer-Collard menacé de mort par la foule en colère quand il transportait un malade à lhôpital : "Je suis un ami de Sur Rosalie" On la laissé passer. Seigneur Dieu, pour notre aujourdhui, pour notre mission, pour les besoins de lEglise, de la Compagnie, de la Congrégation, pour les Pauvres que nous aimons et servons, aide-nous, fortifie-nous. " Nous sommes, Seigneur, surs et frères de Sur Rosalie que tu as accueillie à cause de toutes ces " friperies " données pour ton amour des Pauvres, les plus petits aimés de ton cur ". |