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Sur Rosalie Rendu Béatification Dossier de presse Sommaire
Préface La
béatification de Sur Rosalie Rendu (1786-1856) est bien sûr,
une grande joie pour nous toutes, Filles de la Charité, Surs
de Saint Vincent de Paul. Ensemble, en Eglise, nous rendons grâce
pour la vie de notre Sur. Je veux souligner particulièrement trois points d'ancrage : Son enracinement en Dieu qui lui fit puiser dans la prière et contemplation de Jésus Serviteur la force et le courage nécessaires pour servir les déshérités. Cet attachement a coloré toute son action sociale. Elle a sezrvi Jésus Christ en venant en aide aux Pauvres du quartier Mouffetard.
Sa joie de vivre
en communauté, sa gentillesse pour les Surs âgées
qui vivaient avec elle, son souci de former les jeunes Surs qu'on
lui confiait, sa foi dans le témoignage donné par la vie
de partage des Surs. Son rayonnement dans la société, son souci de relier pauvres et riches, son succès dans l'animation des laïcs, son aisance avec les puissants de son temps, sa proximité avec les plus démunis.
Merci, Sur Rosalie ! Sur
Evelyne FRANC
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relatifs à Sur Rosalie Rendu Biographie Sur Rosalie Rendu Sur Rosalie est une haute et grande figure de Paris au XIXéme siècle, aimée et vénérée par tout le petit peuple du Quartier Mouffetard. Son
enfance Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsquéclate en France la Révolution. Dès 1790, ladhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres, fidèles à lEglise, refusent ce serment. Ils sont chassés de leurs paroisses, certains sont mis à mort, dautres doivent se cacher pour se soustraire aux poursuites. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. LEvêque dAnnecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre quil célèbre la messe. Elle soffusque de ce quon ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace : Prenez garde, je dirai que Pierre nest pas Pierre. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation. Cest dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur dune bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère. La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité daînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites surs. Sa
vocation En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie quelle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur loccasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande. Chez
les Filles de la Charité Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque dexercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans ! Au
quartier Mouffetard Jeanne
Marie, qui a reçu le nom de Sur Rosalie, y fait son
apprentissage, accompagnant les Surs dans la visite des
malades et des pauvres. Entre temps, elle enseigne le catéchisme
et la lecture aux petites filles accueillies à lécole
gratuite. Supérieure
de la Maison de Bienfaisance Toutes ses qualités de dévouement, dautorité naturelle, dhumilité, de compassion, ses capacités dorganisation vont pouvoir se révéler. Ses pauvres comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages dun libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés pour compte. Elle envoie ses Surs dans tous les recoins de la paroisse Saint Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante. Les Dames de la Charité aident dans les visites à domicile. La jeune Conférence de Saint Vincent de Paul vient chercher près de Sur Rosalie soutien et conseils pour leur rencontre avec tous les démunis. Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources.. Bientôt tout un réseau duvres charitables va sétablir pour contrer la pauvreté. Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande daccueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades. Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au delà, les villes de province. Sur Rosalie sait sentourer de collaborateurs dévoués, efficaces et de plus en plus nombreux. Les dons affluent vite, car les riches ne savent pas résister à cette femme si persuasive. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne lont pas oubliée dans leurs libéralités. Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque dhygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sur Rosalie et ses Filles ont frappé limagination. On la vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues ! Durant les journées démeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant sinterposer entre les belligérants. Sur Rosalie souffre : elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp quils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent ladmiration. Lorsque lordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes quelle connaît et qui sont victimes dune répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de larrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire. En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion dhonneur : elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité loblige à laccepter. Ses
dernières années Je me vis en rêve devant le tribunal de Dieu. Il me recevait avec une grande sévérité et allait prononcer ma condamnation, lorsque tout à coup, je me trouvai entourée dune foule de personnes portant de vieilles bottes, des chaussons, des bonnets, qui présentaient à Dieu toutes ces choses et lui disaient : cest elle qui nous a donné tout cela. Alors Jésus Christ, se tournant vers moi, me dit : En vue de toutes ces friperies données en mon nom, je vous ouvre le Ciel. Entrez-y pour léternité ! Sur Rosalie meurt le 7 février 1856, après une courte maladie. L émotion est considérable dans le quartier, dans tous les milieux sociaux à Paris et en Province. Après la célébration des obsèques à léglise Saint Médard, sa paroisse, une foule immense et très émue suit sa dépouille jusquau cimetière Montparnasse. Elle vient manifester son admiration pour luvre accomplie et son affection pour cette Sur hors du commun. Un
hommage insolite LUnivers, principal journal catholique de lépoque, dirigé par Louis Veuillot écrit dès le 8 février. Nos lecteurs comprendront limportance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris : ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux. Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, nhésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : Les malheureux du 12éme arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable : la sur Rosalie, supérieur de la communauté de la rue de lEpée de Bois, est décédée hier à la suite dune longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier. Le journal officiel de lEmpire, le Moniteur, loue laction bienfaisante de cette Sur : Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants lont accompagnée à léglise et au cimetière. Un piquet dhonneur faisait partie du cortège. Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver lenclos réservé aux Filles de la Charité ! Le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de lentrée du cimetière. Sur la tombe toute simple, surmontée dune grande Croix, sont gravés ces morts : A Sur Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture : hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul. Court flash sur sa vie Sur Rosalie Rendu ( 1786-1856 ) Jeanne
Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, dans le Jura.
Ses parents sont des petits propriétaires menant une vie simple.
La Révolution de 1789, anticléricale, jette le trouble dans
lEglise. La famille Rendu accueille, au péril de sa vie,
quelques prêtres pourchassés, dont lEvêque dAnnecy.
Léducation chrétienne de Jeanne Marie est marquée
par ce temps de persécution. Sa première communion aura
lieu, une nuit, dans la cave de la maison, à la lueur dune
bougie. Lorsque la paix est revenue, Madame Rendu envoie sa fille chez les Surs Ursulines qui tiennent un pensionnat à Gex. Jeanne Marie se rend parfois à lhôpital de la ville et y découvre le service des Filles de la Charité auprès des malades et des pauvres. Elle sent grandir en elle lappel de Dieu à les rejoindre. Le 25 mai 1802, elle entre chez les Filles de la Charité à Paris. Quelques mois plus tard, elle est envoyée au quartier Mouffetard où elle reçoit le nom de Sur Rosalie. Elle y demeurera 54 ans, soignant, secourant, consolant tous ceux qui souffrent. Hommes, femmes, enfants travaillent de longues heures. Les salaires, peu élevés, ne sont pas versés si louvrier est malade. Le libéralisme économique qui se développe accentue la misère de tous ces pauvres. Pour répondre aux multiples besoins quelle perçoit, Sur Rosalie, avec les Surs de sa communauté, ouvre successivement un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources. Lélan de charité qui anime cette Sur est communicatif : plusieurs Dames, appartenant à la classe riche, apportent leur soutien financier. Des étudiants soucieux de mettre en uvre leur vie chrétienne viennent chercher conseil prés de Sur Rosalie : ce sera le début de la Société de Saint Vincent de Paul. Les Révolutions de 1830 et 1848 la voient près de tous ceux qui souffrent, quel que soit le camp auquel ils appartiennent. Elle monte sur les barricades pour secourir les blessés. Elle protège tous ceux qui se réfugient dans sa maison. Au péril de sa vie, elle sinterpose entre les belligérants : Ici on ne tue pas. En 1852, Napoléon III lui fait remettre la Croix de la légion dhonneur, hommage du gouvernement pour toute luvre accomplie dans ce quartier si misérable de la capitale. Sa mort le 7 février 1856 provoque une émotion considérable dans tous les milieux sociaux de Paris. Ses obsèques sont un véritable triomphe pour cette humble Fille de la Charité. Son secret Si
lamour est un feu le zèle en est la flamme. "Pour cloître, les rues de la ville, pour monastère, la maison des pauvres" Chaque jour, par tous les temps, Sur Rosalie arpente les rues et les ruelles qui escaladent jusquau Panthéon, le versant sud de la Montagne Ste Geneviève : rue Mouffetard, passage des Patriarches, rue de lEpée de Bois, rue du Pot de Fer ... Son chapelet à la main, son lourd panier au bras, elle presse le pas car elle sait quon lattend ! Comme la moniale dans le cloître, Sur Rosalie marche avec son Dieu : elle lui parle de cette famille en détresse parce que le père na plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde : Jamais je ne fais si bien loraison que dans la rue dit-elle. Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance : elle expérimente au quotidien cette conviction de St Vincent : Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu ... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu. Sa vie de prière est intense ; comme laffirme une sur, elle vivait continuellement en la présence de Dieu : avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau. Si lamour est un feu ... Responsable
de sa communauté, Sur Rosalie avait reçu la mission
daccompagner chacune de ses surs, de les soutenir, de former
les plus jeunes, danimer la vie fraternelle. Elle sen acquittait
avec le plus grand soin, leur communiquant son ardeur et sa joie de servir.
Il suffit pour sen convaincre de relever quelques-uns de leurs témoignages
: Humble dans son autorité, Sur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse ; sa formule ordinaire était celle-ci : Notre Seigneur demandait cela de vous ... ne lavez-vous pas compris ? ...Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres : ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres ! Y avez-vous pensé, ma sur, lorsque vous avez expédié ce pauvre si rudement ? ... Si, à la suite dune démarche, nous rapportions une bonne réponse, elle nous envoyait la communiquer aux familles intéressées pour nous faire jouir de leur bonheur et nous encourager à nous fatiguer pour le bien des pauvres : nous nen ferons jamais assez, mes surs ! Sur Rosalie voyait Dieu dans ses compagnes quIl avait choisies pour épouses. Elle les aimait tendrement comme une mère... Lorsque le temps était mauvais ou quun orage survenait pendant que nous étions en courses, elle trouvait toujours un moment pour mettre nos chaussures dans lâtre de la cheminée ... elle sassurait elle-même si nous navions pas les pieds humides, si nos vêtements étaient chauds !! ... "Si lamour est un feu, le zèle en est la flamme ! disait St Vincent. La petite communauté de la rue de lEpée de Bois soutenue par la prière et lamour fraternel, était prête à affronter la grande misère de ce siècle tourmenté. "Pour rendre à lhomme sa dignité ... Le pauvre peuple meurt de faim et se damne. disait Saint Vincent de Paul. Telle était la situation des campagnes au XVIIe siècle en France. Cest une situation semblable - pire peut-être ! - que constate la jeune sur Rosalie arrivant au quartier St Médard à Paris. Mal logés, affamés, exploités, les pauvres sont livrés à la déchéance et à la révolte. "Le plus pauvre quartier de Paris ; celui dans lequel les 2/3 de la population manquent de bois en hiver, celui qui jette le plus de marmots aux Enfants Trouvés, le plus de malades à lHôtel-Dieu, le plus de mendiants dans les rues ... le plus douvriers sans travail sur les places, le plus de prévenus à la Police correctionnelle. Honoré de Balzac. Traquer la misère pour rendre à lhomme sa dignité tel sera lobjectif de Sur Rosalie pendant 54 ans ! Avec sa communauté, elle soigne, nourrit, visite, console, apaise .. inlassablement ! Douée dune vive sensibilité, elle compatit à toute souffrance :"Il y a quelque chose qui métouffe, dit-elle, et qui menlève tout appétit ... cest lidée que tant de familles manquent de pain ... et son intuition féminine lui suggère le geste à faire, la solution à inventer. Pour le service des pauvres - quels quils soient - elle ose tout entreprendre avec intelligence et audace : rien ne larrête quand il sagit de mettre ou de remettre lhomme debout. Sur
Rosalie a vécu à la lettre et au jour le jour ces recommandations
des Fondateurs : Il faut les aimer tendrement et les respecter fortement. Ste Louise de Marillac Sur Rosalie ne conteste pas lordre établi, nentretient pas la révolte : ce nest pas sa méthode. Pour lutter contre linjustice et la misère, elle éveille la conscience de ceux qui ont le pouvoir ou largent, elle travaille à linstruction des enfants et des jeunes des familles pauvres et, pour répondre à lurgence, elle pousse au partage : elle organise la charité. Il y a tant de manières de faire la charité, dit-elle. Le petit secours en argent ou en nature que nous donnons aux pauvres ne peut durer longtemps, il faut viser à un bien plus complet, plus durable : étudier leurs aptitudes, leur degré dinstruction et tâcher de leur procurer du travail afin de les aider à sortir dembarras . Sur Rosalie fait preuve dune grande lucidité. Avec joie, elle soutient et conseille ses amis engagés dans les réformes sociales, mais, par prédilection, la servante rejoint les pauvres, ses maîtres sur le terrain de la misère. Comme pour Saint Vincent de Paul, on peut dire de Sur Rosalie quelle a le don dhumanité : elle est proche des pauvres, elle les comprend, elle les aime avec son cur, avec sa foi : cest là son secret. Quand le feu se propage ... La correspondance de Sur Rosalie et les témoignages de ses surs révèlent son souci de la jeunesse et son talent déducatrice. Il ny a pas loin entre le quartier Mouffetard et le quartier latin ! Quelquefois, on voyait dans son bureau des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières : étudiants en droit et en médecine, élèves de lEcole Normale et de lEcole Polytechnique, chacun venant chercher une bonne uvre à accomplir ou rendre compte dun service. Avec
tendresse et respect, Sur Rosalie les accompagne personnellement,
a le souci de leurs conditions de vie, les soutient, assure le lien avec
leur famille, et, en bonne éducatrice, elle demande à chacun
ce quil peut mettre au service des pauvres : à lun
sa plume, à lautre son activité, à celui-là
sa parole, à tous, quelques instants pour porter des secours. Elle
leur recommande la patience, lindulgence et la politesse. Les relations
se poursuivaient lorsque ces jeunes gens repartaient en province : les
nouvelles arrivaient alors à la rue de lEpée de Bois
et étaient communiquées aux intéressés grâce
à la diligence et à la discrétion de Sur Rosalie
qui continuait à stimuler les vocations quelle avait suscitées. Pour
que grandisse un réseau de charité ... Un petit groupe se réunissait dans une sorte de cercle détudes appelé Conférence dhistoire. Les réunions avaient lieu chez M. Emmanuel Bailly, professeur de Philosophie et Directeur du journal La tribune catholique. Parmi les habitués de ce cercle, se trouvaient Ozanam, Lamache, Letaillandier, Léon Le Prévost, Lallier ... et quelques autres. Un camarade leur lança un jour ce défi : ... Vous qui vous vantez dêtre catholiques, que faites-vous ? Cette interpellation fit réfléchir le groupe .. Lun deux proposa : Fondons une Conférence de Charité. Cette idée plût à tous ; mais ils avaient besoin dun guide.M. et Mme Bailly connaissant bien Sur Rosalie, les envoient à la rue de lEpée de Bois. Sur Rosalie leur enseigne à visiter lindigence à domicile. Ils apprennent avec elle à voir Notre Seigneur dans les pauvres. Leur indiquant les familles à visiter, elle leur donne des avis sur la manière chrétienne de les aborder, de les respecter, de les considérer comme des frères, riches en humanité. Fondée le 23 avril 1833, la Conférence de Charité devint, en février 1834, la Conférence de Saint Vincent de Paul, qui fut choisi comme maître et modèle. Le nombre des membres de la Conférence augmenta rapidement. En 1835, Monsieur Le Prévost proposa de la dédoubler pour en créer une à St Sulpice, et dautres suivraient. Il y eut discussion : les avis étaient très partagés ! Lunanimité se fit lorsque celui qui lavait proposée dit que lidée venait de Sur Rosalie. Les Conférences se multiplièrent rapidement à Paris et en province ... Frédéric Ozanam rêvait denserrer le monde dans un réseau de charité. Un
chemin de réconciliation... Quelques faits relatés par les biographes permettent dapprécier la droiture, le courage et lextraordinaire liberté de cette femme hors du commun. * 27-28-29 juillet 1830 Les trois Glorieuses : le peuple est en colère ! Paris est couvert de barricades. Pendant quà la rue du lEpée de Bois on soccupe des blessés émeutiers ou soldats Sur Rosalie part à la recherche du général de Montmahaut, un bienfaiteur des pauvres, porté disparu. Risquant sa vie, elle franchit les barricades. Elle le découvre grièvement blessé place de lHôtel de Ville ... elle le ranime : il est sauvé ! * La
justice des lendemains de révolution est souvent sévère
!Des personnes qui sétaient compromises pendant les émeutes
sont venues chercher refuge chez Sur Rosalie qui les a protégées
et a facilité leur fuite. Ordre est donné au Préfet
de Police, M. Gicquel, darrêter Sur Rosalie. Impossible
! dit le policier chargé de lexécution.
Tout le peuple prendrait les armes ! Quà cela ne tienne
! Le Préfet sy rendra lui-même ! Traversant la foule,
il demande à parler à Sur Rosalie. Très aimablement,
il est prié dattendre son tour ; ensuite sengage le
dialogue : * Février 1931 : Sur Rosalie remet un bon de pain à un vieil homme ; il le refuse. Merci, ma Sur , je nen ai plus besoin : demain nous allons piller lArchevêché. Le lendemain, lArchevêché est en flammes, mais Monseigneur de Quélen et un groupe de prêtres ont trouvé refuge à la rue de lEpée de Bois. * A plusieurs reprises, le choléra fait son apparition ! Partout règne la peur et la peur fait naître la suspicion : on se met à accuser les médecins et les pharmaciens de semer la contagion par haine du pauvre peuple et on veut les massacrer. Le Docteur Royer-Collard transportait un malade à lhôpital. On larrête ! Il proteste ... mais la colère est aveugle !Alors, il crie à ces braves gens du quartier Mouffetard : Mais je suis un ami de Sur Rosalie! La colère tombe : on le laisse passer ! * A lécole, une petite fille pleure parce que son père a été emmené en prison; Sur Rosalie connaît la famille : cet homme, honnête ouvrier, sest laissé entraîner par des meneurs. Le général Cavaignac qui estimait Sur Rosalie, venait parfois à la rue de lEpée de Bois ... Ce jour-là, elle lui propose une visite à lécole. Pendant que les regards émerveillés des enfants se tournent vers ce visiteur au beau costume orné de galons dor, Sur Rosalie sadresse à la petite fille : Mon enfant, voici un Monsieur qui peut, sil le veut, délivrer votre papa Ah! Monsieur, rendez-moi mon papa ! Nous avons grand besoin de lui à la maison ! Mais, il doit avoir fait quelque chose de mal? Oh non ! Maman ma dit que non ... et, sil la fait, il ne le fera plus, je vous le promets ... Rendez-le moi ! Je vous aimerai bien ! Lequel fut le plus ému ? Quelques jours plus tard - sans doute grâce à lintervention de Sur Rosalie - le prisonnier se retrouvait en famille. * 1848 ! De nouveau lhorizon se charge de nuages ! La bourgeoisie veut régner et le peuple veut vivre autrement que misérable ! Et ce fut le même déroulement quen 1830 : batailles de rues dans tout Paris ! Une forte barricade avait été dressée à langle de la rue Mouffetard et de la rue de lEpée de Bois. Elle était bien défendue ! Un officier de la Garde Mobile avait gravi la barricade avec ses troupes ... mais tous ses hommes étant tombés sous la rafale des manifestants, il reste seul au milieu des émeutiers en furie, il se précipite alors dans la petite cour de la maison des surs : les fusils des manifestants se braquent sur lui : Sur Rosalie sinterpose en criant: On ne tue pas ici ! Non ! mais dehors ! On lemmène !! Sur Rosalie refuse ... Les hommes, ivres de sang, vont faire feu par-dessus les épaules des surs qui entourent le condamné. Mais Sur Rosalie sest jetée à genoux : Au nom de tout ce que jai fait pour vous, pour vos femmes et vos enfants, je vous demande la vie de cet homme ! Les fusils sabaissent ... quelques hommes pleurent ... lofficier est sauvé ! Qui êtes-vous , ma Sur ? demande-t-il. Rien, Monsieur, une simple Fille de la Charité. Rien que cela ! OUI !
Une simple Fille de la Charité ... Le rôle joué par Sur Rosalie en une période troublée de notre histoire rappelle laction de Monsieur. Vincent en son temps. Comme lui, avec réalisme, intelligence et audace, à travers émeutes et révolutions, elle a mis tout en uvre pour la défense des faibles et le rapprochement des catégories sociales. Grâce à son Charisme personnel et à sa Foi, la communauté du quartier Mouffetard a tracé un chemin vers la justice et vers la paix. St Vincent disait aux premières surs : Si lon vous mène voir lévêque ... dites-lui que vous êtes de pauvres Filles de la Charité qui vous êtes données à Dieu pour servir les pauvres. Cest bien cette identité que Sur Rosalie a incarnée merveilleusement pendant 54 ans au quartier Mouffetard. Paroles de Sur Rosalie Rendu "Il y a quelque chose qui m'étouffe et qui m'enlève tout appétit, c'est l'idée que tant de familles manquent de pain" "Il faut toujours avoir une main ouverte pour donner afin de beaucoup recevoir" "Il y a tant de manières de faire la charité. Le petit secours en argent ou en nature que nous donnons aux pauvres, ne peut durer longtemps, il faut viser à un bien plus complet, plus durable, étudier leurs aptitudes, leur degré d'instruction et tâcher de leur procurer du travail afin de les aider à sortir d'embarras."Haïssez le péché, mais aimez les pauvres. Si nous avions passé les épreuves de ces pauvres gens, si notre enfance avait grandi comme la leur, loin de toute inspiration chrétienne, nous serions loin de les valoir." "Faites toujours ce que vous pourrez, le bon Dieu nous charge de défricher, de semer, de cultiver ; c'est Lui qui arrose et fait fructifier. Vos efforts ne seront pas perdus, la Grâce aura son temps. Priez bien " "C'est Jésus Christ lui-même que nous allons servir ; comme il faut avoir de respect et de dévotion envers ses membres souffrants." "Un grain d'amour propre suffit pour altérer le mérite d'une bonne action. Quelle folie de nous attribuer le succès de quelques-unes de nos entreprises, lorsque nous le devons au souvenir d'un pauvre qui aura prié pour nous, ou à l'intervention d'une bonne âme que nous ne connaissons pas Pour empêcher les chutes, il faut s'appuyer sur deux béquiller : la confiance en Dieu, la défiance de soi-même." Au Préfet de
Police A l'envoyé
du Ministre Monsieur de Lamartine Témoignages
de ses contemporains 1. Ma grand-mère qui avait perdu son mari dix ans après son mariage, traversait une crise au sujet de sa foi et navait plus aucune confiance dans la Providence. Elle sest ouverte de sa détresse morale à Soeur Rosalie quelle avait, je pense, rencontrée à léglise Saint Médard quand elle y conduisait ses enfants au catéchisme. Le remède proposé par Soeur Rosalie à ma grand-mère pour lui rendre la foi en la Providence fut très simple. Elle lui dit : Mettez-vous au service des pauvres. Visitez les malades et les malheureux et lespoir en Dieu vous reviendra nécessairement. Ma grand-mère a suivi le conseil. Elle a retrouvé la foi, elle est morte comme une fervente chrétienne. Javais à cette époque 17 ans et je puis en témoigner. 2. Mon grand-père et mon grand oncle avaient une grande vénération pour Soeur Rosalie. Ils mont toujours dit : Sil est question un jour, de béatifier la Soeur Rosalie, nous te chargeons de répéter ce que nous savons quelle a dit et fait dans le quartier. Danciens ouvriers de la génération de mes parents en parlaient également volontiers : Ils lappelaient lange du quartier et la mère de toutes les misères. Ils avaient comme un besoin de rappeler tous les bienfaits quelle avait semés autour delle. Un protestant qui faisait partie de ce groupe disait à qui voulait lentendre : Cette bonne Soeur fera courir les foules à son tombeau. La charité de Soeur Rosalie pour les pauvres navait pas de limite. Elle se dépensait sans compter pour eux et pour les enfants, jours et nuits. On peut dire quelle ne prenait aucun repos. Elle allait à domicile visiter les malades et les malheureux : elle faisait le ménage, elle leur donnait les soins quils réclamaient. Habituellement, elle leur apportait dans son cabas quelques douceurs pour leur repas. Les vieux disaient : Quand on la béatifiera, on veut la voir avec son panier au bras . Elle se faisait donner, dans ses relations, des vêtements et des chaussures quelle sempressait ensuite de distribuer à ses clients. Elle ne faisait pas de différence entre les croyants et les incroyants. Elle disait : "Je vois le Bon Dieu en eux et cest tout. Pendant la révolution, elle a fait des choses incroyables. Il ny a que le Bon Dieu qui le sait. Elle allait partout, elle passait partout. Les fusils sarrêtaient quand on la voyait arriver. On laidait même à franchir les barricades et les insurgés lui proposaient de laccompagner. Elle est venue en aide aux blessés et aux mourants. Pour les morts, elle a fait également des choses invraisemblables. Monsieur Louis, un vieux menuisier du quartier Mouffetard pourrait dire, sil vivait encore, quelle lui demandait des planches, avec lesquelles elle fabriquait des cercueils pour ensevelir les corps quelle ramassait dans les rues. Elle a renouvelé ce geste à lépoque du choléra. Elle mettait les corps dans une voiture à bras; elle les portait à léglise et les conduisait ensuite au cimetière. Le peuple la considérait comme une sainte. Ils lui parlaient avec considération et respect. Elle était la mère de tout le monde et de toutes les misères. Tous étaient persuadés que dans lavenir lEglise la béatifierait et la prierait comme une sainte. Les vieux disaient : Si jétais là-haut, jirai tirer les oreilles à Saint Vincent de Paul pour quil la fasse béatifier tout de suite. 3. Mon grand père a pris soin de rassembler toutes les lettres quil avait de Soeur Rosalie. Il en avait fait un paquet ficelé avec une note explicative pour demander à ses descendants de les conserver précieusement dans lespoir quun jour la question se poserait de béatifier la Servante de Dieu. Ce dépôt, préservé du pillage durant la guerre de 1940, ma échu et jen suis la fidèle gardienne. Je lai remis entre les mains du Vice-Postulateur. Bibliographie MULLOIS Isidore - La charité
et la misère à Paris - Paris et Lyon, 1856, tome II,
pages 175-189
Historique La Compagnie des Filles de la CharitéLa Compagnie des Filles de la Charité a été fondée par Vincent de Paul et Louise de Marillac le 29 novembre 1633. Au départ,
c'est un petit groupe de quelques paysannes, venant aider les Dames qui
servent les malades dans les Confréries de la Charité, associations
charitables fondées par Vincent de Paul en 1617 à Châtillon
sur Chalaronne. Pour Vincent de Paul,
ces paysannes ont été choisies, appelées par Dieu.
Il leur demande de reconnaître cet appel de Dieu et de demeurer,
comme la Vierge Marie, dans une profonde humilité. La vie quotidienne de ces filles, que le peuple appelle les filles des Charités, est réglée par les exigences du service : aller chercher chez la Dame de la Charité qui l'a préparée la lourde marmite de soupe, parcourir les rues et monter dans les taudis où vivent les pauvres malades, distribuer la nourriture aux affamés. Cette communauté de laïques consacrées a pour objectif d'apporter à tous ceux qui sont dans le besoin, les déshérités, les exclus de la société, tous les marginaux, une aide efficace, concrète, leur permettant de ne pas mourir de faim, de retrouver la santé.. Ce service humanitaire est sous tendu par une solide vie spirituelle qui puise sa force dans la contemplation de Jésus Christ. Lentement, en suivant pas à pas les événements, ces "signes de Dieu", les Filles de la Charité partent hors de Paris et prennent en charge de nouvelles catégories de pauvres : les enfants trouvés, les galériens, les malades dans les hôpitaux. Le service des pauvres
reste l'objectif premier de la Compagnie des Filles de la Charité.
Monsieur Vincent le redit fréquemment : Envoyées dans des établissements loin de Paris, les Surs sont interrogées par les Evêques, les Curés, les Administrateurs sur leur identité. Qui prétendent-elles être ? Sont-elles des laïques ou des religieuses ? Quelle est la signification de leurs vux , de leur vie communautaire ? Vincent de Paul et Louise de Marillac seront très attentifs à expliquer le sens de la vocation de la Filles de la Charité et à conserver à cette communauté nouvelle son objectif prioritaire: le service des pauvres. Les Règles, approuvées par le Cardinal de Retz, archevêque de Paris, le 18 janvier 1655, comportent une page appelée "Charte des Filles de la Charité". Pour expliquer aux Surs ce qu'elles sont, Vincent de Paul et Louise de Marillac partent du modèle connu : la vie religieuse vécue dans un monastère, marquée par l'engagement solennel de la profession religieuse où les Religieuses prononcent des vux perpétuels. La comparaison est faite avec la vocation de la Fille de la Charité, cet appel entendu de Dieu, qui nécessite de pouvoir aller et venir pour servir les pauvres, vocation qui exige une solide vie personnelle.
Pour répondre à la vocation que Dieu lui propose, la Fille de la Charité s'engage donc à vivre sa consécration à Dieu en plein monde, là où les pauvres sont sans secours. L'humilité, cette vertu qui permet de reconnaître en toute vérité les dons reçus de Dieu, la maintient proche du pauvre qui, le plus souvent, ne peut vivre la richesse de son humanité. En tout temps et en tous lieux, les Filles de la Charité s'efforcent de vivre les recommandations de Vincent de Paul : Pour être vraies Filles de la Charité, il faut faire ce que le Fils de Dieu a fait sur terre. Et qu'a-t-il fait principalement ? ... Il a continuellement travaillé pour le prochain, visitant et guérissant les malades, instruisant les ignorants pour leur salut. Que vous êtes heureuses, mes filles, d'être appelées à une condition si agréable à Dieu.. Au XVIIème siècle, les Filles de la Charité sont allées en diverses régions de France, et dès 1652, en Pologne à l'appel de la reine Louise Marie de Gonzague Au XVIIIème siècle, des Filles de la Charité partent en Italie, en Espagne et jusqu'en Russie. La Révolution française supprime toutes les Congrégations religieuses. Quelques Filles de la Charité meurent martyres de leur Foi, à Angers, à Arras, à Dax. D'autres, nombreuses, connaissent la prison. Dès la fin de 1800, Napoléon, ayant besoin d'infirmières dans les hôpitaux, rétablit la Compagnie des Filles de la Charité. Le XIXème siècle et le début du XXème sont marqués par une très forte expansion missionnaire en Europe, mais surtout en Amérique Latine et en Asie (Chine, Iran) et à Madagascar.. La Compagnie des Filles de la Charité vit au rythme de l'Eglise, soucieuse de contrebalancer les dégâts provoqués par la Révolution. Une structure de type monacal apparaît alors nettement. Les Surs vivent le plus souvent dans de grandes institutions : écoles, hôpitaux, maisons de charité aux uvres multiples. Le Concile Vatican II invite toutes les communautés religieuses à faire leur "aggiornamento". Les Filles de la Charité, entraînées par leur Supérieure générale, Mère Guillemin qui fut auditrice au Concile, s'efforcent de retrouver leur caractère spécifique :: le service des plus pauvres. Des révisions très courageuses sont effectuées. Les Surs orientent particulièrement leur action auprès des isolés, des exploités, des laissés pour compte, et inventent de nouvelles formes de présence. Les situations d'urgence les trouvent à l'uvre - :ainsi - en Colombie, en Turquie lors des violents tremblements de terre - en Thaïlande, au Mexique, dans les camps de réfugiés - en Erythrée, en Somalie partageant la souffrance des populations confrontées à la famine . Les Surs partent vivre dans les favelas au Brésil, rejoignent les communautés menacées de génocide tels les Indiens dans les Andes ou les Aborigènes en Australie. En Europe, l'accompagnement des mourants requièrent une présence discrète et forte. Les Surs se forment pour assurer avec compétence les soins palliatifs. Les nouvelles formes d'exclusion liées à la drogue, au Sida, au chômage, les interpellent : des petits centres sont mis en place en de nombreux pays. Les formes de service sont multiples et diverses comme sont multiples et diverses les situations de pauvreté dans les nombreux pays où les Surs sont insérées. Les Filles de la Charité savent que le service des pauvres nest plus leur apanage ni même celui de lEglise, beaucoup dassociations sont engagées aujourd'hui dans ce service des démunis et de la promotion de lhomme. Mais elles ont choisi de signifier, par leur engagement total au service des exclus, des démunis, lAmour que le Christ est venu transmettre au monde. Elles contemplent le Christ en l'anéantissement de son Incarnation Rédemptrice... Elles apprennent du Fils de lHomme à révéler à leurs frères l'Amour de Dieu pour le monde. (Constitutions ) L'Incarnation du Christ
les motive et les invite à aller en tout lieu. Parlant aux Surs
qui vont partir à Calais pour le service des soldats blessés
sur les champs de bataille, Vincent de Paul exprime toute la grandeur
de leur vocation : Côtoyant, partageant
l'immense souffrance répandue dans le monde, les Surs s'efforcent
de faire découvrir à tous la grandeur de tout être
humain et de les conduire vers une vie digne. Elles savent que ce chemin,
difficile et parfois plein dembûches, est celui vécu
par le Christ à travers sa mort et sa Résurrection. La Compagnie des Filles de la Charité
La Compagnie des Filles de la Charité est divisée en 78 Provinces. Le gouvernement provincial comprend une Visitatrice, assistée d'un Conseil de 3 à 6 Surs, suivant l'importance de la Province. Cette entité provinciale est en lien avec la Supérieure Générale qui réside à Paris, elle-même assistée d'un Conseil de 10 Surs de nationalité et de langue différentes La mobilité est nécessaire aux Filles de la Charité pour demeurer présentes près des plus pauvres Au cours des six dernières années, si 536 maisons ont été fermées, 242 ont pu être ouvertes. Dans presque toutes les Provinces disposant dune marge daction pour répondre aux options, et grâce à une révision des uvres continuelle, on est en train de remplacer les services où notre présence nest pas tout à fait nécessaire par dautres destinés à des personnes plus démunies, en tenant compte surtout des nouvelles pauvretés : la femme maltraitée et en difficulté de toutes sortes; les enfants abandonnés, privés du nécessaire vital; lémigration, source de multiples pauvretés et de conséquences tragiques sur la vie; les malades du sida, tout particulièrement dans les continents où narrivent pas les remèdes existant déjà, etc, etc. De nouvelles missions ont été ouvertes au Cambodge, au Kazakhstan, et au Laos, en Asie ; en Alaska aux Etats-Unis ; en Libye, au Tchad, au Kenya en Afrique ; et lexpansion, commencée après la chute du communisme, continue vers lUkraine, la Biélorussie, la Sibérie. De nouveaux appels frappent à nos portes constamment. Dossier
de presse établi par Surs Marie-Geneviève ROUX et
Élisabeth CHARPY |