CONGREGAZIONE DELLA MISSIONE
Chers Frères, La grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ habitent vos cœurs maintenant et à jamais ! Par cette première lettre d’Avent, je voudrais vous partager trois réflexions et proposer une application concrète pour nos vies comme disciples de Jésus-Christ, Évangélisateur des pauvres. Trois réflexions Le sujet de cette lettre d’Avent est né des commentaires que j’ai reçus en référence à ma circulaire du 11 septembre. 1. Une personne a livré une belle réflexion, concernant ce que j’avais écris sur «faire un cadeau» et nous donner nous-mêmes comme cadeau, disant : si nous tous qui sommes appelés à être fidèles à l’esprit de saint Vincent, nous pouvions nous voir comme un cadeau pour ceux que nous servons, que ce soit dans les missions «ad Gentes», les missions populaires, l’administration, les hôpitaux ou dans l’enseignement, quelle chose merveilleuse ce serait. Demandons-nous mes frères, «Est-ce que je me vois comme un cadeau ? » Noël, dont l’Avent est une préparation, est traditionnellement une période où l’on s’offre des cadeaux. Prenons le temps de réfléchir sur nous-mêmes en tant que cadeau et sur le fait de nous donner comme cadeau à ceux que nous servons pendant ce temps d’Avent. 2. Une autre personne m’a posé une question suscitée par mon rappel que saint Vincent nous appelle à être une part de l’Église Universelle. Elle demandait ce que pouvons faire dans les situations où les personnes avec qui nous travaillons et partageons notre ministère sont en conflit avec les enseignements de l’Église officielle. Quelle doit être notre attitude devant eux ? Ma réponse à cette personne est celle que je fais à chacun de nous qui désirons vivre radicalement l’Évangile. Nous sommes appelés à être compassion pour tous. Dans nos relations nous voyons en premier la personne, comme Jésus la voyait, et nous partageons avec notre cœur l’amour de Jésus pour cette personne. Quand j’étais au séminaire, une fois, quelqu’un avait fait un commentaire sur le «caractère unique» de notre formation vincentienne. Nous avions appris en premier à voir et aimer la personne comme personne, et ensuite à aider cette personne à comprendre quelle est la doctrine de l’Église vis à vis d’elle ou dans sa propre situation. Pendant l’Avent, nous devons approfondir notre réflexion sur l’Incarnation de la Parole de Dieu : «Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous» (Jean 1, 14). L’Évangile révèle clairement que la plus grande expression de l’amour de Dieu pour l’humanité est que Dieu s’est fait l’un de nous. Nous sommes appelés à refléter l’amour de Dieu pour l’humanité dans et par nos signes de compassion, notre passion pour et avec ceux qui souffrent. Faisons de ce temps d’Avent, un temps de réflexion sur la qualité de notre compassion, particulièrement pour les plus abandonnés. 3. Une autre remarque : quelqu’un a relevé dans ma lettre notre appel à conformer nos vies plus radicalement à la vie des pauvres, permettant aux pauvres d’être nos maîtres. Ma réflexion est de franchir une étape supplémentaire disant que notre formation devrait se réaliser dans le contexte d’une expérience directe avec les pauvres. Durant cet Avent, alors que nous sommes invités à aimer plus profondément le Seigneur qui a choisi de montrer son amour en naissant pauvre, laissons-nous nous configurer à Jésus et nous configurer aux pauvres, le faisant dans et par notre proximité avec eux. Je recommande que nos programmes de formation initiale et même nos programmes de formation continue, favorisent largement des possibilités de contact avec les pauvres, pas nécessairement en mettant l’accent sur «que pouvons-nous faire pour eux», mais davantage sur comment «pouvons-nous être avec eux» ; alors nous pourrons parvenir à connaître et aimer plus profondément le Seigneur Jésus qui nous parle par eux. Laissons ce temps d’Avent être un temps de réengagement à marcher plus fidèlement avec le Seigneur et donc à marcher plus fidèlement avec les pauvres. • Une application pratiqueAu cours de l’Avent, je vous invite, mes frères, à être plus «branchés» sur la Parole de Dieu que l’Église nous présente chaque jour. Nous savons tous que durant ce temps spécial de l’année il y a une richesse dans la Parole de Dieu nous appelant tous à une conversion personnelle et communautaire, nous donnant en même temps la grâce d’édifier ceux avec qui nous vivons et nous invitant à être des instruments de transformation de notre monde. J’encourage chacun à réfléchir sur la Parole de Dieu quotidienne. L’expérience de la Lectio divina est une pratique facile que nous connaissons et utilisons tous. Nous pouvons le faire très simplement, peut-être le soir avant de nous retirer, en lisant la Parole de Dieu et relevant les thèmes communs qui existent entre la première Lecture et l’Évangile. Réfléchissant sur la Parole de Dieu chaque nuit avant de nous endormir et de nouveau le matin quand nous nous éveillons, nous pourrons alors nous poser la question : «Que me dit la Parole de Dieu dans ma vie d’aujourd’hui ?» Nos réflexions personnelles peuvent être enrichies par les commentaires bibliques comme «le commentaire quotidien» du site web de la Famille Vincentienne – le site web de la SSVP fait une réflexion similaire sur la Parole durant ce temps. En communauté, je vous encourage à partager la Parole de Dieu durant l’Avent. Peut-être le moyen le plus édifiant est d’échanger sur les lectures du dimanche. Une bonne pratique pourrait être de nous rassembler durant une heure pour écouter la Parole de Dieu du dimanche suivant, et ensuite partager cette Parole, nous demandant ce qu’elle nous dit personnellement et ce qu’elle nous dit en tant que communauté. Après avoir passé une heure de partage de la Parole, nous pourrions passer quelque temps en échangeant des expériences vécues durant la semaine. Soyons heureux et prenons vraiment plaisir à être en compagnie les uns des autres. C’est vraiment un chemin d’approfondissement de notre réflexion commune sur la Parole de Dieu et de son retentissement dans notre vie de notre communauté. J’aimerais aussi vous encourager, mes frères, à rejoindre pendant l’Avent les personnes dont vous partagez l’apostolat, ou à vous réunir avec d’autres groupes de la Famille Vincentienne, pour réfléchir ensemble sur quelque thème mis en évidence sur la Parole de Dieu durant l’Avent. J’ai été émerveillé par la façon dont les personnes peuvent facilement appliquer la Parole à leurs situations vécues. C’est une belle expérience de foi qui m’édifie vraiment et peut nous aider tous à relever des défis. Que dit la Parole de Dieu par rapport à notre propre réalité ? Par rapport à nos situations familiales ? Par rapport à notre quartier, à notre pays ou au monde où nous vivons ? Qu’en dit la Parole de Dieu ? À quoi la Parole de Dieu nous appelle-t-elle personnellement ou en tant que communauté de foi ? Ou comme membres de la Famille Vincentienne ? Comme nous le savons tous très bien, le plus souvent, nous sommes évangélisés par ceux que nous sommes appelés à évangéliser. Réfléchissons sur la Parole de Dieu afin qu’elle nous provoque à relever le défi, comme Famille, à être une voix prophétique pour les pauvres. Voici quelques suggestions que je vous propose,mes frères, pour ce temps de l’Avent. La Parole de Dieu est riche par elle-même. Laissez l’Esprit vous parler et vous conduire, personnellement, communautairement, ensemble avec les personnes avec qui vous partagez votre ministère, ensemble en tant que Famille Vincentienne. Puisse Marie, toujours attentive à la Parole de Dieu, nous aider à être dociles à la voix de l’Esprit. Par son intercession, je demande au Seigneur de vous bénir et de combler chacun d’entre vous de toute la joie et la paix qu’Il vient nous apporter à Noël et tout au long de la nouvelle année. Votre frère en Saint Vincent, G. Gregory Gay, C.M. |