Ouverture de l'année Portal
Samedi 24 septembre 2005
Les diocèses de Savoie vont célébrer, cette année le 150e anniversaire de la naissance du Père Fernand PORTAL et le 80e anniversaire de sa mort. Pionnier du dialogue œcuménique, avec Lord Halifax, le cardinal Mercier, dom Beauduin.
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Le père Portal a beaucoup fréquenté le village de Pugny-Chatenod près d’Aix-les-Bains.
Il a vécu à la Maison Saint-Vincent (où sont installées aujourd’hui les Sœurs du Christ-Rédempteur).
Il est inhumé dans la chapelle de l’Unité, au Monastère des Corbières (occupé aujourd’hui par la Petites Sœurs de Bethléem).
Environs d'Aix-les-Bains.
La flèche rouge localise Pugny-Chatenod. |
L’Année Portal sera ouverte samedi 24 septembre à 14 h.30 en l’église de Trévignin (et non Pugny-Chatenod comme annoncé) en présence des groupes œcuméniques de Savoie et Haute-Savoie. Elle se terminera le 10 juin 2006 (anniversaire du décès de Fernand Portal) en l’église de Pugny-Chatenod. Entre temps, une célébration œcuménique présidée par Mgr Ulrich, archevêque de Chambéry, aura lieu le samedi 4 mars 2006 à 18 h.30 en la cathédrale de Chambéry.
Conférences-débat
A noter également une série de trois conférences-débat :
- Le père Portal, pionnier de l’œcuménisme par Régis Ladous, maître de conférences en histoire, le vendredi 21 octobre à 20h30, salle du Vieux-Moulin, esplanade Notre Dame à Aix-les-Bains.
- L’œcuménisme, du père Portal à nos jours par Étienne Fouilloux, maître de conférences en histoire, le vendredi 13 janvier à 20 h. 30 à la maison diocésaine de Chambéry, place cardinal Garrone.
- Les Anglicans au cœur du dialogue œcuménique par le frère Franck Lemaître, dominicain, directeur du Centre Unité chrétienne de Lyon le jeudi 20 avril à 20 h.30, à la maison diocésaine de Chambéry, place cardinal Garrone.
(Site du Diocèse de Chambéry) |
La journée du 24 septembre
Ce samedi 24 septembre, le soleil baignait abondement les pentes Est du Lac du Bourget au dessus d'Aix-les-Bains. Depuis plusieurs mois déjà la "Commission œcuménique" des deux diocèses de Savoie préparait cette ANNÉE PORTAL qui encadrera à la fois l'anniversaire de sa naissance — 150 ans — de Fernand PORTAL et celui de sa mort en juin 2006 — 80 ans. L'accueil se faisait dans le presbytère (salle communale) de Trévignin, proche de Pugny-Chatenod.
À la sortie de la gare, nous allons saluer les Sœurs du Christ-Rédempteur qui occupent à Pugny la seconde maison fondée par le Père et l'oratoire où il célébrait la messe.

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Nous montons ensuite à Trévignin, où l'équipe prépare l'accueil des participants et notre pique-nique.

Autour de Jean ROURE, l'animateur de l'équipe, Françoise HABOZIT, Emmanuel GREBEL, Clément DANCKAERT. Tim WATSON, responsable du dialogue Anglican-Catholique en France etmembre de la Communauté du Chemin-Neuf de Lyon nous avait rejoint pour la journée.
| Vient nous rejoindre Régis LADOUS, le biographe de Monsieur Portal, à qui nous devons cette grosse thèse de 525 pages, parue en 1985, aux éditions du Cerf. C'est "LA" vie de PORTAL de référence. |
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Après un Kir au Chignin, cru savoyard réputé, nous déjeunons. Ce moment pemet des échanges très intéressants, sur bien des domaines. Puis les participants arrivent, le Père PICHON, curé du lieu, le Pasteur régional.
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Enfin, nous avons la chance et la joie de recevoir Madame Marie-Madeleine CHARPENTIER, 95 ans, l'une des dernières "orphelines" – c'est son mot – de la Maison des Corbières. Elle y arrivait en 1918. |
Tous les arrivants rejoignent l'église de Trévignin où se déroule ce premier temps de l'Année Portal.
Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Chambéry, a fait une encourageante apparition. |
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Après la prière et les chants d'unité, nous entendons trois remarquables interventions : Clément DANKAERT qui retrasse le chemin de la vie de Portal ; ce n'est pas une petite gageure devant Régis Ladous. Puis nous entendons Tim WATSON, nous donner le point de vue anglican sur l'action de Portal et de Lord Halifax, puis celui du Pasteur Andréas LOF de l'Église réformée de Savoie. |
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Puis est interviwée Mme Marie-Madeleine CHARPENTIER qui nous rappelle ces souvenirs et les images qu'elle a conservés du Père et de Mme Galice dans sa mémoire et dans son cœur. Ces interventions seront publiées, je l'espère. Un bref échange par groupe est proposé ensuite, qui permet à chacun de donner ces réactions.
Pris en charge par les Sœurs du Christ-Rédempteur (l'une d'entre elles est la sœur de notre confrère Raymond HÉRISSET),
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nous allons sur la tombe de Monsieur PORTAL, dans la crypte de la Chapelle de l'Unité. C'est une large table de marbre noir posée à même le sol. Ce tombeau est très fleuri comme on peut le voir. À la fin d'une pareille journée, ce pélerinage sur la tombe est marqué par l'émotion et la ferveur pour l'Unité. |
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Une Sœur me ramène à la gare d'Aix-les-Bains. Le TGV me ramène à Paris...
Quelle belle journée, fraternelle, dense et lourde de foi en Jésus-Christ !
Merci à la Commission Œcuménique. Comme toujours dans ce genre de rencontres œcuméniques, nous nous sentons si proches, si unis... Qu'est-ce qui peut bien nous séparer ? Des journées comme celle-là et les autres qui vont suivre, permettent de petits pas pour se rejoindre. L'une des vertus de Monsieur PORTAL comme de Pouget et bien d'autres, fut son appartenance à l'Église. Quand la fidèlité semblait en cause, il n'y avait pas de compromission, même quand l'Église frappait. Mais en même temps Portal croyait à l'action des humbles de la base malgré les rigidités administratives ou doctrinales :
«Remarquons que dans l'histoire de la chrétienté, presque toujours, les plus grandes choses, les transformations les plus inattendues et les plus difficiles furent accomplies non point par ceux qui étaient élevés en dignité et possédaient les pouvoirs, mais par les plus humbles.
Leur œuvre régénératrice s'accomplit au milieu de grandes difficultés, et souvent malgré l'opposition de l'autorité, parce qu'il avait plu à Dieu que l'Esprit fût en eux et agît en eux.
Et cette marque de l'Esprit saint dans leurs œuvres, nous la reconnaissons à ce que les changements, les réformes opérées, se font toujours sans révolte, sans rupture avec ceux qui détiennent l'autorité dans l'Église, quoique souvent comme malgré eux.» (A la communauté, 5 juin 1908)
Cl. Lautissier CM
Prochain rendez-vous le 21 octobre, pour la conférence de Régis LADOUS
Biographie sommaire de Fernand Portal
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En 1855 naissait à Laroque, au pied des Cévennes, Fernand Portal, fils de cordonnier. Il passe son enfance dans un climat de conflit entre les partisans convaincus de la laïcité et l'Église Catholique Romaine. Fernand a 9 ans lorsque Pie IX promulgue le Syllabus, condamnant ainsi ce qu'on appelait le modernisme.
Bien qu'entré au petit séminaire, le jeune Fernand songe d'abord à une carrière d'officier. Mais son caractère aventureux le poussera néanmoins à entrer dans les Ordres pour devenir missionnaire en Asie. C'est le jour de ses 19 ans, le 14 août 1874, qu'il frappe à la porte de la Congrégation de la Mission, les Lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul. Ordonné prêtre en 1880, ses problèmes de santé l'obligent à renoncer à son projet de mission. Ses supérieurs l'envoient enseigner dans des séminaires. |
En 1889 à Madère, alors qu'il remplace l'aumônier d'un hospice, il rencontre un noble anglais, Lord Halifax, venu pour soigner son fils tuberculeux. Lord Halifax est un Anglican fervent du courant anglo-catholique : ces anglicans proches de la spiritualité et de la théologie catholiques. Il est très investi dans la vie de son Église et œuvre de tout son être pour que l'unité entre l'Anglicanisme et le Catholicisme soit retrouvée. Les deux hommes se lient d'amitié et passent leur temps en de longues conversations. Des conversations qui toujours les ramènent au Christ, à l'Église et à son unité. Le grand sujet de leurs échanges est bien celui-ci : comment retrouver l'unité ecclésiale entre Catholiques et Anglicans, séparés depuis le XVIe siècle ? Ils parviennent à cette conclusion : plutôt qu'un retour pur et simple des anglicans à Rome, il faudrait une reconnaissance mutuelle des Eglises et une réconciliation entre elles.
De retour chez eux ils entreprennent une «campagne anglo-romaine» dont le but est la reconnaissance par Rome des ordinations anglicanes, l'Église Catholique estimant qu'il y a eu une rupture dans la succession directe entre les apôtres et les évêques anglicans. Cette campagne semble pouvoir aboutir mais finalement, en 1896, la commission nommée par Léon XIII pour étudier cette question estime que les ordinations anglicanes ne sont pas valides. C'est un échec brutal pour les deux amis.
Cependant Fernand Portal et Lord Halifax vont poursuivre leur œuvre d'unité des Eglises avec d'autres approches. Le prêtre lazariste fonde des revues catholiques dont les colonnes sont largement ouvertes aux non-catholiques et à l'étude des autres Églises. Nommé aumônier d'étudiants et professeur de séminaire à Paris, il organise des rencontres entre étudiants protestants et catholiques. C'est aussi pour lui et pour son entourage l'occasion de s'ouvrir à l'Orthodoxie slave et d'organiser avec quelques étudiants des séjours à l'Est déjà sous domination communiste, afin d'y travailler pour l'unité de l'Église.
Pendant la même période Portal rencontre madame Gallice, veuve. Ensemble ils commencent à s'occuper du bidonville parisien de Javel. Ils fondent une communauté de femmes laïques qui vivent au milieu de ces personnes plongées dans la misère et les aident à différents niveaux. Pour venir en aide aux orphelines Fernand Portal crée à Pugny-Chatenod, au-dessus d'Aix-les-Bains, un orphelinat : la Maison des Corbières (aujourd'hui habitée par les Petites Sœurs de Bethléem).
Mais pendant ce temps, l'idée de la réconciliation des Églises fait son chemin et d'autres personnes se lancent dans cette aventure. Parmi elles on rencontre le cardinal Mercier, archevêque de Malines-Bruxelles, et dom Lambert Beauduin, un bénédictin qui vient de fonder un monastère voué à la rencontre avec l'Orthodoxie. En 1921 c'est le début des conversations de Malines auxquelles participent Portal. Ce sont des conversations privées, dans un salon privé, entre personnes de diverses Eglises présentes à titre privé, et le tout avec l'autorisation de Rome. Ces conversations se terminent avec la mort du cardinal Mercier et du Père Portal en 1926. Il est inhumé aux Corbières à Pugny-Chatenod.
Le contexte, en 1926, n'est plus le même que 20 ans auparavant. La crise moderniste est passée et l'œuvre de Fernand Portal, toujours en fidèle obéissance à son Église, et de ses amis commence à porter ses fruits. Ailleurs en Europe, d'autres ouvriers de l'unité de l'Église se sont levés. Quelques années plus tard on assiste à la naissance du Conseil Œcuménique des Églises, le Père Couturier (proche du monastère de dom Beauduin) s'apprête à Lyon à répandre la Semaine de prière pour l'unité des Chrétiens. Portal a donné comme un mode d'emploi à l'œuvre de l'unité : amitié, conversation et obéissance à son Église.
Il meurt à Paris le 19 juin1926. Il est inhumé dans la Chapelle de l’Unité, au Monastère des Corbières, à Pugny-Chatenod.
Dans la crypte de la chapelle reposent le Père Portal et Madame Gallice, fondatrice de Orphelinat des Corbières. Le Père Portal écrivait le 18 octobre 1919 : «Créer un lieu de prières à côté d'un lieu charitable, c'est réaliser l'idéal chrétien, la contemplation et l'action. Ce serait une source de vie spirituelle pour les membres de l'œuvre et pour d'autres. Quelques-uns y viendraient prier et expier auprès de vous, dans votre ermitage, en se relayant. On y viendrait faire une cure d'air spirituel».
Biographie donnée par le Site diocésain de Chambéry. |
Fernand PORTAL cm
PORTAL Fernand, Étienne,
Né à Laroque (Hérault) le 14 avril 1855, de Pierre, cordonnier, et de Louise LAFABRIE,
Baptisé le 16 avril,
Études secondaires au Petit-Séminaire de Montpellier,
Reçu dans la Congrégation de la Mission le 14 août 1874,
Admis aux vœux le 15 août 1876,
Placements :
1878, placé, comme professeur, au Petit Séminaire de Tours,
1879, revenu à Paris pour y continuer ses études théologiques,
1880 le 22 mai, à Paris, ordination sacerdotale,
1880 septembre, placé comme professeur au Séminaire d’Oran,
1882, Grand Séminaire de Nice,
1884, Grand Séminaire de Cahors,
1887 le 3 novembre, à Lisbonne, pour se soigner,
1889 le 6 octobre, de Lisbonne à Madère,
1890 le 4 décembre, revient à Cahors, comme économe,
1991 juillet, Cahors, professeur de morale,
1895 le 5 juillet, Paris, pour s’occuper des Anglicans,
1896, professeur de morale au Grand Séminaire de Châlons-sur-Marne,
1897, Supérieur du Grand Séminaire de Nice,
1899, Supérieur du Séminaire universitaire Saint-Vincent-de-Paul, rue du Cherche-Midi,
1908, quitte le Séminaire Saint-Vincent-de-Paul et s’installe rue de Grenelle,
1926 le 19 juin, mort à Paris, inhumation, un an après, dans la crypte de la Chapelle de l'Unité.
Monsieur PORTAL a fondé :
– la Revue Anglo-Romaine, 1er N° le 7 décembre 1895, disparue en juillet 1896,
– les Petites Annales de Saint Vincent de Paul, durant quatre ans (1900-1903),
– la Revue Catholique des Églises, cinq ans (1904-1908),
– les Dames de l’Union :
Cette Communauté se compose de filles et de veuves, sans vœux ni costume spécial,
adonnées aux œuvres charitables. Elles avaient deux maisons :
• à Paris, 20 rue de Lourmel : soins des malades, visites des pauvres et autres œuvres,
• aux Corbières, près d’Aix-les-Bains (Savoie) orphelinat.
Monsieur PORTAL a écrit :
1. Les ordinations anglicanes (pseudo Fernand Dalbus), in-8°, Arras, 1894,
2. Les Dames de la Charité de Monsieur Vincent, Paris, Art catholique, 1918,
3. Les Filles de la Charité de St Vincent de Paul, Paris, de Gigord, 1921,
La bulle de Léon XIII sur les Ordinations anglicanes, est du 13 septembre 1896, sa lettre aux Anglo, du 14 avril 1895.
Décembre 1921, première Conversation de Malines pour la réunion des Anglicans, sous la présidence du Cardinal Mercier.
Note manuscrite de Pierre COSTE cm - Archives Paris |
Heureuse coincidence après cette première journée à Pugny :
LE RESPECT maître mot du dialogue :
Le «respect»,
maître-mot du dialogue avec les religions non-chrétiennes
Les 40 ans de «Nostra Aetate», congrès à Rome
par Mgr Fitzgerald. |
ROME, Lundi 26 septembre 2005
«Nostra Aetate aujourd’hui : réflexions sur son appel à une nouvelle ère de relations interreligieuses» : les 40 ans de la déclaration conciliaire sur les relations de l’Église catholique avec les religions non-chrétiennes, «Nostra Aetate», un congrès est organisé sur ce thème à Rome, à l’université pontificale grégorienne. Il s’achèvera le 28 septembre.
Le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, Mgr Michael Fitzgerald a évoqué ce document au micro de Radio Vatican.
«Le mot clef de ce bref document est peut-être le «respect», c’est-à-dire que l’on doit respecter les personnes des autres religions. Pourquoi ? Parce qu’il y a des valeurs avec des vérités, il y a des choses meilleures de ces traditions religieuses. «Nostra Aetate» affirme que l’Eglise regarde avec estime ces personnes et apprécie ces rayons de vérité qui sont contenus dans les différentes traditions».
Mais qu’est-ce qui a changé en 40 ans ? «En 40 ans, répond Mgr Fitzgerald, il y a eu une application de cette attitude de respect, spécialement dans les activités des papes : Paul VI, Jean-Paul II et nous pouvons dire Benoît XVI également, par son accueil des délégations après l’inauguration de son pontificat, la visite de la synagogue de Cologne, sa rencontre avec les responsables musulmans d’Allemagne. Il y a toujours cette démonstration d’un accueil de l’autre et une volonté de collaboration dans le monde d’aujourd’hui ».
Dialogue, et donc, «approfondissement de sa propre identité», explique en outre le président du dicastère romain : «Cela ne veut pas dire, ajoute-t-il, sacrifier notre identité chrétienne, catholique, pour avoir des relations plus faciles avec les autres. De fait, les différences entre les religions nous font découvrir davantage ce qui est précieux dans notre foi. Et surtout l’incarnation, que Dieu s’est fait homme pour nous sauver, et que c’est le chemin du salut. Le dialogue avec les autres religions ne détruit pas cette vérité de notre foi, mais la met en relief ».
Il précise, à propos des relations avec les musulmans : «Je crois que les relations avec les musulmans se sont développées ces 40 dernières années. Il y a un plus grand intérêt de la part des musulmans. Il y a eu de leur part des initiatives. Il existe une certaine structuration du dialogue. Notre conseil a créé deux comités permanents avec les musulmans, nous avons des relations avec d’autres groupes musulmans, des relations régulières pour discuter des problèmes du monde d’aujourd’hui, pas seulement de problèmes théologiques. Je crois que dans d’autres parties du monde aussi, il y a une cohabitation, même si elle est difficile, avec les musulmans, mais il y a des progrès ».
Quant aux religions asiatiques : «Nous ne devons pas considérer ces religions asiatiques comme présentes seulement en Asie, parce qu’elles se diffusent dans le monde entier, comme cela se passe pour l’islam. Donc, il y a des Bouddhistes en Europe, en Amérique, et en Australie. Il y a aussi cette tendance de la part de personnes qui viennent du christianisme à se sentir attirées par le bouddhisme. Pour l’Hindouisme, un peu moins, mais il y a des communautés hindoues dispersées dans le monde. Avec les bouddhistes aussi, spécialement ceux du Japon, nous avons noté la grande ouverture, un désir de dialoguer et de mieux connaître le christianisme. De nombreux groupes qui viennent à Rome et qui participent à l’audience générale sont très contents de rencontrer le Saint-Père. Mais il y a des difficultés, parfois causées par une prédication de l’Évangile de la part non pas tant des catholiques mais d’autres chrétiens, qui ne respecte pas la culture ou la religion des autres et ceci provoque une réaction parfois violente contre les chrétiens».
Mais comment concilier le dialogue et l’annonce de l’Évangile ? Mgr Fitzgerald estime que «l’on peut dire qu’il y a une certaine tension entre l’annonce de Jésus Christ et le dialogue, mais si nous regardons bien, le dialogue comporte une certaine annonce de l’Évangile parce que le chrétien doit, comme nous l’avons dit, dialoguer avec son identité ».
«Donc, on ne doit pas avoir peur de témoigner de sa foi, et d’autre part l’annonce du Christ qui doit être faite par le dialogue, doit tenir compte du contenu et de la tradition religieuse de la personne à laquelle s’adresse le message. Il n’y a donc pas une séparation complète entre ces deux moments mais il y a un discernement avec la grâce de l’Esprit Saint : qu’est-ce que je dois faire en ce moment ? Annoncer Jésus Christ et inviter cette personne à entrer dans la communauté chrétienne, ou est-ce le moment de dialoguer, dans le respect de son choix, de sa conscience ? A propos de l’attitude de l’Église vis à vis des autres religions, le document Nostra Aetate doit être mis en relation avec la déclaration «Dignitatis Humanae», sur la liberté religieuse, parce que l’Église a dit que chacun doit chercher la vérité, mais que chacun doit suivre sa conscience. Nostra Aetate est une façon de respecter la conscience des autres qui appartiennent à d’autres religions ».
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