Participation actuelle avec la Communauté ONG

Centre d’Information des Organisations Catholiques Internationales

Joseph P. FOLEY
Délégué de la CM auprès des ONG et des Nations-Unies

Je représente la Congrégation au sein du ICOIC, c’est-à-dire du Centre d’Information des Organisations Catholiques Internationales. Je suis à son service en tant que membre du Comité administratif du Centre. Le Centre organise habituellement deux réunions d’information mensuelles au cours desquelles sont mis en discussion les problèmes qui présentent un intérêt particulier pour la Communauté Catholique. Les trois dernières réunions d’information ont été d’une grande utilité:

  • Alfredo Sfeir-Younis, un vieil ami Catholique de l’ICO, haut Conseiller des Directeurs Administratifs de la Banque Mondiale, a donné, sous une forme dynamique, ses réflexions personnelles sur la “ Spiritualité Catholique et la Politique Publique Mondiale.”
  • L’Archevêque Mgr Migliore, l’Observateur Permanent du Saint Siège aux Nations Unies, a mis le Centre au courant des interventions prévues par le Saint Siège en vue de la session actuelle de l’Assemblée Générale.
  • (Et) Meg Gardinier, de l’UNICEF, a parlé  sur “Ce que les Responsables Religieux peuvent faire en matière de HIV/SIDA, des Enfants et des Jeunes.”

Les réunions d’information organisées par le Centre et les contacts faits au Centre sont d’une grande utilité en ce qui concerne l’éradication de la pauvreté, le développement économique et social, et la réinsertion sociale.

Les Religieux aux Nations Unies (RUN)

    Le  RUN n’est pas une organisation. C’est une association “ad hoc” de 35 à 40 Représentants Religieux ONG basés à New York qui se réunit une fois par mois pour apporter de l’appui et mettre en commun les informations.

La plupart des ONG Religieuses sont engagées dans un travail de réduction de la pauvreté, de développement économique et social, de défense des droits de l’homme, de questions humanitaires  et de problèmes touchant la paix – soit un ensemble de difficultés écrasantes qui, dans certains cas touchent plusieurs générations. Le travail de chaque représentant étant nécessairement limité à une portion de cet agenda, ainsi est-il très utile d’acquérir une certaine notion de l’ensemble. RUN est le lieu où cela se passe.

Du fait que l’on trouve dans le RUN beaucoup de capacités et un large éventail d’engagements, les réunions sont souvent utiles lorsqu’il s’agit d’analyse et de stratégie. Et, étant donné que la plupart des comités et des groupes de travail jouissent d’un cycle naturel de vie, RUN les aide à découvrir de nouvelles méthodes en vue de réaliser les mandats Congrégationnels.      

Le Groupe de Travail ONG sur les problèmes Israël/Palestine   (Paix)

Le Groupe de Travail de l’Organisation Non-Gouvernementale sur les relations Israël Palestine (NGOWGIP) a pour but de servir de ‘passerelle’ entre Israël et la Palestine d’une part, la communauté des Nations Unies d’autre part, tout en encourageant la recherche d’une paix juste et durable. Chaque membre du groupe est accrédité auprès des Nations Unies et a un lien avec la région.

Le plaidoyer, dans la communauté des Nations Unies, veut dire engager, consulter, conseiller et servir de sources d’informations à l’usage des Missions des Nations Unies, ainsi qu’auprès d’autres organisations locales, régionales et internationales travaillant en faveur d’une paix juste et durable.

Nous croyons que tout arrangement doit, pour être équitable, être en accord avec toutes les lois et transactions internationales et  humanitaires ainsi qu’avec les droits de l’homme. Le groupe de travail soutient le rôle central des Nations Unies et les résolutions 242, 338, et 446 du Conseil de Sécurité.

  • Comme moyen de travailler à une résolution du conflit, nous avons cultivé une relation avec la Division des Nations Unies pour les droits Palestiniens. Cette année, le Groupe de Travail a pu faire une contribution dans la structure et l’agenda de deux importantes conférences internationales sur ce problème. Nous avons réussi à faire venir des interlocuteurs d’Israël et de Palestine et notre groupe de travail s’est engagé à appuyer certaines des recommandations venues de ces conférences.
  • Nous maintenons aussi le contact avec des groupes de paix “sur le terrain” en Israël et en Palestine; et d’autres — comme les Filles de la Charité de la région — et plusieurs membres visitent la région fréquemment.

Comme je suis sûr que vous savez, sur cette question, les  possibilités des Nations Unies sont très limitées — à cause de la politique des Etats-Unis. L’Union Européenne a un vrai rôle à jouer si elle le veut bien. En attendant, le personnel des Missions des Nations Unies apprécient souvent les réunions d’informations que nous organisons. C’est toujours étonnant de constater que, en raison de l’autocensure des media, les gens savent si peu de choses sur la situation actuelle en Palestine. La Palestine représente souvent une simple note de bas de page à tout ce qui se passe en Israël. Une immense quantité de misère humaine est réduite à quelques bref extraits des interviews enregistrées et quelques pixels.

Enfants et HIV/SIDA

Le Groupe ONG de Travail vient d’achever une enquête faisant partie d’un projet destiné à conscientiser les gens sur les problèmes auxquels sont affrontés les enfants vivant avec le HIV/SIDA, et touchés par lui. Cette enquête a relevé trois priorités sur lesquelles le Groupe de Travail va concentrer ses projets de plaidoyer en faveur des enfants souffrant d’une infection et affectés par la maladie. (L’enquête était à la disposition de tous en Anglais, en Français et en Espagnol, et des réponses sont venues de toutes les régions du monde.)

Les personnes interrogées ont demandé au groupe de travail de bien vouloir faire porter ses efforts sur trois domaines: 1) la transmission de la maladie des parents aux enfants ; 2) un traitement humain, au niveau de la communauté, des enfants vivant avec le HIV/SIDA ; et 3) protection des enfants vulnérables (par exemple, les réfugiés).

Un des facteurs qui ont contribué, en première instance, à la formation de ce groupe de travail, c’est le fait que, une fois les  analyses terminées  et leur résultat discuté, les enfants et leurs besoins semble toujours n’aboutir à rien de concret. Notre groupe espère attirer l’attention et les ressources sur ces trois domaines prioritaires.

La Comité ONG pour le Développement Social

Actuellement, je suis le Trésorier de ce Comité et un membre du Comité Exécutif (et du Sous-comité pour l’éradication de la Pauvreté). L’agenda de ces Comités dépend de deux facteurs: 1) les mandats des organisations membres et 2) le thème de la Commission pour le Développement Social qui se réunit annuellement en février. Le thème de la Commission est fixé par les prévisions de l’Assemblée Générale qui fait obligation aux gouvernements de réviser les engagements sociaux établis précédemment — une révision triennale, une révision quinquennale, une révision décennale. Au cours des deux dernières années, notre Commission a eu la chance d’être en excellentes relations de travail avec les Présidents des Commissions: l’an dernier avec l’Ambassadeur de Suisse et cette année avec l’Ambassadeur Sud-Africain, S.E. Kumalo.

Egalement, grâce à nos bonnes relations avec la Division des Nations Unies pour la Politique Sociale et avec S.E. l’Ambassadeur Kumalo, nous avons obtenu l’assurance de pouvoir faire des contributions dans 1) le Rapport du Secrétaire Général, 2) le choix des speakers, et 3) et d’avoir la possibilité de faire des présentations orales devant la Commission. En plus, notre Comité des ONG organise un Forum Social ONG la veille même du jour où la Commission se réunit. Or le Forum discute des principaux problèmes que la  Commission aura à confronter. Il sert à orienter les ONG Internationales résidant hors des Etats-Unis et fournit aux ONG une occasion de prévoir leur stratégie.

Cette année, nos interventions seront centrées sur les thèmes suivants : 1) Les personnes et les droits humains sont au centre de tout développement ; 2) Le développement économique ne peut être séparé de la considération de la dignité humaine ; 3) Il est impératif de tenir compte de l’inclusion et de la participation des personnes affectées par les politiques et les projets, et cela depuis le tout début ; et 4) la volonté politique de travailler au développement social doit être soutenue au moyen d’un intérêt loyal des partenaires, ce qui oblige une activité permanente et une adaptation créatrice.

Nous avons l’intention de présenter à la Commission des interventions écrites sur 1) les problèmes de Santé dans les Pays Pauvres, 2) les stratégies de réduction de la Pauvreté, 3) les Enfants et le HIV/SIDA, 4) l’Education, 5) l’Emploi, 6) les Problèmes d’Adaptation Structurelle, et 7) les besoins spéciaux de l’Afrique. Ces interventions représentent la tâche des Groupes de Travail qui composent le Comité ONG pour le Développement Social.

La plus grande partie de la tâche réalisée par la communauté des ONG est accomplie par l’intermédiaire de ce Comité. Les Etats-Unis sont relativement tolérants quand il s’agit des droits individuels et politiques, mais ils sont facilement intolérants en matière de droits sociaux et communaux. Etant donné leur pouvoir à l’ONU, les Etats-Unis peuvent rendre la vie difficile; fréquemment ils ne se comportent pas en alliés, spécialement dans ce domaine.

Avant de passer à la conclusion, j’aimerais souligner brièvement les points suivants:

  • L’Université DePaul a d’excellentes relations avec l’ONU spécialement par l’intermédiaire de son Département de Technologie Informatique. De Paul a créé plusieurs sites Internet sûrs pour diverses Missions aux Nations Unies. Au mois de septembre, les étudiants de troisième cycle de De Paul ont travaillé comme reporters dans une conférence importante. A cette époque, j’ai eu une session d’information avec certains membres de la Faculté de DePaul et avec les étudiants de troisième cycle. Je considère cette façon de faire comme une relation potentiellement fructueuse.
  • J’ai préparé une présentation centrée sur le livre d’Ervin Laszlo, Vous pouvez changer le monde. Plusieurs représentants des ONG ont présenté une version modifiée de cette présentation à leurs propres Communautés. En novembre, au cours de mon séjour en Irlande, j’ai pu, moi-même, l’utiliser à l’Université de Galway.
  • J’ai également préparé une présentation PowerPoint sur « La Réponse des Religieux au problème de la Pénurie en Eau. » Certains collègues ont, eux aussi, utilisé ce matériel avec leurs propres groupes.
  • Récemment, j’ai été très impressionné par le travail réalisé par l’Organisation Internationale du Travail (ILO), particulièrement sa Campagne en faveur du Travail Décent. De tous les groupes avec lesquels je travaille, c’est ILO qui semble le plus préoccupé de l’amélioration du sort des strates les plus pauvres de la société. Récemment ILO a lancé une étude dont le résultat a été publié par Dominique Peccoud (un catholique français) sous le titre de  Perspectives Philosophiques et Spirituelles sur le Travail Décent. A l’occasion, j’ai l’intention de souligner, dans une présentation, les points principaux de cette étude.

J’ai tenu à mentionner ces points dans ce rapport, parce que je crois qu’il est important de conscientiser les gens sur ces problèmes vitaux. Je serais ravi si on me fournissait des occasions de le faire dans notre Communauté.

Conclusion

Dans ce premier rapport, j’ai tenté de vous communiquer le but du travail d’un représentant des ONG et de vous donner le ‘goût’ de ce genre de travail. Le plaidoyer produit de meilleurs résultats lorsqu’il est fait dans des groupes de travail engagés et qui ont un rendement considéré comme crédible. Une ONG individuelle peut difficilement avoir le même impact qu’un comité vraiment efficient.

A notre époque particulièrement, alors que la crédibilité de l’ONU a été injustement sapée, une société civile solide (des ONG), qui n’hésite pas à insister sur le maintien de la loi internationale et des traités internationaux est plus nécessaire que jamais.

En tant qu’association volontaire d’états nationaux, l’ONU est incapable de dire ou de faire publiquement — à travers son Secrétaire Général ou ses autres agences — des choses qui offenseraient la sensibilité de ses membres. C’est la raison pour laquelle l’ONU encourage les ONG à se comporter en partenaires forts et innovateurs d’une part, en critiques honnêtes d’autre part; et à oser publier les aspects positifs (et négatifs ?) de l’ONU. Il se pourrait fort bien que notre niveau présent de proximité soit en relation avec la vulnérabilité des expériences actuelles de l’ONU.

Joseph P. FOLEY cm